Fès au cœur d’un chantier religieux en Afrique fondé sur la modération, la transmission, le savoir

Fès au cœur d’un chantier religieux en Afrique fondé sur la modération, la transmission, le savoir

La septième session ordinaire du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains s’est ouverte à Fès en présence de 300 membres issus de 48 pays, dont 60 Alimate et 17 Ouléma marocains

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Réunie en sa 7e session ordinaire, la Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains a placé Fès au cœur d’un vaste chantier religieux, scientifique et éducatif qui engage 48 pays du continent. Sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, les Ouléma africains consolident un modèle de coopération spirituelle fondé sur la modération, la transmission, le savoir et la sécurité doctrinale, alors que s’ouvre une année consacrée à la célébration du quinzième centenaire de la naissance du Prophète Sidna Mohammed.

Une session stratégique au service d’une vision continentale

La septième session ordinaire du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains s’est ouverte à Fès en présence de 300 membres issus de 48 pays, dont 60 Alimate et 17 Ouléma marocains. Cette session constitue un moment charnière pour une institution désormais solidement ancrée dans le paysage religieux africain.

Les travaux s’articulent autour de trois axes majeurs. Le premier concerne la révision du plan de consolidation de la mission de transmission (Tabligh), afin de renforcer la présence des Ouléma dans leurs sections nationales et d’enraciner les constantes doctrinales communes fondées sur la modération. Le second porte sur la commémoration exceptionnelle du quinzième centenaire de la naissance du Prophète, conformément au Message Royal appelant à célébrer cet anniversaire comme un temps de réflexion, de connaissance et de diffusion des valeurs prophétiques. Le troisième axe vise à renforcer la mise en œuvre des programmes annuels de la Fondation dans les 48 sections africaines, notamment en matière de gouvernance, d’organisation de colloques, d’activités éducatives, de concours, de solidarité et d’actions de communication.

La session prévoit également la présentation du rapport d’activité 2024, une synthèse des programmes 2025 et le plan d’action 2026. En marge des travaux, une cérémonie rend hommage à quatre grandes figures scientifiques africaines, en reconnaissance de leur contribution au service du Coran, du Hadith et du patrimoine islamique. Les lauréats des concours 2025 seront également célébrés, parmi lesquels les gagnants du Concours coranique, du Concours du Hadith, du Prix des manuscrits islamiques africains et du Prix de la recherche sur les constantes religieuses.

 La Fondation, un pilier de la coopération religieuse africaine

Intervenant à l’ouverture, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a rappelé que la Fondation constitue un pilier essentiel pour la protection des constantes religieuses africaines et la consolidation de la coopération spirituelle.

Fruit d’une initiative royale visionnaire, l’institution commence à porter pleinement ses fruits. Elle s’inscrit dans la continuité d'une tradition séculaire durant laquelle les Souverains alaouites ont entretenu un lien spirituel fort avec les nations africaines. Le choix de Fès comme siège de la Fondation, a souligné M. Toufiq, atteste du rôle historique de la ville comme carrefour du savoir islamique et comme centre rayonnant vers le continent.

Le ministre a rappelé que de nombreux pays africains ont, au cours des cinq dernières décennies, été exposés à des influences doctrinales étrangères qui ont parfois fragilisé leurs rites et nourri l’extrémisme. La création d’une institution scientifique commune est venue répondre à ce besoin d’accompagnement, de coordination et de reconstruction doctrinale.

La Fondation joue aujourd’hui un rôle clé dans la lutte contre l’extrémisme, la préservation du Coran et du Hadith, ainsi que dans l’encadrement religieux selon les constantes communes. Elle a organisé des concours coraniques d’envergure, distribué des exemplaires du Coran Mohammadi, et supervisé des compétitions de mémorisation du Hadith auxquelles ont participé des milliers de jeunes africains.

Le ministre a également insisté sur le succès du modèle marocain de formation des imams. Plus de 1.500 imams, morchidines et morchidates africains ont déjà été formés à l’Institut Mohammed VI, tandis qu’un millier d’autres sont en formation. Les demandes croissantes des pays africains témoignent de la confiance accordée à l’expertise marocaine.

Une coopération religieuse tournée vers la réforme et l’ouverture

Les échanges entre le Maroc et les sections africaines de la Fondation ne se limitent pas à la formation des cadres religieux. De nombreux pays sollicitent aujourd’hui le Maroc pour organiser le domaine de la fatwa, s’inspirer de son expérience en matière de gestion des habous, ou encore comprendre les mécanismes de la Zakat à la suite de la récente fatwa du Conseil supérieur des Ouléma.

Pour M. Toufiq, la coopération religieuse doit s’accompagner d’une réforme de la pratique religieuse elle-même. Cela passe par la "rectification de la transmission" (Tasdid Al-Tabligh), une démarche fondée sur l’auto-examen, la conscience de Dieu et la lutte contre les passions personnelles. Les Ouléma marocains ont défini dix priorités dans ce domaine, dont la consolidation de la foi, considérée comme l’axe central de la vie religieuse.

Le ministre a ainsi appelé les responsables des sections africaines à mettre en œuvre la charte de la Fondation, à adopter une gestion financière rigoureuse, et à renforcer l’ouverture envers les fidèles d’autres rites ou religions présents dans leurs pays. Une telle conduite, a-t-il expliqué, accroît la crédibilité de l’institution et renforce son rayonnement continental.

Le rapport moral de la Fondation pour 2024, présenté par son secrétaire général, Mohamed Rkiki, retrace les activités de formation, programmes éducatifs, encadrement religieux, accompagnement scientifique et événements culturels. Les perspectives pour 2025 et 2026 confirment la montée en puissance d’une institution en pleine expansion.

Les travaux de la session s’achèveront par la présentation d’un communiqué final, synthétisant recommandations, orientations et engagements, avec un objectif clair : renforcer la mission spirituelle du Maroc en Afrique, consolider les constantes religieuses partagées et contribuer à la sécurité spirituelle du continent.

Fès dans son rôle ancestral

À travers cette rencontre, Fès retrouve son rôle ancestral de capitale du savoir islamique et de carrefour des intelligences africaines. La Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains y déploie un modèle de coopération fondé sur la connaissance, l’équilibre doctrinal, la modération et l’amitié spirituelle.

Le Maroc poursuit ainsi une œuvre structurante : accompagner les sociétés africaines dans un renouveau religieux fondé sur l’éthique, la science, le partage et la paix.

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