Inondations : anticipation et accélération les chantiers de protection

Inondations : anticipation et accélération les chantiers de protection

« Le barrage destiné à protéger Safi n’a reçu qu’un volume limité, environ 200.000 mètres cubes, alors que sa capacité atteint 3,5 millions de mètres cubes. Les pluies s’étant concentrées à l’intérieur même du tissu urbain, l’ouvrage n’a pas pu jouer pleinement son rôle de régulation. Pour éviter la répétition de tels scénarios, le ministère de l’Équipement a lancé une étude spécifique afin d’identifier les solutions techniques et urbanistiques adaptées » (Nizar Baraka) / Photo AFP

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Face à la recrudescence des phénomènes climatiques extrêmes, le ministère de l’Équipement et de l’Eau déclaré changer d’échelle dans la prévention des inondations. Devant la Chambre des représentants, le ministre Nizar Baraka a détaillé une stratégie articulée autour de l’anticipation, de la modernisation des outils de vigilance et de l’accélération des projets de protection sur l’ensemble du territoire.

Un pays exposé à des risques climatiques contrastés

Répondant à une question orale sur les mesures proactives face aux inondations, le ministre a rappelé que le Maroc fait face à une alternance de sécheresses prolongées et d’épisodes pluvieux intenses. Cette variabilité climatique accroît la vulnérabilité de plusieurs régions, notamment urbaines, et impose une adaptation rapide des politiques publiques.

Au cours des dix derniers jours, les chutes de neige et les précipitations ont permis d’enregistrer environ 482 millions de mètres cubes supplémentaires dans les retenues des barrages. Le taux de remplissage national avoisine désormais 34 pour cent, un niveau jugé significatif dans le contexte hydrique actuel. Selon le ministre, ces apports couvrent les besoins cumulés de régions clés comme Fès-Meknès, Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra et l’Oriental, soulignant à la fois l’importance stratégique des barrages et la nécessité d’une gestion fine des ressources.

Le cas de Safi, révélateur de nouvelles contraintes

Évoquant les inondations récemment enregistrées à Safi, Nizar Baraka a expliqué que le barrage destiné à protéger la ville n’a reçu qu’un volume limité, environ 200.000 mètres cubes, alors que sa capacité atteint 3,5 millions de mètres cubes. Les pluies s’étant concentrées à l’intérieur même du tissu urbain, l’ouvrage n’a pas pu jouer pleinement son rôle de régulation.

Pour éviter la répétition de tels scénarios, le ministère a lancé une étude spécifique afin d’identifier les solutions techniques et urbanistiques adaptées. Des mesures préventives sont prévues, de même que la réalisation de nouveaux ouvrages de protection, dans une approche plus intégrée tenant compte des spécificités locales.

Vigilance, cartographie et alerte précoce

Le ministre a également mis en avant le déploiement d’un dispositif national de sensibilisation et de veille, fondé sur l’émission régulière de bulletins d’alerte précoce. À Safi, des alertes avaient été diffusées les 8 et 9 décembre, appuyées par une plateforme numérique dédiée, offrant une carte de vigilance actualisée quotidiennement.

Autre chantier structurant : la révision complète de l’Atlas des zones exposées aux inondations. Jugé obsolète face aux effets du changement climatique, l’ancien référentiel sera remplacé par une cartographie actualisée, attendue pour l’année prochaine. L’objectif est d’identifier précisément les zones à risque afin d’anticiper les épisodes de fortes précipitations et d’adapter les plans d’aménagement.

Des projets étendus à l’échelle nationale

Entre 2021 et 2025, 33 projets de protection contre les inondations ont été réalisés dans plusieurs provinces, du nord au sud du Royaume. Quinze nouveaux projets sont en cours de lancement, tandis qu’un programme supplémentaire sera élaboré dès l’année prochaine par les agences des bassins hydrauliques.

Enfin, Nizar Baraka a souligné l’efficacité des systèmes d’alerte précoce, citant l’exemple de la région d’Ourika où leur activation, en août dernier, a permis d’éviter toute perte humaine. Un signal fort, selon lui, de la pertinence des efforts engagés pour faire face aux risques climatiques à venir.

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