Deux sacres aux AFIS Awards 2025 pour le Maroc, l’Afrique appelée à bâtir sa souveraineté financière et établir la parité

Deux sacres aux AFIS Awards 2025 pour le Maroc, l’Afrique appelée à bâtir sa souveraineté financière et établir la parité

La présidente du Club des Femmes Administrateurs du Maroc, Samira Khamlichi, a défendu l’adoption de lois de parité et la transparence des rémunérations pour favoriser l’accès des femmes aux postes de direction

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Lors du 5e Africa Financial Summit (AFIS), tenu à Casablanca, le Maroc s’est illustré comme une référence continentale en matière de stabilité monétaire et d’innovation bancaire. Le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, et le PDG d’Attijariwafa Bank, Mohamed El Kettani, ont été honorés par deux distinctions majeures qui consacrent la maturité, la rigueur et le rayonnement international du modèle financier marocain.

Deux distinctions pour le Maroc

La cérémonie des AFIS Awards 2025 a salué deux figures emblématiques du secteur financier marocain. Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, a été désigné "African Central Bank Governor" pour son œuvre de plus de deux décennies au service de la stabilité monétaire. Sous sa gouvernance, la banque centrale a renforcé la régulation bancaire, stabilisé le dirham et accompagné la transition vers une flexibilité accrue du taux de change, inspirant plusieurs institutions africaines.

Mohamed El Kettani, Président-Directeur Général du groupe Attijariwafa Bank, a pour sa part reçu le prix du "African Banker". Sa distinction vient récompenser une performance remarquable, marquée par une progression de 29 % du résultat net consolidé en 2024 et par le développement d’un réseau de 5 900 agences dans plus de quinze pays africains.

Le groupe Attijariwafa Bank s’est imposé comme un acteur majeur du financement du commerce intra-africain, moteur du développement des économies locales et symbole du dynamisme du secteur bancaire marocain.

Les AFIS Awards 2025 ont aussi distingué plusieurs acteurs du continent dans les catégories "African Fund" (Helios Investment Partners), "African Woman in Finance" (Chilufya Mutale-Mwila, eShandi), "African Disrupter" (HUB2) et "African Insurer" (Heinie Werth, SanlamAllianz).

Ces prix récompensent l’excellence, la responsabilité et l’engagement des institutions et leaders africains œuvrant à construire une industrie financière robuste, résiliente et tournée vers l’avenir.

L’Afrique appelée à bâtir sa souveraineté financière

Au-delà de la célébration, les débats du sommet AFIS ont mis en lumière les enjeux de souveraineté économique du continent. La ministre marocaine de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a insisté sur la nécessité de libérer l’épargne africaine, d’intégrer les marchés financiers et d’instaurer une véritable confiance entre acteurs économiques.

Elle a souligné l’urgence d’harmoniser les cadres réglementaires et de stimuler l’investissement local, notamment en orientant les fonds de pension et les institutions publiques vers les obligations souveraines africaines. Pour elle, « l’émancipation financière de l’Afrique passe par une volonté politique forte et des incitations stratégiques qui retiennent les capitaux sur le continent ».

Le vice-président régional de l’IFC, Ethiopis Tafara, a pour sa part insisté sur l’importance du financement en capital plutôt qu’en dette, plaidant pour un renforcement des fonds propres africains. Il a dénoncé la tendance des grands investisseurs institutionnels à placer leur épargne hors du continent, au détriment du développement local.

Le directeur général d’Ecobank, Jeremy Awori, a mis en avant la digitalisation comme levier d’inclusion financière, grâce à l’intelligence artificielle et aux données qui accélèrent l’accès au crédit pour les PME.

Moderniser les cadres et renforcer la coopération

Les discussions ont également souligné la nécessité de moderniser les réglementations et de renforcer la coopération régionale. Le directeur général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), Khalid Safir, a plaidé pour une mise à jour des normes prudentielles afin de stimuler l’investissement des fonds de pension et d’activer les capitaux dormants.

Il a insisté sur l’importance d’une gouvernance transparente et d’une meilleure coordination entre régulateurs et investisseurs pour attirer les capitaux privés et accélérer le financement des infrastructures.

De son côté, Kevin Njaraini de l’IFC a défendu la monétisation des actifs publics — par des concessions et partenariats à long terme — comme moyen d’attirer des financements durables.

L’égalité et la gouvernance au cœur de la finance africaine

Enfin, la présidente du Club des Femmes Administrateurs du Maroc, Samira Khamlichi, a défendu l’adoption de lois de parité et la transparence des rémunérations pour favoriser l’accès des femmes aux postes de direction. Malgré leur présence importante dans le middle management, les femmes ne représentent encore qu’un quart des dirigeants du secteur financier africain.

Souad El Hamdi, associée chez Forvis Mazars, a rappelé que les entreprises dotées de conseils d’administration diversifiés affichaient de meilleures performances financières et sociales. Elle a appelé à renforcer la progression et la rétention des talents féminins, en s’appuyant sur des politiques d’équité salariale et de gouvernance inclusive.

Avec plus de 1 200 participants issus du monde bancaire, des assurances, des fintechs et des marchés de capitaux, le sommet AFIS 2025 a confirmé Casablanca comme hub continental de la finance.

Placée sous le thème "Notre capital, notre puissance : libérons la souveraineté financière de l’Afrique", cette édition a montré que l’Afrique s’inscrit dans une vision collective : bâtir une Afrique financièrement souveraine, inclusive et durable.

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