Mondial 2026 : les Lions de l’Atlas de Mexico à Doha, une si longue histoire

Mondial 2026 : les Lions de l’Atlas de Mexico à Doha, une si longue histoire

En 1970 les Lions de l’Atlas participent pour la première fois à une phase finale de Coupe du monde et deviennent alors l’un des symboles de l’émergence du football africain sur la scène internationale

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Quid avec envoyés spéciaux de MAP

Arrivée aux États-Unis pour disputer la Coupe du monde 2026, la sélection marocaine aborde le rendez-vous nord-américain avec l’ambition de prolonger la dynamique née de son parcours historique au Qatar en 2022. Installés dans le New Jersey, les Lions de l’Atlas préparent leur entrée en lice dans un groupe relevé composé du Brésil, de l’Écosse et d’Haïti, avec l’espoir de confirmer leur place parmi les grandes nations du football mondial.

Le défenseur marocain Achraf Hakimi (au centre) après avoir marqué le dernier penalty, qui scelle la victoire du Maroc contre l’Espagne le 6 décembre 2022, les menant  en quart de finale, une étape sur la voie de l’exploit au Qatar.

Le Maroc retrouve la scène mondiale

Les Lions de l’Atlas ont officiellement posé leurs valises aux États-Unis, pays coorganisateur de la Coupe du monde 2026 avec le Canada et le Mexique. À leur arrivée à l’aéroport international Newark Liberty, dans le New Jersey, les joueurs marocains ont été accueillis par l’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, le consul général du Royaume à New York, Mohamed Aït Bihi, ainsi que par de nombreux membres de la communauté marocaine établis outre-Atlantique.

L’arrivée des Lions de l’Atlas camp de base à la Pingry School, située à Basking Ridge, dans l’État du New Jersey. (Capture d’écran de vidéo MAP)

Les supporters présents ont réservé un accueil chaleureux aux coéquipiers d’Achraf Hakimi, venus leur témoigner leur soutien à quelques jours du début de la compétition. Dans les halls de l’aéroport, drapeaux marocains et chants d’encouragement ont donné un premier aperçu de la mobilisation de la diaspora autour de la sélection nationale.

Pour les responsables marocains présents sur place, cette participation intervient dans un contexte particulier marqué par la célébration des 250 ans des relations entre le Maroc et les États-Unis. L’occasion de rappeler les liens historiques qui unissent les deux pays, mais aussi l’évolution spectaculaire du football marocain sur la scène internationale.

La présence du Maroc à ce Mondial s’inscrit dans une dynamique de progression continue. L’équipe nationale arrive en Amérique du Nord forte d’un effectif jeune, talentueux et expérimenté, nourri par les performances réalisées ces dernières années et par l’émergence de nouvelles générations formées dans les structures nationales.

Cette évolution est souvent associée au développement du football marocain au cours des deux dernières décennies, marqué notamment par l’essor de l’Académie Mohammed VI de football, devenue une référence dans la formation des jeunes talents.

Un camp de base stratégique au cœur du New Jersey

Pour entrer dans cette Coupe du monde dans les meilleures conditions, la sélection marocaine a choisi d’établir son camp de base à la Pingry School, située à Basking Ridge, dans l’État du New Jersey.

À une cinquantaine de kilomètres de New York, ce vaste campus verdoyant offre un environnement propice à la concentration et à la préparation physique. Le site figure parmi les installations retenues par la FIFA pour accueillir les sélections engagées dans le tournoi.

La Pingry School présente plusieurs atouts. Son emplacement permet d’accéder rapidement aux principaux réseaux de transport de la côte Est américaine et de rejoindre facilement plusieurs villes hôtes où se dérouleront les rencontres du premier tour.

Les infrastructures sportives répondent également aux standards du très haut niveau. Le complexe comprend notamment le Miller Bugliari World Cup Field, récemment modernisé, avec deux terrains en gazon naturel adaptés aux exigences des équipes internationales. Les joueurs disposent également d’équipements consacrés à la préparation physique, à la récupération et au suivi médical.

Le choix du site n’est pas anodin. La Pingry School possède déjà une expérience dans l’accueil des grandes compétitions internationales. Lors de la Coupe du monde 1994 organisée aux États-Unis, la sélection italienne y avait effectué une partie de sa préparation.

L’installation des Lions de l’Atlas dans ce lieu renforce également l’intérêt porté au Maroc par les autorités locales. Le New Jersey accueille une importante communauté marocaine et voit dans cette présence une occasion de promouvoir son image sur la scène internationale.

Durant plusieurs semaines, ce campus habituellement fréquenté par des étudiants se transformera ainsi en véritable quartier général du football marocain.

Une histoire mondiale construite pas à pas

Si le Maroc aborde aujourd’hui le Mondial avec des ambitions élevées, cette confiance est le résultat d’un long parcours jalonné de progrès, de frustrations et d’exploits.

