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Barrages : les pluies changent la donne et redonnent de l’air aux réserves hydriques
À l’échelle nationale, le taux de remplissage des barrages est passé de 31,1 % à 45,26 % entre le 12 décembre et le 8 janvier
Après plusieurs années marquées par la sécheresse, les dernières précipitations enregistrées à travers le Royaume ont profondément amélioré la situation hydrique. Des bassins de Marrakech-Safi à la Moulouya, en passant par Oum Er-Rbia et les barrages de Sebou, les retenues affichent des niveaux de remplissage en nette hausse, confirmant une embellie salutaire, à la fois pour l’eau potable, l’agriculture et l’équilibre territorial.
Marrakech-Safi : des barrages proches de la pleine capacité
Dans la région de Marrakech-Safi, les retenues des principaux barrages totalisent 230,1 millions de mètres cubes à la date du 8 janvier 2026, pour un taux de remplissage global de 69,4 %, selon l’Agence du bassin hydraulique de Tensift. Cette progression marque une rupture nette avec l’année 2025, fortement affectée par le déficit pluviométrique.
Plusieurs ouvrages affichent des niveaux particulièrement élevés. Le barrage Sidi Driss atteint un remplissage de 100 %, tandis que Moulay Abderrahmane frôle sa capacité maximale avec 99,2 %. Abou El Abbas Essabti dépasse les 82 %, Sidi Mohamed Ben Slimane Jazouli avoisine les 80 % et Yaakoub Mansour dépasse les 60 %. Même les barrages historiquement plus sensibles, comme Lalla Takerkoust ou Hassan Ier, enregistrent une dynamique positive.
Oum Er-Rbia : une amélioration décisive pour l’eau potable
Dans le bassin d’Oum Er-Rbia, les pluies récentes ont porté la retenue globale des barrages à 938 millions de mètres cubes, pour un taux de remplissage de 19 %, selon l’Agence du bassin hydraulique d’Oum Er-Rbia. Les précipitations ont atteint près de 251 mm, soit une hausse de 75 % par rapport à la moyenne annuelle.
Cette amélioration contribue directement à sécuriser l’alimentation en eau potable de grandes agglomérations comme El Jadida, Settat, Berrechid et Youssoufia, jusqu’au sud de Casablanca. Dans la zone Chaouia-Doukkala, les barrages de Daourat et Imfout sont totalement remplis, garantissant un approvisionnement intégral pour plusieurs centres urbains et ruraux. Les effets positifs s’étendent également aux parcours pastoraux, réduisant la pression sur l’alimentation du bétail et soutenant les éleveurs.
Bassin de la Moulouya : une hausse encore contrastée
Dans l’Oriental, le bassin de la Moulouya affiche un taux de remplissage global de 39,6 %, avec des réserves de près de 319 millions de mètres cubes. Le barrage Mohammed V atteint 48 %, Oued Za 67 % et Machraa Hammadi dépasse les 77 %. En revanche, d’autres ouvrages, comme Tamalout ou Injil, restent à des niveaux plus modestes, rappelant la fragilité structurelle de cette région face aux aléas climatiques.
Bassin de Sebou : amélioration sensible
Au 8 janvier 2026, les barrages relevant de l’Agence du bassin hydraulique de Sebou affichent un taux de remplissage de 53,67 %, traduisant une amélioration sensible des réserves hydriques dans cette région stratégique du Royaume. Selon les données publiées sur la plateforme Maa dialna du ministère de l’Équipement et de l’Eau, les onze grands barrages du bassin totalisent un volume de retenues supérieur à 2,98 milliards de mètres cubes.
Le barrage Al Wahda, le plus grand barrage du Maroc avec une capacité de 3,8 milliards de mètres cubes, pilier du dispositif hydraulique régional, concentre à lui seul plus de 2,016 milliards de mètres cubes, soit un taux de remplissage de 57 %. Cette performance marque une nette progression par rapport à la même période de l’année précédente, où le taux ne dépassait pas 40 %. Al Wahda joue un rôle central dans l’irrigation de la plaine du Gharb et dans la protection contre les crues de l’oued Ouergha.
Une tendance nationale nettement favorable
À l’échelle nationale, le taux de remplissage des barrages est passé de 31,1 % à 45,26 % entre le 12 décembre et le 8 janvier, pour un volume de stockage de 7,58 milliards de mètres cubes, a indiqué Mustapha Baitas. Ce niveau n’avait plus été atteint depuis juillet 2021. Les apports enregistrés depuis septembre représentent près de 88 % des volumes cumulés, tandis que plusieurs barrages, notamment dans le bassin du Sebou, évacuent déjà leurs excédents. Malgré cette embellie, les autorités appellent à maintenir une gestion rationnelle de l’eau afin de préserver durablement la sécurité hydrique du Royaume.