Racisme dans le football européen : solidarité avec Omar El Hilali et rappel d’un combat encore inachevé

Racisme dans le football européen : solidarité avec Omar El Hilali et rappel d’un combat encore inachevé

Omar El Hilali face l’attaquant d’Elche Rafa Mir qui a adressé au joueur marocain l’expression « viniste en patera » – littéralement « tu es venu ici en barque »

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 L’interruption du match entre l’Espanyol Barcelone et Elche en Liga, à la suite de propos jugés xénophobes visant l’international marocain Omar El Hilali, a ravivé le débat sur la persistance du racisme dans le football européen. La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) a exprimé son soutien total au joueur de 22 ans, condamnant fermement toute forme de discrimination. Cet épisode s’inscrit dans une série d’incidents qui, malgré les campagnes et les sanctions judiciaires, montrent que la lutte contre le racisme dans les stades reste un défi majeur pour les institutions sportives.

La FRMF affiche son soutien à Omar El Hilali

La Fédération Royale Marocaine de Football a exprimé dimanche sa solidarité et son soutien inconditionnel à Omar El Hilali, latéral droit de l’Espanyol Barcelone, victime de propos offensants lors d’une rencontre de Liga face à Elche.

Dans un communiqué publié sur son site officiel, la FRMF a condamné avec fermeté toute forme de racisme ou de discrimination, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des stades. L’instance fédérale marocaine a également réaffirmé son attachement à la promotion des valeurs de tolérance, de respect et de fair-play dans toutes les compétitions sportives.

Cette prise de position souligne le rôle croissant des fédérations nationales dans la défense de leurs joueurs évoluant dans les championnats étrangers, où les incidents racistes continuent de susciter l’indignation.

Un match brièvement interrompu en Liga

L’incident s’est produit lors du match entre Elche CF et le RCD Espanyol, qui s’est soldé par un nul (2-2). À la 80e minute, Omar El Hilali a signalé à l’arbitre des propos qu’il considérait comme xénophobes.

Selon le rapport officiel de l’arbitre Iosu Galech Apezteguia, l’attaquant d’Elche Rafa Mir a adressé au joueur marocain l’expression « viniste en patera » – littéralement « tu es venu ici en barque » –, une formule souvent utilisée en Espagne pour stigmatiser les migrants arrivés par la mer.

Conformément au protocole antiracisme en vigueur dans le football espagnol, l’arbitre a brièvement interrompu la rencontre en croisant les bras, geste symbolique déclenchant la procédure officielle. La pause a duré environ trois minutes avant la reprise du jeu.

Le rapport précise toutefois qu’aucun membre du corps arbitral n’a entendu directement les propos incriminés. Visiblement affecté par l’incident, Omar El Hilali est apparu particulièrement ému, au bord des larmes, sur la pelouse.

Sans mentionner explicitement cet épisode, la Liga a réagi sur les réseaux sociaux en condamnant « tout acte raciste », qu’il se produise sur le terrain ou dans les tribunes.

Des incidents racistes encore fréquents

Malgré les campagnes de sensibilisation et les messages répétés des institutions sportives, les stades européens restent régulièrement le théâtre de comportements racistes.

L’un des cas les plus médiatisés ces dernières années concerne l’ailier brésilien du Real Madrid Vinícius Júnior, devenu une figure emblématique de la lutte contre les discriminations dans le football. Depuis son arrivée en Espagne en 2018, le joueur a été à plusieurs reprises la cible d’insultes racistes.

Un autre épisode récent a relancé le débat : lors d’un match de Ligue des champions contre Benfica, Vinícius aurait été visé par une insulte raciste attribuée au joueur adverse Gianluca Prestianni. L’affaire fait l’objet d’une enquête de l’UEFA afin d’établir les responsabilités disciplinaires.

Ces incidents illustrent une réalité persistante : le racisme dans le football ne provient pas uniquement des tribunes. Il peut également surgir sur le terrain, entre joueurs, ce qui rend la détection et la sanction des propos discriminatoires encore plus complexes.

Des sanctions judiciaires en progression

Face à la multiplication de ces incidents, les autorités judiciaires espagnoles ont récemment prononcé plusieurs sanctions jugées historiques.

En mai 2025, cinq supporters du Real Valladolid ont été condamnés à un an de prison pour des insultes racistes visant Vinícius Júnior lors d’un match disputé en décembre 2022. Cette décision a été saluée par la Liga comme un tournant dans la lutte contre le racisme dans les stades.

Un mois plus tard, quatre membres du groupe ultra Frente Atlético ont été condamnés à des peines allant de 14 à 22 mois de prison pour avoir pendu, en janvier 2023, une effigie du joueur brésilien portant son maillot avant un derby madrilène. Ces peines ont ensuite été commuées en amendes dans le cadre d’un accord judiciaire.

Par ailleurs, le parquet des Asturies a requis une peine d’un an de prison et près de 3.000 euros d’amende contre un supporter du Real Oviedo accusé d’avoir imité un singe après un but marqué par Kylian Mbappé lors d’un match disputé en août 2025.

Selon l’acte d’accusation, l’homme aurait proféré des cris et mimé des gestes imitant un primate en direction du joueur français, comportement qualifié par le parquet de manifestation claire de mépris raciste.

La FIFA plaide pour une tolérance zéro

Face à ces dérives, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a récemment appelé à des mesures plus strictes pour lutter contre les insultes racistes sur les terrains.

Réagissant à l’affaire impliquant Vinícius Júnior, il a estimé que les joueurs qui se couvrent la bouche lors d’altercations devraient être exclus s’ils tiennent des propos discriminatoires.

Selon Infantino, ce geste peut être interprété comme une tentative de dissimuler des paroles inappropriées. « Si un joueur se couvre la bouche et dit quelque chose qui a des conséquences racistes, alors il doit être exclu », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à Sky Sports.

Pour le dirigeant de la FIFA, la crédibilité de la lutte contre le racisme dépend de la capacité des instances sportives à agir rapidement et fermement.

Au-delà des sanctions et des déclarations de principe, les incidents impliquant Vinícius Júnior, Kylian Mbappé ou Omar El Hilali rappellent que le racisme reste un problème structurel dans certaines enceintes sportives.

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