Mondial 2026 : ambitions africaines, espoir iranien et rêve caribéen, les outsiders veulent changer d’histoire

Mondial 2026 : ambitions africaines, espoir iranien et rêve caribéen, les outsiders veulent changer d’histoire

Le Curaçao, une île des Caraïbes est réputée pour ses criques et ses immenses récifs coralliens, où pullule la vie marine, une population d’un peu plus de 160 mille habitant pour une superficie de 444 km, devient le petit pays de l’histoire de la coupe du monde à sa qualifier pour les phases finales.

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À l’approche de la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, plusieurs sélections abordent la compétition avec l’ambition de franchir un nouveau palier. L’Iran, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, Curaçao et l’Équateur partagent un même objectif : transformer leurs progrès récents en performances durables sur la scène mondiale et tenter de dépasser les limites qui ont marqué leur histoire.

Quid avec MAP

L’Iran et la quête d’un premier exploit mondial

Un immense panneau d'affichage soutenant l'équipe nationale iranienne de football en vue de la Coupe du monde 2026, installé sur un immeuble de la place Enghelab à Téhéran, le 18 mai 2026. (Photo AFP)

Habituée des phases finales de la Coupe du monde, la sélection iranienne aborde pourtant chaque édition avec une frustration persistante : celle de n’avoir jamais réussi à franchir le premier tour. Sept participations, aucune qualification pour les phases à élimination directe. En 2026, la Team Melli entend enfin rompre avec cette statistique.

Les éliminatoires asiatiques ont confirmé la solidité du projet mené par Amir Ghalenoei. Revenue sous sa direction en mars 2023, la sélection iranienne a affiché une remarquable régularité avec onze victoires, quatre matches nuls et une seule défaite en seize rencontres. Une campagne maîtrisée qui lui a permis d’obtenir sa qualification dès mars 2025.

La force de l’Iran repose avant tout sur sa discipline collective. L’équipe demeure fidèle à une approche pragmatique, privilégiant l’organisation défensive, la densité dans l’axe et les transitions rapides. Cette rigueur tactique en a fait l’une des formations les plus difficiles à manœuvrer du continent asiatique.

Dans ce dispositif, Mehdi Taremi reste la principale arme offensive. L’attaquant, fort d’une longue expérience européenne, demeure le leader technique et statistique de la sélection. Ses performances durant les qualifications ont une nouvelle fois démontré son importance dans le système iranien.

Autour de lui, le sélectionneur a privilégié l’expérience. Plusieurs cadres dépassent les cinquante sélections et constituent l’ossature d’un groupe habitué aux grands rendez-vous internationaux. Le gardien Alireza Beiranvand, Ehsan Hajsafi, Alireza Jahanbakhsh ou encore Saman Ghoddos incarnent cette continuité.

La principale surprise est venue de l’absence de Sardar Azmoun dans la liste élargie. Troisième meilleur buteur de l’histoire de la sélection, il paie un choix assumé par le sélectionneur, qui affirme avoir retenu uniquement des critères sportifs.

Versée dans un groupe G particulièrement relevé avec la Belgique, l’Égypte et la Nouvelle-Zélande, l’Iran débutera face aux All Whites avant deux confrontations qui pourraient déterminer son avenir. L’objectif est clair : transformer enfin sa solidité chronique en qualification historique.

La Côte d’Ivoire face au défi de la confirmation

L'attaquant ivoirien n° 11, Bénie Traoré (à droite), porte le ballon lors du match amical international de football opposant l'Écosse à la Côte d'Ivoire au stade Hill Dickinson de Liverpool, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 31 mars 2026.

(Photo AFP)

Championne d’Afrique en 2024, la Côte d’Ivoire retrouve la Coupe du monde après douze années d’absence. Les Éléphants arrivent en Amérique du Nord avec une confiance retrouvée et l’ambition de donner une dimension mondiale à leur renaissance continentale.

Depuis le début des années 2000, la sélection ivoirienne a régulièrement figuré parmi les équipes les plus talentueuses d’Afrique. La génération portée par Didier Drogba, Yaya Touré ou Kolo Touré avait réussi à qualifier le pays pour trois Coupes du monde consécutives entre 2006 et 2014. Pourtant, malgré des effectifs impressionnants, les Ivoiriens n’ont jamais dépassé la phase de groupes.

Le titre continental obtenu à domicile en 2024 a profondément modifié l’environnement psychologique de l’équipe. Cette victoire a renforcé la confiance du groupe et ravivé l’enthousiasme populaire.

Le sélectionneur Emerse Faé a choisi de s’appuyer sur cette dynamique. Sa liste témoigne d’un équilibre entre continuité et renouvellement. Les cadres Franck Kessié, Seko Fofana, Simon Adingra ou Nicolas Pépé constituent toujours le socle de l’équipe, tandis que l’arrivée de nouveaux profils offensifs comme Elye Wahi et Ange-Yoan Bonny ouvre une nouvelle phase de développement.

Cette transition offensive n’est cependant pas sans interrogations. Les absences de Sébastien Haller et de Wilfried Zaha symbolisent la fin progressive d’un cycle. Les nouveaux venus apportent davantage de vitesse et d’imprévisibilité, mais disposent encore d’une expérience limitée au plus haut niveau international.

Les chiffres des éliminatoires témoignent néanmoins de la solidité ivoirienne : huit victoires, deux nuls, vingt-cinq buts marqués et aucun encaissé. Une performance qui reflète l’équilibre atteint par le groupe.

Le groupe E servira de véritable révélateur. Face à l’Allemagne, à l’Équateur et à Curaçao, les Éléphants devront démontrer qu’ils sont désormais capables de rivaliser avec les meilleures nations au-delà du continent africain. La compétition représente moins un objectif de participation qu’un test de maturité sportive.

