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Mondial 2026 : Passion, décalage horaire et football-business, les supporters à la fête
Présentation de Achraf Hakimi, joueur star de l'équipe du Maroc qui dispute la Coupe du Monde de football masculine 2026 à partir du 11 juin / AFP / David LORY
À J -2 du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les supporters s’apprêtent à vivre une édition hors norme. Participation record de sélections arabes, décalages horaires parfois extrêmes, flambée des prix, multiplication des fan zones et animations géantes : jamais un Mondial n’aura autant mis à l’épreuve la fidélité des fans tout en cherchant à les placer au centre de l’expérience.
Les supporters arabes face au défi des fuseaux horaires
Pour les amateurs de football du monde arabe, la Coupe du monde 2026 représente un rendez-vous historique. Huit sélections arabes participeront à cette édition organisée en Amérique du Nord, une présence inédite qui nourrit de grands espoirs sportifs. Mais avant même le premier coup de sifflet, une autre préoccupation domine les discussions : le décalage horaire.
Entre certaines villes hôtes nord-américaines et plusieurs capitales arabes, l’écart peut atteindre jusqu’à dix heures. Conséquence directe, de nombreuses rencontres seront diffusées après minuit, voire à l’aube.
Les supporters marocains figurent parmi les mieux servis. Les trois matchs du premier tour des Lions de l’Atlas sont programmés à 23 heures, un horaire relativement compatible avec la vie quotidienne. Ailleurs, la situation est plus compliquée.
En Jordanie, où la sélection nationale disputera la première Coupe du monde de son histoire, plusieurs rencontres auront lieu entre cinq et sept heures du matin. Les autorités ont même annoncé des aménagements exceptionnels des horaires de travail afin de permettre aux citoyens de suivre leur équipe.
En Égypte, en Algérie et en Tunisie, certaines affiches seront également retransmises en pleine nuit. Sur les réseaux sociaux, de nombreux supporters réclament déjà des ajustements des horaires de travail ou des mesures exceptionnelles durant la compétition.
Dans les pays du Golfe, les situations varient selon les équipes et les lieux des rencontres. Mais partout, la même détermination apparaît : les contraintes horaires ne semblent pas en mesure de réduire l’enthousiasme populaire.
Le Mondial le plus cher de l’histoire
Cette Coupe du monde est également marquée par une inflation spectaculaire des coûts pour les supporters. Billets, hébergements, transports et packages touristiques atteignent des niveaux rarement observés dans l’histoire du sport.
Pour certains matchs, notamment la finale disputée au MetLife Stadium, les prix dépassent plusieurs dizaines de milliers de dollars sur les marchés de revente. Les séjours complets permettant de suivre une équipe durant la phase de groupes peuvent facilement atteindre 20.000 dollars par personne.
Face à cette flambée, de nombreux supporters ont développé des stratégies alternatives. Certains privilégient les campings ou l’hébergement chez l’habitant. D’autres organisent de longs trajets routiers afin d’éviter les coûts élevés des vols intérieurs ou des transports spéciaux.
Une autre tendance s’est imposée ces dernières semaines : attendre la dernière minute pour acheter ses billets. Devant des prix jugés excessifs, de nombreux supporters ont refusé d’acquérir les places proposées lors des premières phases de vente. À l’approche du tournoi, plusieurs plateformes de revente ont enregistré une baisse sensible des prix, permettant à certains fans d’obtenir des billets à des tarifs bien inférieurs aux montants initiaux.
Des fan zones géantes pour démocratiser la fête
Consciente des difficultés rencontrées par une partie du public, la FIFA a considérablement renforcé l’offre d’événements gratuits et populaires.
L’organisation prévoit la plus vaste édition du FIFA Fan Festival jamais organisée. Réparties dans treize villes hôtes et sur près de 4.000 kilomètres à travers les trois pays organisateurs, ces fan zones accueilleront retransmissions sur écrans géants, concerts, animations culturelles, activités interactives et espaces dédiés aux supporters.
L’objectif est de prolonger l’expérience du Mondial bien au-delà des stades. Depuis vingt ans, les FIFA Fan Festivals ont accueilli plus de quarante millions de visiteurs dans le monde. L’édition 2026 ambitionne de battre tous les records.
Chaque ville hôte mettra en avant sa propre identité culturelle à travers la musique, la gastronomie, les arts urbains et les activités destinées aux familles. Los Angeles, New York-New Jersey, Philadelphie, Toronto, Guadalajara ou encore Mexico proposeront des programmes adaptés à leur histoire et à leur diversité culturelle.
Pour des millions de supporters ne pouvant accéder aux stades, ces espaces constituent désormais le principal lieu de rassemblement et d’expression de la ferveur populaire.
New York et les insolites d’une compétition hors normes
Parmi les initiatives les plus spectaculaires figure celle annoncée à New York. Les autorités municipales, en partenariat avec la FIFA, organiseront une retransmission gratuite de la finale du 19 juillet sur la célèbre Great Lawn de Central Park.
Près de 50.000 spectateurs sont attendus devant trois écrans géants. Concerts, animations et activités accompagneront l’événement. Des espaces de visionnage seront également installés dans les cinq arrondissements de la ville afin de permettre au plus grand nombre de participer à la fête mondiale du football.
Cette dimension populaire rappelle que la Coupe du monde ne se résume pas aux résultats sportifs. Son histoire est également jalonnée d’épisodes insolites qui continuent d’alimenter la mémoire collective.
Du trophée Jules-Rimet retrouvé en 1966 par un chien nommé Pickles à la « Main de Dieu » de Diego Maradona en 1986, du mystérieux malaise de Ronaldo avant la finale de 1998 au célèbre coup de tête de Zinédine Zidane en 2006, en passant par le poulpe Paul qui prédisait les résultats en 2010 ou la morsure de Luis Suárez en 2014, le Mondial a toujours produit des scènes inattendues.
L’édition 2026 s’annonce à son tour comme un événement hors norme. Entre innovations, gigantisme, défis logistiques et passion populaire, elle promet d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire du football mondial. Pour les supporters, qu’ils soient dans les stades, dans les fan zones ou devant leurs écrans au milieu de la nuit, l’essentiel demeure inchangé : vivre pleinement la plus grande fête du football. (Quid avec MAP)