CAN Maroc-2025 : premières batailles, premiers signaux forts dans les groupes E et F

CAN Maroc-2025 : premières batailles, premiers signaux forts dans les groupes E et F

Les supporters ivoiriens avant le match de football de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) du groupe F entre la Côte d'Ivoire et le Mozambique au stade de Marrakech, à Marrakech, le 24 décembre 2025. (Photo de Khaled DESOUKI / AFP)

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Les premières journées de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc-2025 ont livré bien plus que des résultats. À Agadir, Marrakech, Rabat et Casablanca, les favoris ont assuré l’essentiel, parfois dans la douleur, tandis que certaines équipes ont dévoilé leur caractère, leur résilience ou leurs limites. Cameroun, Côte d’Ivoire, Algérie et Burkina Faso ont tous remporté leur match inaugural, chacun selon une dramaturgie propre, dessinant déjà les lignes de force et les fragilités de cette CAN très disputée. Ils emboitent ainsi le pas au Maroc en ouverture de la compétition, à l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Tunisie, le Nigeria et la République démocratique du Congo qui ont chacun confirmé leur statut, dans des styles différents mais avec une même constante : l’efficacité

Le Cameroun, un succès dans le tumulte

À Agadir, le Cameroun est entré dans sa CAN avec une victoire courte mais lourde de sens face au Gabon. Les Lions indomptables, englués depuis des semaines dans un climat institutionnel délétère, ont trouvé sur le terrain un rare espace de clarté. Dès la 6e minute, Karl Etta Eyong a ouvert le score après une longue vérification vidéo, déclenchant dans les tribunes des chants à la gloire de Samuel Eto’o. Plus qu’un but, ce moment a symbolisé une forme de ralliement populaire autour d’une équipe fragilisée mais volontaire.

Sous la conduite de David Pagou, promu sélectionneur dans un contexte polémique, le Cameroun a proposé un jeu intense, agressif et risqué. Le pressing haut, la projection rapide vers l’avant et l’engagement physique ont étouffé un Gabon surpris par cette entame. Malgré un score étriqué, la domination camerounaise fut réelle, même si elle s’est accompagnée d’erreurs individuelles qui auraient pu coûter cher.

Le réveil gabonais est intervenu après l’entrée de Pierre-Emerick Aubameyang et de Mario Lemina. Plus équilibrées, les Panthères ont tenté de revenir, mais se sont heurtées à une solidarité défensive camerounaise remarquable. En conférence de presse, David Pagou a salué la discipline mentale de son groupe et assumé un système flexible, appelé à évoluer face à des adversaires plus exigeants comme la Côte d’Ivoire.

Côté gabonais, l’entraîneur adjoint Cédric Moubamba a pointé une entame ratée et des erreurs défensives sur le but encaissé, tout en appelant à la mobilisation. Pour le Cameroun, ce succès inaugural, obtenu dans un contexte hostile, constitue un socle psychologique essentiel avant le choc à venir.

La Côte d’Ivoire démarre en gestion, mais reste sous surveillance

À Marrakech, la Côte d’Ivoire a lancé la défense de son titre par une victoire minimale mais précieuse face au Mozambique. Un succès 1-0 qui confirme la solidité du groupe d’Emerse Faé, tout en mettant en lumière un manque d’efficacité offensive préoccupant à ce stade de la compétition.

Privés de Sébastien Haller et de Nicolas Pépé, les Éléphants ont monopolisé le ballon et installé le jeu dans le camp adverse, sans parvenir à transformer leur domination en occasions nettes. La première période a été marquée par des tentatives timides et des choix imprécis dans le dernier geste, malgré des situations favorables.

La délivrance est venue dès le retour des vestiaires, grâce à Amad Diallo, opportuniste sur une remise de Franck Kessié. Ce but a libéré les Ivoiriens, sans pour autant leur permettre de se mettre définitivement à l’abri. Le Mozambique, discipliné et courageux, a même frôlé l’égalisation dans le temps additionnel, forçant Yahia Fofana à une intervention décisive.

