CAN Maroc-2025 : premiers chocs, premières hiérarchies

CAN Maroc-2025 : premiers chocs, premières hiérarchies

L'entraîneur principal de l'Afrique du Sud, Hugo Broos (à droite), donne des instructions au défenseur sud-africain n° 20, Khuliso Mudau (à gauche), lors du match de football de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) du groupe B entre l'Afrique du Sud et l'Angola au stade de Marrakech, au Maroc, le 22 décembre 2025. (Photo de Khaled DESOUKI / AFP)

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La Coupe d’Afrique des Nations Maroc-2025 a entamé sa phase de groupes sur un rythme soutenu, révélant d’emblée les ambitions, les fragilités et les équilibres d’une édition annoncée comme l’une des plus disputées de l’histoire récente. Entre la victoire maîtrisée de l’Afrique du Sud face à l’Angola dans le groupe B, le nul frustrant entre le Mali et la Zambie dans le groupe A, et les déclarations de prudence du sélectionneur sud-africain Hugo Broos, les premiers enseignements dessinent une compétition où chaque point pèsera lourd.

Afrique du Sud–Angola : un duel serré qui confirme les Bafana Bafana

Au Grand Stade de Marrakech, l’entrée en lice de l’Afrique du Sud face à l’Angola a tenu toutes ses promesses. Dans un match disputé, rythmé et tactiquement engagé, les Bafana Bafana ont pris le dessus sur les Palancas Negras (2-1), confirmant leur statut de sérieux prétendants à la qualification dans un groupe B particulièrement relevé.

Dès l’entame, les Sud-Africains ont affiché leurs intentions en imposant un pressing haut et une circulation de balle rapide. Cette domination initiale s’est concrétisée à la 20e minute lorsque Oswin Appollis a ouvert le score d’une frappe précise du pied droit, à la conclusion d’un mouvement collectif initié par Lyle Foster. Ce but a permis à l’Afrique du Sud de dicter le tempo d’une rencontre disputée sur un rythme élevé, avec une maîtrise technique notable au milieu de terrain.

L’Angola, alignée dans un schéma en 3-5-2, n’a toutefois pas cédé. Solide défensivement et disciplinée dans ses replis, elle a progressivement trouvé des espaces sur les côtés. À la 35e minute, Manuel Luís da Silva Cafumana, dit “Show”, a remis les deux équipes à égalité, reprenant du pied droit un centre précis de Fredy à la suite d’un coup franc bien négocié.

Une domination sud-africaine confirmée au retour des vestiaires

Après la pause, le sélectionneur sud-africain a ajusté son dispositif, injectant davantage de vitesse dans les transitions. Entré à la mi-temps, Tshepang Moremi a rapidement fait la différence. À la 51e minute, il a conclu une contre-attaque éclair d’une frappe du pied gauche, parfaitement servi par Teboho Mokoena. Ce deuxième but a récompensé une équipe sud-africaine plus tranchante dans les moments clés.

La suite de la rencontre a vu l’Angola pousser pour revenir au score, multipliant les ballons arrêtés et les incursions dans la surface adverse. Un corner dangereux à la 89e minute et un dernier changement offensif dans le temps additionnel ont entretenu le suspense, mais la défense des Bafana Bafana est restée solide jusqu’au coup de sifflet final. Avec 57 pour cent de possession et une meilleure efficacité, l’Afrique du Sud a su préserver son avantage.

À l’issue du match, le gardien angolais Hugo Marques a reconnu la supériorité de l’adversaire, tout en soulignant l’état d’esprit combatif de son équipe. L’Angola devra désormais se montrer plus réaliste pour espérer rester en course dans ce groupe qualifié de “groupe de la mort”, qui comprend également l’Égypte et le Zimbabwe.

