Maroc–Tanzanie : les Lions de l’Atlas, ambitieux et prudent, à l’épreuve de la vérité en huitièmes – Par Hassan Zakariaa

Maroc–Tanzanie : les Lions de l’Atlas, ambitieux et prudent, à l’épreuve de la vérité en huitièmes – Par Hassan Zakariaa

Le défenseur marocain n° 2 Achraf Hakimi (à gauche) dispute le ballon à l'attaquant zambien n° 9 Lameck Banda, le 29 décembre 2025 Le Maroc et la Tanzanie se connaissent bien. Les deux sélections se sont affrontées à plusieurs reprises ces dernières années, notamment lors des éliminatoires du Mondial 2026 et du Championnat d’Afrique des nations. À chaque fois, les Lions de l’Atlas se sont imposés sans encaisser de but. Mais Walid Regragui refuse de s’enfermer dans cette lecture historique. (Phot

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Par Hassan Zakariaa avec MAP

Après une phase de groupes maîtrisée, la sélection marocaine aborde les huitièmes de finale de la CAN-2025 avec ambition, prudence et un statut de favori assumé. Face à une Tanzanie accrocheuse et sans complexe, les Lions de l’Atlas savent que la phase à élimination directe ne pardonne rien. Entre confiance collective, discours d’humilité et bataille tactique annoncée, le rendez-vous de dimanche à Rabat marque l’entrée du Maroc dans une CAN de vérité.

Un Maroc leader de son groupe

En terminant en tête du groupe A avec sept points, le Maroc a envoyé un signal clair. Deux victoires convaincantes contre les Comores et la Zambie, ponctuées par un succès net 3-0 lors du dernier match, et un trébuchement face au Mali qui s’est terminé par un nul, ont permis aux hommes de Walid Regragui de monter progressivement en puissance. Cette dynamique positive nourrit l’espoir d’un parcours long dans la compétition, mais impose aussi une vigilance accrue à l’approche des matches couperets.

La Tanzanie, de son côté, s’est qualifiée en tant que meilleur troisième du groupe C avec deux points. Des matches nuls face à la Tunisie et à l’Ouganda, combinés à une courte défaite contre le Nigeria, ont révélé une équipe disciplinée, capable de résister à des adversaires réputés. Un profil qui incite le staff marocain à la prudence, malgré un rapport de forces favorable sur le papier.

Un adversaire à ne pas sous-estimer

Le Maroc et la Tanzanie se connaissent bien. Les deux sélections se sont affrontées à plusieurs reprises ces dernières années, notamment lors des éliminatoires du Mondial 2026 et du Championnat d’Afrique des nations. À chaque fois, les Lions de l’Atlas se sont imposés sans encaisser de but. Mais Walid Regragui refuse de s’enfermer dans cette lecture historique.

En conférence de presse, le sélectionneur national a insisté sur le respect dû à l’adversaire. Pour lui, la Tanzanie progresse au fil des matches et dispose d’un championnat local structuré, avec des joueurs habitués aux joutes africaines. Le message est clair : le Maroc devra jouer avec sérieux et intensité pour éviter toute mauvaise surprise.

La CAN de l’humilité selon Regragui

“C’est la CAN de l’humilité”, martèle Walid Regragui. Conscient que le statut de favori peut devenir un piège, le technicien marocain appelle ses joueurs à garder les pieds sur terre. Pressing constant, maîtrise du ballon et danger offensif réparti sur plusieurs joueurs constituent, selon lui, les véritables forces de l’équipe nationale.

Regragui tient également à rappeler que le jeu marocain ne repose pas sur un seul homme. Si Brahim Diaz s’est montré décisif et de plus en plus à l’aise dans le contexte africain, le danger peut venir de partout. Le collectif prime, et c’est cette variété offensive qui doit permettre au Maroc de faire sauter un bloc tanzanien annoncé bas et compact.

Le retour progressif des cadres

Le match face à la Tanzanie pourrait également marquer un tournant dans la gestion de l’effectif. Achraf Hakimi, capitaine et latéral droit incontournable, est désormais apte à jouer après une montée en puissance progressive. Son retour offre une option supplémentaire dans l’animation offensive et dans la maîtrise des couloirs.

Le sélectionneur a aussi évoqué l’évolution positive de l’état de santé de Hamza Igamane, saluant le travail du staff médical. Dans un tournoi aussi exigeant, la gestion physique et mentale des joueurs reste un facteur clé pour durer.

Saïss, l’expérience et la mémoire du passé

Ghanem Saïss incarne cette vigilance collective. Absent des terrains depuis sa blessure face aux Comores, le défenseur central a insisté sur la nécessité d’éviter les erreurs du passé. Pour lui, la qualification pour les huitièmes marque la fin d’une première étape. Une nouvelle compétition commence, où chaque détail compte.

Saïss met en garde contre l’excès de confiance et appelle à avancer match par match, sans projection excessive. Son discours, teinté d’expérience, rappelle que le favori n’est jamais à l’abri dans une CAN souvent imprévisible. Même diminué physiquement, le capitaine se dit prêt à aider le groupe, convaincu que la performance collective prime sur les situations individuelles.

Une Tanzanie ambitieuse et disciplinée

En face, la Tanzanie n’avance pas en victime résignée. Son sélectionneur Miguel Gamondi s’attend à une grande bataille tactique. L’objectif est assumé : bien défendre, rester compact et exploiter la moindre opportunité en transition rapide. Gamondi reconnaît la capacité du Maroc à récupérer rapidement le ballon, mais estime que son équipe peut poser des problèmes si elle se montre efficace.

Le discours du technicien tanzanien est empreint de confiance. Jouer face au pays hôte, dans un grand stade et devant un public nombreux, est présenté comme un privilège plutôt qu’un handicap. La qualification pour les huitièmes a renforcé la cohésion et l’assurance du groupe.

Le capitaine des Taifa Stars, Mbwana Samatta, partage cet état d’esprit. Pour lui, la Tanzanie est un pays de football, habitué aux ambiances chaudes. Affronter le Maroc représente une opportunité de mesurer les progrès accomplis et de se confronter aux meilleurs du continent.

Une bataille tactique au cœur du jeu

Sur le plan tactique, le scénario semble se dessiner. Le Maroc cherchera à imposer son pressing haut, sa fluidité dans la relance et sa capacité à se projeter rapidement vers l’avant. La Tanzanie, elle, misera sur un bloc bas, une discipline collective et des transitions rapides pour surprendre.

La clé du match pourrait résider dans la capacité des Lions de l’Atlas à marquer tôt. Un but rapide obligerait la Tanzanie à se découvrir, ouvrant des espaces exploitables. À l’inverse, un match fermé et longtemps indécis pourrait faire monter la pression et offrir aux Taifa Stars l’occasion de croire à l’exploit.

L’entrée dans une CAN de vérité

Au-delà de ce duel, ce huitième de finale symbolise l’entrée du Maroc dans une CAN sans filet. Devant son public, au stade Prince Moulay Abdellah, la sélection nationale sait qu’elle est attendue. Favoris sur le papier, les Lions de l’Atlas doivent désormais traduire cette supériorité en maîtrise, en efficacité et en lucidité.

Entre ambition assumée, discours d’humilité et respect de l’adversaire, le Maroc avance avec une ligne claire. Face à une Tanzanie joueuse et disciplinée, ce rendez-vous dira beaucoup sur la capacité des Lions de l’Atlas à aller loin et à assumer pleinement leur statut dans cette CAN-2025.

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