En conférence de presse, Emerse Faé a rappelé que l’essentiel était acquis, tout en soulignant la nécessité de corriger certaines erreurs avant le duel face au Cameroun. Le sélectionneur mozambicain Chiquinho Conde, de son côté, a mis en avant le courage de ses joueurs et promis des ajustements pour la suite, notamment face au Gabon. Pour la Côte d’Ivoire, ce succès inaugure une CAN où la gestion et la lucidité pourraient primer sur l’éclat.

L’Algérie retrouve le sourire sous l’impulsion de Mahrez

À Rabat, l’Algérie a signé une entrée en matière convaincante en dominant le Soudan 3-0. Ce succès met fin à une série de six matches sans victoire en Coupe d’Afrique et marque un retour en confiance pour une sélection en quête de rachat après deux éliminations précoces consécutives.

Riyad Mahrez, capitaine et leader technique, a frappé très tôt, inscrivant le but le plus rapide du tournoi. Attendu et parfois critiqué, l’ailier d’Al-Ahli a répondu par l’efficacité, doublant la mise en seconde période avant de céder sa place sous les applaudissements. Entre ses deux réalisations, l’Algérie a connu un temps de relâchement, laissant le Soudan exister et offrant à Luca Zidane l’occasion de se distinguer pour sa première grande compétition internationale.

La rencontre a basculé définitivement après l’expulsion d’un joueur soudanais, facilitant la maîtrise algérienne. Ibrahim Maza a scellé le score en fin de match, confirmant la profondeur de banc des Fennecs. Vladimir Petkovic s’est félicité de la maîtrise collective, tout en avertissant que le prochain match face au Burkina Faso imposerait un tout autre rythme.

Pour Mahrez, élu homme du match, l’essentiel était ailleurs : bien commencer et poser les bases d’une ambition assumée. Le Soudan, malgré la défaite, a vu son sélectionneur Kwesi Appiah souligner la valeur pédagogique d’un tel match, appelant à capitaliser sur l’expérience acquise.

Le Burkina Faso, l’art de renverser le destin

À Casablanca, le Burkina Faso a livré l’un des scénarios les plus spectaculaires de ce début de CAN en renversant la Guinée Équatoriale dans le temps additionnel. Menés contre le cours du jeu, les Étalons ont puisé dans leurs ressources mentales pour s’imposer 2-1 au terme d’un match haletant.

Dominateurs dès les premières minutes, les Burkinabè ont longtemps buté sur une défense bien regroupée et un manque de réalisme. L’expulsion de Basilio Ndong en début de seconde période semblait leur ouvrir la voie, mais c’est pourtant la Guinée Équatoriale qui a frappé la première, sur corner, à la 85e minute.

Loin de s’effondrer, le Burkina Faso a alors incarné l’esprit de combativité vanté par son sélectionneur Brama Traoré. L’entrée de Georgi Minoungou a changé le cours du match : égalisation à la 90+5e minute, puis but victorieux d’Edmond Tapsoba trois minutes plus tard. Un renversement spectaculaire qui a fait basculer le stade Mohammed V.

En conférence de presse, Brama Traoré a salué la résilience de ses joueurs et l’efficacité des choix tactiques opérés. Côté équato-guinéen, Juan Micha Obiang Bicogo a reconnu un manque de concentration fatal dans les dernières minutes, tout en estimant que la prestation globale restait encourageante.

Des groupes déjà sous haute tension

Au terme de ces premières rencontres, les groupes E et F se dessinent comme parmi les plus disputés de la CAN. Cameroun et Côte d’Ivoire se préparent à un affrontement déterminant, tandis que l’Algérie et le Burkina Faso s’avancent vers un duel au sommet avec des certitudes nouvelles mais encore fragiles.

Au-delà des résultats, ces matches inauguraux ont révélé l’importance du mental, de la gestion des temps faibles et de la profondeur de banc. Dans une CAN marquée par l’intensité et l’équilibre, chaque détail compte déjà, et chaque victoire, même minimale, peut peser lourd dans la course à la qualification.

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