Du littoral métropolitain aux confins sahariens, le Maroc en fêtes culturelles

Du littoral métropolitain aux confins sahariens, le Maroc en fêtes culturelles

Chanteuse de Batoul El Merouani au Festival international des nomades

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A Casablanca  et à Touizgui, la scène culturelle a vibré au rythme de deux événements distincts mais complémentaires, révélateurs de la diversité culturelle du Royaume. Concerts urbains, célébration des musiques populaires, valorisation du patrimoine nomade et mise en avant des identités régionales ont dessiné, le temps de quelques jours, un Maroc pluriel où création contemporaine et héritages ancestraux dialoguent au service du lien social, de l’unité nationale et du rayonnement culturel.

Casablanca : une soirée musicale fédératrice au WeCasablanca Festival

Au Parc de la Ligue Arabe, au cœur de Casablanca, la musique a une nouvelle fois joué son rôle de trait d’union entre artistes et public. Samedi soir, Salma Rachid et Taha Nouri ont offert une soirée très attendue dans le cadre du WeCasablanca Festival, intégré à l’événement Winter Africa by WeCasablanca. Devant un public nombreux et enthousiaste, les deux artistes ont livré des performances marquées par la proximité, la générosité et une communion palpable avec les spectateurs.

Figure emblématique de la scène musicale marocaine contemporaine, Salma Rachid a retrouvé son public casablancais avec une énergie communicative. En puisant dans un répertoire mêlant chansons populaires et titres plus intimistes, elle a installé une atmosphère festive, portée par des refrains repris en chœur et une interaction constante avec la foule. La chanteuse a souligné l’émotion particulière de se produire dans sa ville natale, saluant un public fidèle et réceptif qui a accompagné chaque morceau de chants et d’applaudissements.

À ses côtés, Taha Nouri a vécu une première rencontre marquante avec le public de la métropole. L’artiste a exprimé son enthousiasme face à l’accueil chaleureux et à l’ambiance déjà imprégnée de l’esprit de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Sa prestation, marquée par la sincérité et la spontanéité, a contribué à renforcer l’esprit de partage qui a caractérisé la soirée.

Au-delà du concert, l’événement Winter Africa by WeCasablanca s’impose comme un rendez-vous fédérateur pour la ville. Conçu comme un espace de rencontre et de convivialité, il se déploie sur plusieurs semaines avec une programmation mêlant musique, divertissement familial, sport et valorisation des cultures marocaine et africaine. La scène musicale, à travers le WeCasablanca Festival, y occupe une place centrale, mettant en lumière aussi bien des artistes confirmés que de jeunes talents.

Cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large de l’animation urbaine, où la culture devient un levier de cohésion sociale et d’attractivité territoriale. En parallèle des concerts, le public est invité à découvrir des espaces dédiés au gaming, aux activités pour enfants, à la gastronomie et aux expressions créatives, offrant une expérience immersive et accessible à tous les publics. Casablanca affirme ainsi son rôle de capitale culturelle ouverte, capable d’accueillir des événements d’envergure tout en valorisant la richesse de la création nationale.

Touizgui : le patrimoine nomade au cœur de l’identité nationale

À plusieurs centaines de kilomètres au sud, dans la commune de Touizgui, province d’Assa-Zag, un autre visage de la culture marocaine s’est exprimé avec force. La cinquième édition du Festival international des nomades a ouvert ses portes sous le thème du patrimoine nomade comme prolongement de l’identité et de l’unité nationale. Pendant trois jours, la région a accueilli artistes, intellectuels, acteurs associatifs et visiteurs autour d’un programme riche célébrant la culture hassanie et les traditions du Sahara marocain.

Dès la cérémonie d’ouverture, marquée par la présence des autorités locales et d’acteurs institutionnels, le festival a affirmé sa vocation patrimoniale et citoyenne. Expositions d’artisanat, produits du terroir et tentes thématiques ont offert un aperçu vivant du mode de vie nomade, de ses savoir-faire et de ses expressions culturelles. Ces espaces ont permis aux visiteurs de mieux comprendre une culture façonnée par la mobilité, l’adaptation et la transmission orale.

Les organisateurs ont souligné que ce rendez-vous dépasse le simple cadre festif. Il s’agit d’un projet de valorisation durable du patrimoine nomade, pensé comme un levier de développement local et de rayonnement culturel. En mettant en avant les traditions hassanies, le festival contribue à préserver un héritage menacé par les mutations sociales, tout en renforçant le sentiment d’appartenance et de cohésion nationale.

Moments forts du programme, les lectures poétiques et les spectacles folkloriques ont donné une voix à une culture profondément enracinée dans l’histoire du Sud marocain. La “Tente de la poésie”, en particulier, a offert un espace d’expression où les mots, les rythmes et les mélodies ont raconté les paysages, les valeurs et les mémoires du nomadisme. Les hommages rendus à plusieurs figures culturelles ont également rappelé l’importance de la transmission intergénérationnelle.

Au fil des activités, courses de dromadaires, jeux traditionnels, soirées artistiques et rencontres thématiques ont rythmé la vie de Touizgui, transformant la commune en carrefour culturel éphémère. Le festival s’inscrit ainsi dans une dynamique de diplomatie culturelle, favorisant les échanges entre les peuples et la reconnaissance mutuelle des patrimoines. Il confirme aussi la capacité des territoires du Sud à accueillir des événements structurants, porteurs de sens et d’opportunités économiques et touristiques.

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