Il était une fois les Mondial(s) : Le Maroc marque, la Seleção empoche le trophée Jules Rimet, les Pays-Bas fascine le monde

Il était une fois les Mondial(s) :  Le Maroc marque, la Seleção empoche le trophée Jules Rimet, les Pays-Bas fascine le monde

En 1970 les Lions de l’Atlas participent pour la première fois à une phase finale de Coupe du monde et deviennent alors l’un des symboles de l’émergence du football africain sur la scène internationale

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Quid avec MAP

Les Coupes du monde 1970 au Mexique et 1974 en Allemagne de l’Ouest ont marqué une étape majeure dans l’histoire du football mondial. La première a vu le Maroc participer pour la première fois à une phase finale et le Brésil remporter un troisième titre historique. La seconde a consacré l’Allemagne de l’Ouest face aux Pays-Bas de Johan Cruyff, dont le “football total” a profondément transformé le jeu. Ces éditions ont également rappelé que les matchs à élimination directe pouvaient parfois tourner à des démonstrations spectaculaires et à des écarts historiques.

Le Maroc découvre la scène mondiale au Mexique

La capitaine de l’équipe marocaine Bamouss et le capitaine de l'équipe d'Allemagne de l'Ouest lors de la Coupe du monde au Mexique en 1970 était Uwe Seeler

La Coupe du monde 1970 organisée au Mexique demeure l’une des éditions les plus emblématiques de l’histoire du football. Le tournoi marque à la fois l’affirmation d’un football spectaculaire et l’ouverture progressive de la compétition à de nouvelles nations venues d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du Nord.

Pour le Maroc, cette édition représente un tournant historique. Les Lions de l’Atlas participent pour la première fois à une phase finale de Coupe du monde et deviennent alors l’un des symboles de l’émergence du football africain sur la scène internationale.

Placée dans un groupe particulièrement difficile avec l’Allemagne de l’Ouest, le Pérou et la Bulgarie, la sélection marocaine découvre le très haut niveau mondial dans un contexte où les équipes africaines restent encore marginales dans les grandes compétitions internationales.

Dès son premier match face à l’Allemagne de l’Ouest, le Maroc entre pourtant dans l’histoire. Les Lions de l’Atlas deviennent la première sélection africaine à mener au score dans une Coupe du monde grâce à un but inscrit contre les Allemands. Malgré la défaite finale (2-1), la prestation marocaine impressionne par sa discipline et son engagement.

Quelques jours plus tard, le Maroc décroche un match nul contre la Bulgarie (1-1), obtenant ainsi le premier point de son histoire dans la compétition. Même sans qualification pour le second tour, cette campagne reste fondatrice. Elle ouvre la voie à la présence régulière du Maroc dans les compétitions mondiales et contribue à renforcer la visibilité du football africain à l’échelle internationale.

Le Brésil de Pelé entre dans la légende

Avec ce troisième titre mondial, le Brésil de Pelé conserve définitivement le trophée Jules Rimet et s’impose comme la grande référence du football international

Mais le Mondial mexicain reste avant tout celui du Brésil. Déjà sacré en 1958 et 1962, le pays sud-américain présente alors une génération considérée comme l’une des plus talentueuses de tous les temps.

Autour de Pelé, la Seleção aligne des joueurs devenus mythiques comme Jairzinho, Tostão ou encore Carlos Alberto Torres. L’équipe impressionne par la fluidité de son jeu, sa créativité offensive et sa maîtrise technique.

Le Brésil réalise un parcours parfait durant tout le tournoi, remportant chacun de ses matchs avec une grande maîtrise collective. Le football pratiqué par cette équipe devient rapidement une référence mondiale tant il combine spectacle, efficacité et intelligence tactique.

La finale disputée au stade Azteca face à l’Italie symbolise cette domination. Les Brésiliens s’imposent largement (4-1) après une rencontre contrôlée du début à la fin. Le quatrième but, inscrit par Carlos Alberto à l’issue d’une action collective devenue légendaire, reste encore aujourd’hui l’un des plus célèbres de l’histoire du football.

Avec ce troisième titre mondial, le Brésil conserve définitivement le trophée Jules Rimet et s’impose comme la grande référence du football international. Cette édition de 1970 reste ainsi associée à l’idée d’un football spectaculaire, universel et offensif.

