Sport
CAN Maroc 2025 : une liste assumée, un pays en effervescence et un continent en fête
Walid Regragui face à son rendez-vous d’être ou ne pas être
Quid avec MAP
À l’approche d’une édition historique de la Coupe d’Afrique des Nations, le Maroc dévoile une liste de 28 joueurs minutieusement sélectionnés par Walid Regragui, qui revendique des choix strictement objectifs. Autour de cette annonce, le pays entier se met en mouvement, des provinces du Sud aux écrans espagnols, tandis que l’Afrique prépare l’un de ses rendez-vous sportifs les plus denses, nourri de destins inspirants et d’une touche d’expertise belge sur les bancs.
Regragui assume ses choix et fixe le cap
Le sélectionneur national, Walid Regragui, a adopté un ton clair et ferme au moment de dévoiler la liste des joueurs retenus pour la CAN Maroc 2025. Son message est direct : la sélection repose uniquement sur des critères objectifs. Cohésion du groupe, maîtrise du système de jeu, dynamique du vestiaire, exigences du haut niveau et forme du moment sont les piliers de son raisonnement.
Regragui a reconnu que la sélection est le fruit d’une réflexion conduite pendant plus d’un an et demi, tout en rappelant qu’il n’existe jamais de liste idéale. Un point central a retenu l’attention : le cas d’Hamza Igamane, blessé, intégré en tant que réserviste, aux côtés de Youssef Belammari. Le sélectionneur évoque un « risque calculé », espérant que l’évolution de sa blessure permettra un retour rapide. Quant à Belammari, il restera en club mais peut être rappelé à tout moment.
Le coach national a également justifié l’absence de la traditionnelle conférence de presse. Une décision qu’il qualifie de personnelle, privilégiant la concentration immédiate sur le rassemblement qui s’annonce. Regragui nourrit une ambition affichée : porter le groupe vers un parcours victorieux, à domicile, jusqu’au titre continental.
Une liste de 28 joueurs sans surprise majeure
La liste dévoilée confirme la volonté de continuité du staff national. Sans révolution, elle s’appuie sur les joueurs ayant disputé les dernières rencontres officielles. Seule particularité, la présence d’Igamane comme réserviste, conséquence de sa blessure aux adducteurs contractée avec Lille.
En défense, le retour de Romain Saïss apporte l’expérience nécessaire à une charnière qui comptera également sur Nayef Aguered, remis sur pied. Achraf Hakimi poursuit sa course contre la montre pour être prêt au coup d’envoi, tandis que le jeune Anass Salah-Eddine confirme sa montée en puissance après ses performances en Ligue des Champions.
Au milieu, les cadres répondent présents : Sofyan Amrabat, Azzedine Ounahi, Ismael Saibari ou encore Bilal El Khannous. Sur le front de l’attaque, les attentes sont nombreuses. Huit attaquants ont été convoqués, dont Brahim Díaz, Youssef En-Nesyri, Ayoub El Kaabi, Soufiane Rahimi et Abdessamad Ezzalzouli.
La sélection évoluera dans le groupe A, avec les Comores, le Mali et la Zambie, un groupe dense mais à la portée d’une équipe marocaine expérimentée et ambitieuse.
Les visages d’une CAN qui raconte plus que du football
La CAN a toujours été un théâtre d’histoires humaines d’une intensité rare. L’édition Maroc 2025 ne déroge pas à la tradition. Des parcours individuels viennent enrichir la compétition, à l’image du retour extraordinaire de Sébastien Haller après son combat contre un cancer. Son retour au sommet et son rôle décisif dans le sacre ivoirien en 2023 ont fait de lui une figure emblématique de résilience.
Le tournoi porte aussi en mémoire la tragédie zambienne de 1993. La victoire de 2012, au Gabon même où la catastrophe s’était produite, reste l’un des moments les plus poignants de l’histoire du football africain. La CAN est, à chaque édition, un carrefour d’émotions, un miroir des espoirs et des douleurs du continent.
Dans les provinces du Sud, la ferveur monte déjà
À Laâyoune, Dakhla ou Guelmim, la CAN 2025 s’annonce comme un événement majeur. Les cafés se préparent, les rues se parent de drapeaux et les habitants s’organisent pour vivre collectivement les moments forts. Les infrastructures locales, modernisées, s’apprêtent à accueillir des affluences record.
Pour Mohamed Rouijel, président de la Ligue régionale Laâyoune-Sakia El Hamra, cette CAN est une source de fierté nationale et une occasion de valoriser les équipements sportifs régionaux. Les communautés subsahariennes établies dans les provinces du Sud partagent cette effervescence. Leur présence témoigne du rôle symbolique du Maroc comme terre de rencontre et d’union africaine.
La CAN apparaît comme un moment de communion, d’unité et de partage, réunissant toutes les générations, tous les horizons.
Assad, une mascotte pour rassembler un continent
La mascotte officielle de la CAN 2025, baptisée Assad, incarne un lion juvénile aux traits expressifs. Inspiré du lion de l’Atlas, symbole national et africain, il renvoie à la fierté, la créativité et l’énergie du continent.
Assad devient un ambassadeur du tournoi : présent dans les stades, les fan zones, les programmes éducatifs, les actions communautaires, il véhicule l’enthousiasme et l’esprit d’un événement qui se veut festif, moderne et accessible. Son rôle dépasse la simple promotion : il ancre l’identité visuelle et émotionnelle du tournoi.
L’Espagne diffusera l’intégralité de la CAN Maroc 2025
La plateforme espagnole Movistar Plus+ a annoncé la retransmission intégrale des matchs, soulignant l’intérêt croissant pour le football africain en Europe. La présence importante de joueurs évoluant en Liga renforce cet engouement.
Brahim Díaz, Ez Abde, Ounahi ou encore Amrabat seront sous les projecteurs espagnols, tout comme d’autres grandes figures africaines du championnat ibérique. Pour Movistar Plus+, cette CAN est une opportunité de mesurer le niveau continental avant le Mondial 2026.
Une touche belge sur les bancs africains
La CAN aura également une saveur belge. Trois entraîneurs issus du plat pays mèneront des sélections africaines : Hugo Broos avec l’Afrique du Sud, Paul Put avec l’Ouganda et Tom Saintfiet avec le Mali.
Leur présence illustre l’expertise belge dans la gestion des équipes nationales africaines. Discipline, structure, adaptation sont leurs maîtres-mots. Dans un contexte compétitif, leurs approches pourraient influencer le destin de plusieurs équipes, notamment celui du Mali, souvent attendu mais encore en quête d’un premier titre continental.