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Expo’ le foot des terrains vagues et Ciné-club à Casablanca, Arte dal Vulcano à Tanger, Amazigh à Nador…
L’exposition éphémère Oulad L’Koora a mis en lumière la passion viscérale de la jeunesse marocaine pour le football. À travers une sélection de photographies issues du Maroc et de la diaspora, l’exposition raconte un football de proximité, celui des rues et des terrains vagues
De Tanger à Casablanca, en passant par Nador et jusqu’au Caire, la scène culturelle marocaine rayonne en ce début d’année à travers une série d’événements artistiques majeurs. Expositions, festivals de théâtre et de cinéma, initiatives citoyennes et célébrations patrimoniales traduisent une dynamique culturelle intense, portée par le dialogue méditerranéen, l’ouverture internationale et l’affirmation d’identités plurielles solidement ancrées dans le présent.
Tanger, carrefour méditerranéen du dialogue artistique
La ville de Tanger a accueilli la clôture de l’exposition Arte dal Vulcano sur une note musicale et symbolique forte. Organisée dans le cadre des célébrations du 2500e anniversaire de Naples et du bicentenaire des relations diplomatiques entre l’Italie et le Maroc, cette exposition a transformé le Palais des institutions italiennes en un espace de rencontre entre les deux rives de la Méditerranée. La soirée de clôture, marquée par le concert Voix des femmes en Méditerranée, a offert un moment de communion artistique porté par l’ensemble féminin Rhoum El Bakkali, accompagné d’artistes italiennes. Entre Hadra de Chefchaouen, chants soufis, répertoire napolitain et sonorités méditerranéennes, le concert a donné corps à une identité culturelle partagée, nourrie par des siècles d’échanges. Les responsables institutionnels italiens ont souligné la portée symbolique de cet événement, qui inscrit Tanger et Naples dans une continuité historique de dialogue, tandis que le succès public de l’exposition, forte de plus de 1.200 visiteurs, a confirmé l’intérêt pour la création contemporaine comme langage commun.
Le théâtre marocain à l’épreuve de la scène arabe
Au Caire, la participation marocaine à la 16e édition du Festival du Théâtre arabe illustre la vitalité et la diversité de la création théâtrale nationale. À travers les pièces Widows F et Citoyen économique, les artistes marocains ont proposé des écritures scéniques audacieuses, mêlant expérimentation esthétique et interrogation sociale. L’une explore les marges et l’univers carcéral féminin à travers un langage symbolique et musical, l’autre interroge l’engagement citoyen et les appartenances politiques dans un contexte contemporain. Cette présence est renforcée par la participation active de critiques et chercheurs marocains aux colloques du festival, confirmant le rôle du Maroc comme acteur intellectuel et artistique majeur dans l’espace théâtral arabe.
Casablanca, la jeunesse et le football comme récit collectif
À Casablanca, l’exposition éphémère Oulad L’Koora a mis en lumière la passion viscérale de la jeunesse marocaine pour le football. À travers une sélection de photographies issues du Maroc et de la diaspora, l’exposition raconte un football de proximité, celui des rues, des terrains vagues et des quartiers populaires. Portée par des associations engagées et soutenue par des acteurs de la société civile, cette initiative valorise la créativité et l’énergie des jeunes, considérés non comme de simples spectateurs des grands événements sportifs, mais comme des acteurs à part entière. L’exposition, appelée à devenir itinérante au Maroc et en Europe, se veut une célébration inclusive du sport comme vecteur de rêve, de cohésion sociale et d’identité partagée.
Le cinéma comme outil de mémoire et de transmission
Toujours à Casablanca, l’inauguration du Ciné-club Bernoussi avec la projection du film Bamou de Driss Lamrini marque une étape importante dans l’animation culturelle de proximité. Pensé comme un espace pérenne de diffusion et de formation, ce ciné-club ambitionne de rapprocher le public, notamment les jeunes, d’un cinéma à forte portée éducative. Le choix de Bamou, œuvre retraçant une période charnière de la lutte pour l’indépendance, illustre la volonté de faire du cinéma un outil de transmission de la mémoire nationale et de sensibilisation citoyenne. La présence du réalisateur et des acteurs lors de la projection a renforcé le lien entre création cinématographique et public local.
Casablanca, vitrine d’un cinéma engagé
La 13e édition du Festival international du cinéma de Casablanca s’inscrit, quant à elle, dans une démarche assumée de plaidoyer culturel. Placée sous le thème du cinéma au service des constantes nationales et de l’unité, cette édition met en avant le rôle du septième art comme soft power, notamment autour de la question de l’intégrité territoriale. Hommages à des figures du cinéma marocain et international, ouverture sur le cinéma indien invité d’honneur, intégration du long métrage dans les compétitions et organisation d’ateliers de formation témoignent de la maturation de ce festival. Casablanca s’affirme ainsi comme un pôle de dialogue cinématographique international, conjuguant création, réflexion et engagement.
Nador et la culture amazighe en partage
À Nador, le coup d’envoi de la troisième édition du festival Ania de la culture amazighe consacre la ville comme capitale symbolique de cette composante essentielle de l’identité nationale. Coïncidant avec la célébration du Nouvel An amazigh et l’anniversaire du Manifeste de l’Indépendance, le festival met en valeur le patrimoine amazigh à travers des performances artistiques, des expositions, des rencontres scientifiques et des ateliers pédagogiques. L’accent mis sur l’implication des jeunes et sur le rôle de la femme dans la transmission de la mémoire culturelle traduit une volonté de faire de la culture amazighe un patrimoine vivant, tourné vers l’avenir.