La Tunisie entre renouvellement générationnel et nouvelles ambitions

L'attaquant tunisien n° 19, Hazem Mastouri,face au milieu de terrain malawien n° 12, Alick Lungu, lors du match de football opposant la Tunisie au Malawi dans le cadre du groupe H des éliminatoires de la Coupe du monde de la FIFA 2026 pour la zone Afrique, au stade Hammadi Agrebi de Tunis, le 24 mars 2025. (Photo AFP)

La Tunisie dispute en 2026 sa septième Coupe du monde avec un objectif inédit : atteindre enfin les huitièmes de finale.

Les Aigles de Carthage abordent cette campagne sous la direction de Sabri Lamouchi, nommé en janvier après la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Son arrivée marque une rupture avec plusieurs décennies de football tunisien traditionnellement fondé sur la prudence tactique et la solidité défensive.

Le nouveau sélectionneur a entrepris un vaste chantier de renouvellement. Sa liste accorde une place importante aux jeunes joueurs évoluant dans les championnats européens. Plusieurs figures historiques ont disparu du groupe, tandis que seuls six joueurs présents au Qatar en 2022 ont été retenus pour cette nouvelle aventure.

Cette orientation a suscité de nombreux débats en Tunisie. Lamouchi assume toutefois pleinement ses choix. Son objectif consiste à bâtir une équipe fondée sur la forme du moment plutôt que sur le statut ou la réputation.

Au-delà du simple rajeunissement de l’effectif, le technicien franco-tunisien cherche à redéfinir l’identité même de la sélection. Les observateurs estiment que son projet vise à transformer les Aigles de Carthage en une équipe capable de prendre l’initiative, de contrôler le ballon et d’imposer son rythme.

Le défi est considérable. La Tunisie n’a jamais franchi la phase de groupes malgré plusieurs performances marquantes dans son histoire. Son premier Mondial en 1978 demeure une référence avec une victoire contre le Mexique et un match nul contre l’Allemagne de l’Ouest.

Plus récemment, lors de l’édition 2022, les Tunisiens avaient battu la France lors de leur dernier match de groupe sans parvenir à se qualifier pour les huitièmes de finale.

Le groupe qui l’attend en 2026 est particulièrement exigeant avec les Pays-Bas, le Japon et la Suède. Mais cette difficulté correspond aussi à l’ambition affichée par Lamouchi, qui souhaite réaliser le meilleur parcours de l’histoire de la sélection tunisienne.

Curaçao et l’Équateur, deux trajectoires différentes pour une même ambition

La boutique officielle des supporters de l'équipe nationale de football de Curaçao, à Willemstad, à Curaçao, dans les Caraïbes néerlandaises, le 8 avril 2026. (Photo AFP)

Parmi les histoires les plus marquantes du Mondial 2026 figure celle de Curaçao. Avec seulement 160.000 habitants, ce territoire caribéen devient la plus petite entité de l’histoire à se qualifier pour une phase finale de Coupe du monde.

Sur l’île, la qualification a provoqué un véritable élan populaire. Longtemps spectateurs des exploits des grandes nations du football mondial, les habitants peuvent désormais soutenir leur propre équipe sur la plus grande scène de la planète.

Cette réussite repose largement sur la diaspora néerlando-caribéenne. La majorité des joueurs ont été formés aux Pays-Bas et évoluent dans des championnats européens. Ce modèle a permis à Curaçao de construire progressivement une sélection compétitive.

Les chiffres de la campagne qualificative témoignent de cette progression : sept victoires et trois matches nuls en dix rencontres. Une invincibilité qui a permis aux insulaires de décrocher leur billet historique.

Consciente de l’ampleur du défi qui l’attend, la sélection s’appuiera sur plusieurs cadres comme Leandro Bacuna, Armando Obispo ou Tahith Chong pour tenter de créer la surprise dans un groupe particulièrement difficile.

À l’opposé de cette aventure émergente, l’Équateur arrive au Mondial avec un statut beaucoup plus affirmé. La Tri n’est plus considérée comme une équipe capable d’exploits ponctuels, mais comme une sélection solide et structurée.

Sous la direction de Sebastian Beccacece, les Équatoriens ont gagné en maturité tactique et en stabilité collective. Leur victoire contre l’Argentine championne du monde lors des éliminatoires a marqué les esprits bien au-delà du résultat.

Les analystes sud-américains soulignent régulièrement l’intensité physique, l’organisation défensive et l’agressivité maîtrisée qui caractérisent cette équipe. L’Équateur est désormais perçu comme l’un des adversaires les plus difficiles à affronter du continent.

Pour sa cinquième participation à une Coupe du monde, la sélection équatorienne nourrit des ambitions nouvelles. Après avoir atteint les huitièmes de finale en 2006, elle vise désormais un cap supérieur et espère s’installer durablement parmi les outsiders crédibles du football mondial.

Le groupe E offrira un premier test grandeur nature avec des confrontations face à la Côte d’Ivoire, à l’Allemagne et à Curaçao. Un groupe où chaque rencontre pourrait redessiner la hiérarchie annoncée.

À quelques jours du coup d’envoi, ces cinq sélections partagent une même conviction : le Mondial 2026 peut constituer un tournant. Pour l’Iran, il s’agit de briser un plafond historique. Pour la Côte d’Ivoire et la Tunisie, de convertir leur potentiel en résultats. Pour Curaçao, d’écrire une page inédite. Pour l’Équateur enfin, de confirmer son émergence parmi les nations qui comptent. Autant d’ambitions qui promettent de faire des phases de groupes l’un des principaux foyers d’intérêt de cette Coupe du monde élargie.