Industrie marocaine : climat des affaires stable en fin 2025, investissement attendu en reprise, selon BAM

Industrie marocaine : climat des affaires stable en fin 2025, investissement attendu en reprise, selon BAM

Les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib confirment une perception relativement sereine de l’environnement économique par les industriels. Toutes les branches d’activité ont qualifié le climat général des affaires de « normal » au dernier trimestre de 2025

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Au quatrième trimestre 2025, le climat général des affaires dans l’industrie marocaine est jugé « normal » par la majorité des entreprises, selon la dernière enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib. Derrière cette appréciation globalement rassurante, les indicateurs dessinent une activité en phase de stabilisation, marquée par des conditions d’approvisionnement maîtrisées, des effectifs globalement inchangés et un accès au crédit jugé fluide. Signe encourageant pour 2026, les industriels anticipent toutefois un redémarrage de l’investissement dans l’ensemble des branches.

Un climat des affaires jugé équilibré

Les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib confirment une perception relativement sereine de l’environnement économique par les industriels. Toutes les branches d’activité ont qualifié le climat général des affaires de « normal » au dernier trimestre de 2025, traduisant une phase de consolidation après plusieurs périodes marquées par des chocs externes et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement.

Les conditions d’approvisionnement ont, elles aussi, été jugées globalement normales. Dans l’agroalimentaire et la chimie-parachimie, les industriels n’ont signalé aucune difficulté particulière. Le textile et cuir a même bénéficié de conditions qualifiées de « faciles », tandis que la mécanique et la métallurgie demeurent le seul segment à faire état de contraintes plus marquées, qualifiées de « difficiles ». Cette hétérogénéité sectorielle reflète des dynamiques propres à chaque filière, liées à la nature des intrants et à la dépendance aux marchés internationaux.

Emploi industriel : une phase de stabilisation

Sur le front de l’emploi, la tendance dominante reste celle de la stagnation. Dans l’agroalimentaire et le textile et cuir, les effectifs sont demeurés globalement inchangés. La mécanique et la métallurgie enregistrent une situation similaire, avec 90 % des entreprises déclarant une stabilité des effectifs et seulement 10 % signalant une hausse.

La chimie et parachimie affichent, en revanche, un tableau plus contrasté. Si près des trois quarts des industriels y constatent une stabilité, 17 % relèvent une baisse des effectifs, traduisant des ajustements internes ou des arbitrages liés à la conjoncture.

Pour le premier trimestre 2026, les perspectives apparaissent légèrement plus favorables. Les entreprises anticipent une hausse des effectifs dans la plupart des branches, à l’exception de la mécanique et métallurgie, où une contraction est envisagée. Cette projection suggère une prudence persistante dans certains segments industriels plus sensibles aux cycles économiques.

Coûts de production : stabilité dominante, tensions sectorielles

Les coûts unitaires de production ont majoritairement évolué de manière modérée. Selon l’enquête, 67 % des industriels indiquent une stagnation, tandis que 20 % font état d’une hausse. Cette augmentation est plus marquée dans le textile et cuir, où 30 % des entreprises déclarent une progression des coûts, et dans la chimie et parachimie, avec 24 %.

À l’inverse, la mécanique et métallurgie se distingue par une tendance à la baisse des coûts pour 44 % des entreprises, ce qui peut traduire des ajustements de production, des gains de productivité ou une évolution favorable des prix de certaines matières premières. Dans l’agroalimentaire, la stabilité des coûts demeure la norme.

Trésorerie des entreprises : une situation globalement saine

La situation de trésorerie apparaît globalement maîtrisée. Au T4 2025, 85 % des entreprises industrielles la qualifient de « normale », tandis que 11 % la jugent « difficile ». Dans l’agroalimentaire, cette répartition est similaire, avec 87 % de situations jugées normales. La mécanique et métallurgie affiche également une majorité d’entreprises en situation confortable, même si 17 % signalent des tensions.

Dans la chimie-parachimie et le textile et cuir, la trésorerie est majoritairement considérée comme normale, traduisant une capacité de gestion relativement stable des flux financiers malgré un contexte international incertain.

Accès au crédit : un environnement financier jugé favorable

L’accès au financement bancaire constitue l’un des indicateurs les plus positifs de cette enquête. Pas moins de 93 % des industriels estiment que l’accès au crédit est « normal », et ce dans presque toutes les branches. Seul le secteur du textile et cuir se distingue par une part de 14 % d’entreprises jugeant cet accès « difficile ».

Le coût du crédit, quant à lui, est resté globalement stable. Dans la mécanique et métallurgie, 88 % des entreprises constatent une stagnation et 12 % une baisse. L’agroalimentaire affiche une configuration similaire, avec 72 % de stabilité et 20 % de baisse. En revanche, la chimie-parachimie et le textile et cuir enregistrent des hausses plus notables, respectivement pour 8 % et 37 % des entreprises.

Investissement : une attente de reprise en 2026

Les dépenses d’investissement ont globalement stagné au quatrième trimestre 2025. Cette tendance masque toutefois des évolutions contrastées selon les secteurs. L’agroalimentaire et la chimie-parachimie ont enregistré une progression des investissements, traduisant des stratégies de modernisation ou d’extension de capacités. Le textile et cuir est resté dans une logique d’attentisme, tandis que la mécanique et métallurgie a connu un recul des dépenses.

En matière de financement, les entreprises ont majoritairement privilégié les fonds propres, qui représentent 66 % des sources de financement, contre 34 % provenant du crédit bancaire. Cette structure reflète une certaine prudence des industriels et une volonté de limiter l’endettement.

Pour les trois prochains mois, les perspectives sont nettement plus optimistes. L’ensemble des branches anticipe une hausse des investissements, signe d’une confiance progressive dans l’évolution de la demande et dans la stabilité macroéconomique.

Une industrie en phase de transition

L’enquête de Bank Al-Maghrib dresse ainsi le portrait d’un secteur industriel en phase de transition. La stabilité du climat des affaires et la fluidité de l’accès au financement constituent des signaux positifs, mais la stagnation de l’emploi et des investissements au T4 2025 rappelle la persistance de certaines incertitudes.

La dynamique attendue en 2026, portée par une reprise annoncée des investissements et une amélioration prévue de l’emploi dans plusieurs branches, pourrait marquer un tournant. Elle dépendra toutefois de l’évolution des marchés internationaux, du coût de l’énergie et des matières premières, ainsi que de la capacité des entreprises à renforcer leur compétitivité.

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