Le groupe B, un piège à chaque journée

Avec cette victoire, l’Afrique du Sud prend une option intéressante, mais rien n’est encore joué. L’Angola, dont les meilleures performances continentales restent les quarts de finale atteints en 2008, 2010 et lors de la dernière édition en Côte d’Ivoire, devra réagir rapidement face au Zimbabwe puis à l’Égypte. Deux rendez-vous décisifs pour éviter une élimination prématurée dans une poule où chaque équipe dispose d’arguments solides.

Du côté sud-africain, la satisfaction est mesurée. Le sélectionneur Hugo Broos a insisté sur la nécessité de confirmer ce succès dès le prochain match, rappelant que la CAN se gagne sur la constance et la gestion des temps faibles autant que sur les performances éclatantes.

Avant même l’entrée en lice de son équipe, Hugo Broos avait donné le ton. Pour le technicien belge, le Maroc apparaît comme le grand favori de cette CAN disputée à domicile. Il a mis en avant la solidité de l’effectif marocain, son expérience récente au plus haut niveau international et l’avantage psychologique de jouer devant son public.

Selon lui, cette édition devrait réserver moins de surprises que la précédente, marquée par des éliminations précoces de grandes nations africaines. Les cadors, a-t-il estimé, ont tiré les leçons de leurs échecs passés et abordent le tournoi avec une préparation plus rigoureuse. Pour autant, Broos se refuse à toute projection excessive concernant sa propre équipe, préférant une approche progressive, match après match.

Mali et la Zambie, match nul

À Casablanca, le choc du groupe A entre le Mali et la Zambie s’est soldé par un match nul (1-1) riche en enseignements. Dominants dans le jeu, les Aigles maliens ont longtemps cru tenir leur première victoire avant d’être rejoints dans les dernières secondes par des Chipolopolos accrocheurs.

Dès les premières minutes, le Mali a imposé un pressing intense et une projection rapide vers l’avant. Nene Dorgeles et Lassine Sinayoko ont multiplié les tentatives, mettant à contribution le gardien zambien Willard Mwanza. Malgré cette domination, l’efficacité a fait défaut, symbole d’un manque de réalisme qui a pesé lourd.

À la 42e minute, après intervention de la VAR, le Mali a obtenu un pénalty consécutif à une faute dans la surface. El Bilal Touré, chargé de l’exécuter, a vu sa tentative repoussée par Mwanza, maintenant la Zambie à flot.

Un scénario cruel dans le temps additionnel

Au retour des vestiaires, le Mali a poursuivi sur le même rythme. Ses efforts ont finalement été récompensés à la 61e minute lorsque Sinayoko a trouvé le chemin des filets sur corner, profitant d’une erreur défensive zambienne. Menée, la Zambie a alors pris davantage de risques, s’appuyant sur la vitesse de ses attaquants et sur des transitions rapides.

Alors que le Mali semblait proche de sceller le sort de la rencontre, la Zambie a arraché l’égalisation dans le temps additionnel. À la 90e+2, Patson Daka a inscrit un but de la tête sur une passe précise de Mathews Banda, offrant un point précieux à son équipe.

Un groupe A déjà sous tension

En conférence de presse, le sélectionneur malien Tom Saintfiet n’a pas caché sa frustration, évoquant une domination stérile et un cruel manque d’efficacité. À l’inverse, son homologue zambien Moses Sichone a salué la résilience de ses joueurs, soulignant leur capacité à rester dans le match jusqu’au bout.

Au classement du groupe A, le Maroc occupe la tête avec trois points, tandis que le Mali et la Zambie suivent avec un point chacun. Les Comores ferment la marche. La prochaine journée, marquée notamment par un Maroc–Mali très attendu à Rabat, s’annonce déjà décisive pour la suite de la compétition.

Dès ces premières rencontres, la CAN Maroc-2025 confirme son exigence. Le moindre relâchement se paie cash, et chaque match dessine un peu plus la hiérarchie d’un tournoi où la marge d’erreur est infime. (Quid avec MAP)

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