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Du Souss à Essaouira, de Taroudant à Paris en passant par d’Ouled Teima, le Maroc en Culturel
La 9e édition du festival Jazz sous l’Arganier, prévue du 27 au 29 décembre, confirme la vocation musicale de la cité des Alizés.
Traditions musicales ancestrales, festival de jazz, célébration du cinéma et scènes d’humour à l’international, à Taroudant, Essaouira, Ouled Teima et jusqu’à Paris, les arts vivants, le patrimoine immatériel et la création contemporaine dialoguent et se conjuguent au présent.
La Griha de Taroudant, une mémoire vivante du Souss
À Taroudant, l’art de la Griha s’impose comme l’un des piliers du patrimoine culturel immatériel local. Héritage musical ancien, profondément enraciné dans l’histoire sociale et spirituelle de la ville, la Griha prolonge la tradition du Malhoun tout en affirmant une identité propre, façonnée par les usages, les familles et la transmission orale. Pratiquée lors des mariages, des veillées religieuses et des rassemblements spirituels dans les foyers ou les zaouïas, elle constitue un moment de partage collectif où se mêlent ferveur, émotion et narration.
Mêlant symbolisme religieux, imagerie poétique et références historiques, la Griha dépasse le simple cadre musical. Elle se présente comme un texte chanté, porteur de mémoire et de valeurs, où les interprètes alternent solos et chœurs dans un esprit de solidarité communautaire. Sur le plan rythmique, les percussions traditionnelles, tambourins et petits tambours, structurent une performance exigeante, marquée par des variations subtiles de tempo.
Pour Ismail Asqrou, chef de la troupe Dakka Roudania, la Griha est avant tout un message culturel. Elle incarne l’appartenance à Taroudant et la continuité d’une mémoire collective que les passionnés s’emploient à transmettre aux jeunes générations. Cette responsabilité, explique-t-il, garantit l’authenticité de l’art et son inscription durable dans le présent.
La reconnaissance du Malhoun par l’UNESCO a ravivé l’intérêt pour cette forme artistique, renforçant la conscience patrimoniale locale. L’organisation récente du premier Forum national de l’art de la Griha, dédié à la mémoire du poète Omar Bouri, s’inscrit dans cette dynamique de valorisation, en rendant hommage aux pionniers et en sensibilisant les jeunes à la préservation des arts traditionnels.
Essaouira, carrefour du jazz et des musiques du monde
À Essaouira, la 9e édition du festival Jazz sous l’Arganier, prévue du 27 au 29 décembre, confirme la vocation musicale de la cité des Alizés. Porté par l’Association Essaouira-Mogador et dirigé artistiquement par Majid Bekkas, l’événement s’inscrit dans une longue tradition de festivals qui font d’Essaouira un espace privilégié de dialogue musical.
Pendant trois jours, concerts et jams nocturnes réuniront des musiciens de renommée internationale autour d’un jazz ouvert aux influences africaines, orientales et européennes. Cette édition se distingue par la présence de deux figures originaires d’Essaouira, Mohammed Derouich et Rhani Krija, musiciens reconnus sur la scène mondiale. Le premier, guitariste associé à Ibrahim Maalouf, partagera la scène avec Stéphane Galland et Mihai Privan, tandis que le second, percussionniste ayant collaboré avec Sting, dialoguera avec le pianiste suédois Jacob Karlzon.
La programmation illustre l’esprit souiri : croiser les esthétiques, abolir les frontières et favoriser l’improvisation. Du Jet Fuel Trio danois, inspiré par le patrimoine africain, au JD Allen Trio convoquant l’héritage de John Coltrane, en passant par des formations venues d’Ibiza ou de Belgique, Jazz sous l’Arganier célèbre une musique vivante, en résonance avec l’identité cosmopolite d’Essaouira.
Ouled Teima, le cinéma au cœur du territoire
Dans la province de Taroudant, la ville d’Ouled Teima accueillera du 26 au 28 décembre la 8e édition de son Festival du film international. Organisé par l’Association Mountada Dilal pour le théâtre et le cinéma, l’événement ambitionne de rapprocher le septième art du public local et de stimuler la créativité artistique.
Placée sous le thème Cinéma et Théâtre, cette édition propose projections, rencontres avec des artistes, ateliers de formation et hommages à des figures du cinéma. Le festival se veut un espace d’échange entre créateurs et spectateurs, tout en offrant une vitrine aux productions nationales et internationales. En soutenant les jeunes talents et en animant la scène culturelle locale, Ouled Teima affirme sa place dans le paysage cinématographique régional.
ComediaBlanca, l’humour marocain à l’Olympia
À Paris, le festival ComediaBlanca a transformé l’Olympia en une scène de célébration de l’humour marocain. Devant une salle comble, humoristes et public ont partagé une soirée marquée par l’énergie, la ferveur et la fierté culturelle. Oualas, Mimo Lazrak, Meryem Benoua, Jalil Tijani, Ethan Lalouz, Sarah Lele et John Sulo ont donné le ton d’un spectacle collectif, ponctué par la présence remarquée de Gad El Maleh.
L’événement, inaugurant la tournée internationale de ComediaBlanca, a été marqué par une atmosphère patriotique et conviviale, symbolisée par l’interprétation de l’hymne national et l’intervention de l’ambassadrice du Maroc à Paris, Samira Sitail. Celle-ci a salué le talent des artistes et la capacité de l’humour marocain à rayonner au-delà des frontières.
Pour les fondateurs du festival, Saad Lahjouji et Myriam Bouayad, ComediaBlanca incarne une ambition plus large : structurer une véritable industrie de l’humour marocain, capable de s’exporter et de dialoguer avec d’autres scènes internationales. De Montréal à Abidjan, le festival entend porter un humour accessible, audacieux et profondément ancré dans l’identité marocaine.