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A l’ombre de la CAN 2025, Poésie, peinture et cinéma gardent leur droit de cité
À Rabat, la Galerie Nationale Bab Rouah a accueilli le vernissage de la grande exposition nationale « 60 ans de peinture au Maroc »
De Chefchaouen à Rabat, de la page poétique à la toile picturale, jusqu’aux écrans de cinéma, le début de l’année culturelle au Maroc s’annonce diversifié. A l’ombrte de lla CAN 2025, festivals, expositions et rendez-vous cinématographiques dessinent une cartographie vivante de la création marocaine et de ses dialogues avec le monde, entre mémoire, modernité et transmission.
Chefchaouen, capitale poétique d’un Maroc unifié
La ville de Chefchaouen accueillera, du 15 au 17 janvier, la 36e édition du Festival national de la poésie marocaine moderne. Organisé par l’Association « Les amis d’Al Mouaatamid » à la bibliothèque municipale Manahil Al Irfane, l’événement se tiendra sous le thème évocateur « Résider poétiquement dans une patrie unifiée ». Fidèle à son esprit fondateur, le festival réunit des poètes issus de différentes régions du Royaume, reflétant la diversité linguistique, esthétique et culturelle de la scène poétique nationale.
Cette édition rendra hommage à plusieurs figures marquantes de la poésie et de la vie culturelle marocaines, parmi lesquelles Fatima Baroudi, Abdelhamid Jmahri, Latifa Meskini, Zoubir Khayat, Jamal Amach et Maryam Atwif, ainsi qu’à Abdessalam Ben Tahakit, ancien membre actif de l’association. À travers ces reconnaissances, le festival célèbre des parcours qui ont façonné l’écriture poétique contemporaine et contribué à son rayonnement médiatique et critique.
La programmation prévoit des soirées de lecture, des performances artistiques, une rencontre-débat et une exposition consacrée au « Diwan » de la poésie marocaine. L’objectif est double : offrir au public un panorama des nouvelles écritures poétiques et inscrire Chefchaouen dans une dynamique culturelle continue, nourrie par son histoire et son ancrage littéraire.
La poésie au cœur de l’école
Dans un souci d’ouverture sur le milieu éducatif, le festival propose également des ateliers destinés à une vingtaine d’élèves de la région, placés sous le signe de « La créativité poétique au cœur de la vie scolaire ». Animées par des enseignants et poètes, ces rencontres initient les élèves aux fondamentaux de l’écriture poétique arabe, les invitent à produire leurs propres textes et à les partager publiquement.
Une master class intitulée « Un poète dans notre établissement » permettra aussi un échange direct entre un poète invité et les élèves, favorisant une approche vivante et incarnée de la création. Les bibliothèques scolaires concernées seront enrichies de recueils récents, dans une démarche de soutien aux talents émergents et de valorisation de la lecture comme levier éducatif.
Rabat, six décennies de peinture marocaine
À Rabat, la Galerie Nationale Bab Rouah a accueilli le vernissage de la grande exposition nationale « 60 ans de peinture au Maroc », organisée sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI. Cette exposition d’envergure propose une traversée de six décennies de création plastique, interrogeant les notions d’identité, de modernité et de mémoire visuelle dans un paysage culturel en mutation.
Réunissant des œuvres de pionniers et d’artistes contemporains, l’exposition offre une lecture globale des trajectoires de l’art marocain. Elle met en lumière la diversité des expressions esthétiques, des techniques classiques aux formes les plus contemporaines, et souligne la vitalité des générations successives. Plus de 160 artistes de la jeune génération y participent, confirmant la continuité et le renouvellement de la scène plastique nationale.
L’exposition, accompagnée de la publication d’un livre d’art à vocation documentaire et académique, s’articule autour de la question centrale du rapport entre identité marocaine et modernité. Une problématique qui, depuis les années 1960, structure la réflexion artistique et a contribué à l’émergence d’une pensée plastique proprement marocaine.
Une exposition itinérante et fédératrice
Déployée sur plusieurs espaces emblématiques de la capitale, l’exposition s’inscrit dans une démarche de démocratisation culturelle. Elle entamera ensuite une tournée nationale à Casablanca, Tanger, Marrakech et Laâyoune, afin d’élargir son public et de renforcer le dialogue entre les artistes et les citoyens. Cette itinérance confirme la volonté de faire des arts plastiques un vecteur de rayonnement et de cohésion culturelle.
Le cinéma européen à la rencontre du public marocain
Autre temps fort de la saison culturelle, la 31e édition des Semaines du film européen se tiendra du 28 janvier au 11 février à Rabat, Casablanca et Marrakech. Organisé par l’Union européenne au Maroc en partenariat avec les institutions culturelles nationales, cet événement s’impose comme un rendez-vous incontournable pour les cinéphiles.
L’édition s’ouvrira avec « Valeur Sentimentale », long-métrage du réalisateur dano-norvégien Joachim Trier, distingué par le Grand Prix du Festival de Cannes et salué par de nombreuses nominations internationales. Ce drame intime, centré sur la mémoire familiale et les liens filiaux, illustre l’ambition artistique des Semaines du film européen : proposer des œuvres exigeantes, accessibles et ouvertes sur les questionnements contemporains.
Depuis plus de trois décennies, ce rendez-vous promeut le cinéma d’auteur européen auprès du public marocain, tout en favorisant le dialogue interculturel. La programmation est enrichie par une sélection de courts métrages issus du Sud de la Méditerranée, offrant des regards croisés sur les réalités sociales et humaines des deux rives.