Le “football total” des Pays-Bas fascine le monde

Guidés par Johan Cruyff, les Néerlandais bouleversent les codes traditionnels du football. Inspiré du jeu développé par l’Ajax Amsterdam, leur système repose sur une mobilité permanente des joueurs

Quatre ans plus tard, la Coupe du monde organisée en Allemagne de l’Ouest offre une autre révolution footballistique. Le tournoi de 1974 oppose deux visions du jeu : d’un côté le “football total” des Pays-Bas, de l’autre le réalisme et l’efficacité allemands.

Guidés par Johan Cruyff, les Néerlandais bouleversent les codes traditionnels du football. Inspiré du jeu développé par l’Ajax Amsterdam, leur système repose sur une mobilité permanente des joueurs, capables d’occuper plusieurs postes au cours d’une même action.

Ce style spectaculaire transforme la perception du football moderne. Les Pays-Bas dominent leurs adversaires avec une grande aisance et séduisent le public par leur créativité, leur circulation de balle et leur intelligence collective.

La sélection néerlandaise impressionne particulièrement face à l’Argentine puis contre le Brésil, champion du monde en titre. Cruyff devient la figure centrale de cette équipe qui semble promise au titre mondial.

Mais l’Allemagne de l’Ouest possède elle aussi des arguments solides. Emmenée par Franz Beckenbauer et Gerd Müller, la RFA combine discipline tactique, puissance mentale et efficacité offensive.

La finale disputée à Munich reste l’un des matchs les plus célèbres de l’histoire des Coupes du monde. Dès les premières secondes, Johan Cruyff obtient un penalty avant même qu’un joueur allemand ne touche le ballon. Transformé par Johan Neeskens, ce but semble lancer idéalement les Pays-Bas.

Mais les Allemands réagissent rapidement. Paul Breitner égalise sur penalty avant que Gerd Müller ne donne l’avantage à la RFA juste avant la pause. En seconde période, malgré la domination néerlandaise, l’organisation défensive allemande résiste jusqu’au bout.

L’Allemagne de l’Ouest s’impose finalement 2-1 et décroche son deuxième titre mondial. Cette finale illustre l’une des réalités du football : la qualité du jeu ne garantit pas toujours la victoire.

Les Pays-Bas quittent pourtant la compétition avec un immense héritage. Leur “football total” influence durablement les générations suivantes et transforme l’approche tactique du football moderne.

Quand les matchs couperets tournent à la démonstration

Si les Coupes du monde sont souvent associées au suspense et aux scénarios serrés, certaines rencontres à élimination directe ont également basculé dans des corrections historiques.

Parmi les résultats les plus marquants figure le succès de la Suède contre Cuba (8-0) lors du Mondial 1938. Cette rencontre reste l’une des plus larges victoires de l’histoire des phases finales à élimination directe.

L’Italie avait également marqué les esprits en 1934 avec une victoire 7-1 contre les États-Unis. D’autres démonstrations offensives jalonnent les premières décennies de la compétition, comme le 6-0 infligé par la Hongrie aux Indes orientales néerlandaises en 1938.

La Coupe du monde 1930 avait déjà offert plusieurs scores spectaculaires avec les succès de l’Argentine et de l’Uruguay contre les États-Unis et la Yougoslavie sur le même score de

6-1.

L’Allemagne de l’Ouest figure aussi régulièrement dans ces grandes démonstrations, notamment avec sa victoire 6-1 contre l’Autriche en 1954 puis son large succès 4-0 contre l’Uruguay en 1966.

Plus récemment, certaines affiches ont rappelé que de tels écarts restaient possibles dans le football moderne. La demi-finale de 2014 entre le Brésil et l’Allemagne demeure l’exemple le plus spectaculaire. Devant leur public, les Brésiliens s’effondrent face aux Allemands (1-7) dans un match devenu un traumatisme national.

Le Portugal a lui aussi marqué les esprits lors du Mondial 2022 en dominant la Suisse 6-1 dans une rencontre maîtrisée de bout en bout.

D’autres larges victoires complètent cette histoire des matchs couperets : la victoire du Danemark contre l’Espagne (5-1) en 1986, celle de la France contre l’Irlande du Nord (4-0) en 1958, le succès du Brésil face à la Pologne (4-0) en 1986, celui de la Suède contre la Bulgarie (4-0) en 1994 ou encore la démonstration de l’Allemagne contre l’Argentine (4-0) en 2010.

Ces résultats rappellent que même dans les rencontres où chaque erreur peut être fatale, certaines équipes ont su imposer une supériorité écrasante et transformer des matchs à élimination directe en démonstrations historiques.