L’histoire débute en 1970 au Mexique. Pour sa première participation à une phase finale de Coupe du monde, le Maroc découvre l’élite du football international. Battus par l’Allemagne, contre laquelle il a marqué son premier but, et le Pérou, les Lions décrochent néanmoins un match nul contre la Bulgarie et inscrivent leur premier point dans l’histoire du tournoi.

Seize ans plus tard, toujours au Mexique, le football marocain franchit un cap décisif. En 1986, les Lions de l’Atlas deviennent la première sélection africaine à atteindre les huitièmes de finale d’une Coupe du monde. Après deux matches nuls contre la Pologne et l’Angleterre, ils battent le Portugal avant de s’incliner avec les honneurs face à l’Allemagne.

Le retour au Mondial en 1994, aux États-Unis, est plus difficile. Malgré des prestations courageuses, le Maroc quitte la compétition après trois défaites.

Quatre ans plus tard, en France, les Lions réalisent l’un de leurs parcours les plus mémorables. Après un nul contre la Norvège et une défaite face au Brésil, ils dominent largement l’Écosse. Mais la victoire inattendue de la Norvège contre le Brésil les prive d’une qualification qui semblait à portée de main.

Il faudra ensuite attendre vingt ans avant de revoir le Maroc sur la scène mondiale. En Russie, en 2018, les Lions affichent un visage séduisant malgré une élimination précoce. Ils s’inclinent face à l’Iran puis au Portugal avant d’arracher un match nul spectaculaire contre l’Espagne.

Puis vint le Qatar

La Coupe du monde 2022 marque un tournant historique. Le Maroc termine premier de son groupe devant la Croatie, la Belgique et le Canada. Il élimine ensuite l’Espagne en huitième de finale puis le Portugal en quart de finale avant de céder face à la France en demi-finale.

Cette aventure exceptionnelle propulse les Lions de l’Atlas dans une nouvelle dimension. Pour la première fois, une nation africaine et arabe atteint le dernier carré du tournoi.

Depuis lors, les attentes ont changé. Le Maroc n’est plus considéré comme un simple outsider capable de créer la surprise. Il est désormais perçu comme un concurrent crédible capable de rivaliser avec les meilleures sélections du monde.

De Vidinić à Ouahbi, les bâtisseurs des Lions de l’Atlas

L’histoire du Maroc en Coupe du monde est également celle de ses sélectionneurs.

Le premier d’entre eux est le Yougoslave Blagoje Vidinić, artisan de la qualification historique de 1970. Il accompagne les premiers pas du football marocain sur la scène mondiale et pose les fondations d’une sélection appelée à grandir.

En 1986, José Faria entre dans l’histoire. Le technicien portugais conduit le Maroc vers son premier exploit mondial grâce à une organisation tactique rigoureuse et à une remarquable discipline collective.

En 1994, Abdellah Blinda prend la tête de l’équipe lors du Mondial américain. Même si les résultats ne suivent pas, cette participation marque la confiance accordée aux compétences nationales.

Quatre ans plus tard, Henri Michel apporte son expérience internationale à une génération talentueuse qui échoue de peu aux portes du second tour.

Après une longue absence, Hervé Renard redonne au Maroc une identité compétitive. Sous sa direction, la sélection retrouve la Coupe du monde en 2018 et affiche une solidité retrouvée.

Le véritable tournant intervient avec Walid Regragui. Arrivé quelques mois avant le Mondial qatari, il parvient à fédérer un groupe et à construire une aventure collective qui marquera durablement l’histoire du football marocain.

Aujourd’hui, Mohamed Ouahbi est chargé d’écrire un nouveau chapitre. Réputé pour son sens de l’organisation, sa lecture tactique et sa capacité d’adaptation, le technicien marocain arrive avec une solide réputation bâtie notamment auprès des sélections de jeunes.

Son défi est immense : prolonger l’élan de 2022 tout en gérant les attentes générées par les récents succès du football national.

Le premier rendez-vous est déjà connu. Le Maroc évoluera dans le groupe C et affrontera successivement le Brésil, l’Écosse et Haïti. Avant cela, les Lions disputeront un ultime match amical face à la Norvège afin de peaufiner les derniers réglages.

À quelques jours du coup d’envoi, l’enthousiasme est palpable parmi les supporters marocains. Des rues de Casablanca aux quartiers du New Jersey, une même conviction anime les passionnés : le Maroc possède désormais les moyens sportifs, techniques et humains pour poursuivre son ascension.

Le parcours de 2022 a démontré qu’aucune frontière n’était infranchissable. Celui de 2026 dira jusqu’où les Lions de l’Atlas peuvent porter leurs ambitions dans un football mondial de plus en plus compétitif.

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