Qualification dans la douleur, ambition intacte : les Lions de l’Atlas assument et avancent – Par Hassan Zakariaa

Qualification dans la douleur, ambition intacte : les Lions de l’Atlas assument et avancent – Par Hassan Zakariaa

Le milieu de terrain tanzanien n° 06 Feisal Salum (à droite) commet une faute sur le milieu de terrain marocain n° 13 Eliesse Ben Seghir lors du match de huitièmes de finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) entre le Maroc et la Tanzanie au stade Prince Moulay Abdallah de Rabat, le 4 janvier 2026. (Photo de SEBASTIEN BOZON / AFP)

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Par Hassan Zakariaa avec MAP

Le Maroc a validé son billet pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations en s’imposant face à la Tanzanie (1-0), au terme d’un match fermé, exigeant et parfois inconfortable. Une victoire précieuse, obtenue dans la souffrance, que le sélectionneur Walid Regragui et ses joueurs assument pleinement. Entre lucidité tactique, blessure majeure d’Azzeddine Ounahi et montée en puissance progressive, les Lions de l’Atlas regardent déjà vers le prochain tour avec détermination.

 Le milieu de terrain marocain blessé n° 8, Azzedine Ounahi, forfeit pour le reste de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), ici lors du match Maroc - Tanzanie au stade Prince Moulay Abdallah de Rabat, le 4 janvier 2026. (Photo de SEBASTIEN BOZON / AFP)

Une victoire au forceps, mais essentielle

Dès la fin de la rencontre, Walid Regragui n’a pas cherché à embellir le scénario. Le sélectionneur national a reconnu que son équipe s’attendait à un match difficile et que la souffrance faisait partie intégrante de cette CAN disputée à domicile. À ce stade de la compétition, a-t-il martelé, seule la qualification compte. Le Maroc a parfois manqué de justesse technique en première période, offrant malgré lui des motifs de confiance à une sélection tanzanienne disciplinée et bien organisée.

La deuxième mi-temps, plus conforme aux standards habituels des Lions de l’Atlas, a permis de rééquilibrer la rencontre. Le pressing s’est intensifié, la circulation du ballon s’est améliorée et la patience collective a fini par payer. Regragui a néanmoins reconnu que son équipe avait concédé plus d’occasions que de coutume, conséquence logique d’un jeu porté vers l’avant et d’un pressing haut imposé par le statut d’équipe hôte.

Brahim Diaz, l’homme des moments décisifs

Comme souvent depuis le début de la compétition, Brahim Diaz a fait basculer le match. Auteur de l’unique but de la rencontre, l’attaquant du Real Madrid confirme son statut de joueur décisif et de meilleur buteur du tournoi. Capable de surgir dans les zones dangereuses et de créer la différence sur une action, Diaz incarne cette efficacité qui fait la différence dans les matchs à élimination directe.

Élu meilleur joueur de la rencontre, il a souligné la difficulté du match et la solidité tactique de la Tanzanie. Pour lui, la victoire est méritée mais surtout précieuse. Plus encore, son but avait une portée symbolique : il l’a dédié à Azzeddine Ounahi, absent sur blessure, rappelant que le groupe fonctionne comme une famille soudée.

Hakimi monte en régime, le collectif s’adapte

Titularisé pour la première fois dans cette CAN, Achraf Hakimi a livré une prestation encourageante. Walid Regragui s’est montré confiant quant à la progression du latéral droit, estimant qu’il retrouvait progressivement ses repères après une période marquée par la gestion physique. Sa présence apporte au Maroc une profondeur offensive supplémentaire et une intensité qui devraient encore monter lors des prochains matchs.

Cette rencontre a aussi illustré la capacité du collectif marocain à s’adapter. Pression constante, occupation du camp adverse, mais aussi gestion des temps faibles ont caractérisé la prestation des Lions. Même lorsque le rythme est retombé après l’ouverture du score, l’équipe a su préserver son avantage sans céder à la panique.

Le choc de la blessure d’Ounahi

L’ombre au tableau de cette qualification reste la blessure d’Azzeddine Ounahi. Le milieu de terrain est forfait pour le reste de la compétition, victime d’une déchirure au mollet contractée à l’entraînement. Une absence lourde, tant sur le plan technique que mental. Regragui n’a pas caché l’émotion suscitée par cette nouvelle au sein du groupe, évoquant la perte d’un leader technique et d’un joueur central dans l’animation du jeu.

Le sélectionneur a expliqué que la qualification face à la Tanzanie avait aussi une dimension symbolique : se qualifier pour Ounahi. Son indisponibilité, estimée entre cinq et six semaines, oblige désormais le staff à repenser certaines équilibres au milieu de terrain, dans une compétition où les matchs s’enchaînent rapidement.

Cap déjà mis sur les quarts de finale

Du côté des joueurs, le discours est déjà tourné vers l’avenir. Le défenseur Romain Saïss a insisté sur la maturité affichée par le groupe, capable de rester patient face à une équipe tanzanienne qui a posé de réels problèmes. Pour lui, il n’existe pas de match facile en Coupe d’Afrique des Nations, encore moins lors des phases à élimination directe.

Saïss a également évoqué la blessure d’Ounahi avec sobriété et solidarité, soulignant l’importance de rester unis autour d’un coéquipier touché. L’équipe, assure-t-il, va analyser ce qui a moins bien fonctionné face à la Tanzanie afin de progresser pour le prochain rendez-vous.

Une CAN qui entre dans sa phase de vérité

Avec cette qualification, le Maroc franchit un cap psychologique important. La victoire n’a pas été flamboyante, mais elle a été maîtrisée dans l’essentiel. Les Lions de l’Atlas avancent désormais vers les quarts de finale avec la conscience de leurs forces, de leurs limites et de leurs responsabilités. Dans une CAN où chaque détail compte, le Maroc assume la pression, accepte la souffrance et poursuit sa route avec une ambition intacte.

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