Justice territoriale et État social à la Chambre des conseillers

Justice territoriale et État social à la Chambre des conseillers

Le Programme de réduction des disparités territoriales et sociales n’est pas une démarche technique isolée, mais une expérience de gouvernance à part entière. Conçu pour corriger des inégalités parfois enracinées depuis plusieurs décennies, il place les zones rurales et montagneuses au cœur de l’action publique.

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Devant la Chambre des Conseillers, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a livré un panorama des avancées en matière de réduction des disparités territoriales, d’accès aux services publics et de consolidation de l’État social. Cette dynamique se traduit, selon m. Akhannouch, par des transformations visibles dans les zones rurales, un investissement public inédit et la mise en œuvre progressive du système national d’aide sociale directe.

Un programme territorial devenu modèle de gouvernance

Aziz Akhannouch a souligné que le Programme de réduction des disparités territoriales et sociales n’est pas une démarche technique isolée, mais une expérience de gouvernance à part entière. Conçu pour corriger des inégalités parfois enracinées depuis plusieurs décennies, il place les zones rurales et montagneuses au cœur de l’action publique. L’objectif est clair : améliorer l’inclusion sociale, offrir de nouvelles opportunités économiques et faciliter l’accès des femmes rurales à la formation et à l’emploi.

Les chiffres témoignent de cette montée en puissance. En matière de désenclavement, 26.509 kilomètres de routes et pistes rurales ont été aménagés, et 223 ouvrages d’art construits ou rénovés. Résultat : le nombre de communes correctement reliées aux infrastructures routières est passé de 791 en 2016 à 1.104 en 2023, une progression de 40 %. L’accès à l’eau potable a connu une évolution comparable. Avec 32.000 opérations de raccordement, 725 systèmes d’alimentation et près de 1.000 kilomètres de réseau supplémentaires, le nombre de communes bien desservies a augmenté de 20 % en sept ans.

L’électrification rurale avance également : 1.135 douars sont désormais alimentés, et plus de 1.137 kilomètres de réseau ajoutés. Quant à l’éducation, 4.142 opérations de construction ou réhabilitation d’établissements ont été réalisées, accompagnées de 1.508 bus scolaires et de 139 programmes d’équipement. Les communes offrant un service éducatif de qualité sont ainsi passées de 614 à 773, confirmant le rôle central de l’école dans la réduction des écarts territoriaux.

Dans le secteur de la santé, les efforts sont tout aussi significatifs : 987 opérations d’infrastructures médicales, 884 actions d’équipement et 820 ambulances ont permis à 721 communes d’accéder à des services de santé de qualité, contre 480 en 2016. Pour Aziz Akhannouch, ces résultats constituent un saut qualitatif majeur, portant à 743 le nombre de communes disposant aujourd’hui de tous les services de base, soit une hausse de 48 %.

Centres ruraux pilotes : le PLF-2026 accélère la transformation des territoires

Le Chef du gouvernement a détaillé l’ambition du PLF-2026 : créer des centres ruraux capables de devenir de véritables pôles de convergence. Ces espaces regrouperont infrastructures, services publics essentiels, investissements privés et opportunités d’emploi, dans une logique d’intégration territoriale.

Aziz Akhannouch a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre du “Programme national pour le développement des centres ruraux émergents”, déjà déployé sur 77 localités à l’échelle nationale. L’objectif est clair : réduire les disparités territoriales en dotant les zones rurales d’une offre équilibrée, adaptée à leurs spécificités et capable de valoriser leurs potentiels.

Le Chef du gouvernement a également mis en avant la baisse significative de la pauvreté multidimensionnelle au Maroc, passée de 11,9 % en 2014 à 6,8 % en 2024. Cette progression reflète, selon lui, l’impact des Hautes Orientations Royales en matière d’équité spatiale, de compétitivité régionale et de cohésion sociale.

Aziz Akhannouch a insisté sur l’importance de considérer les villages, les montagnes et les oasis comme des espaces de mémoire et d’identité, méritant des politiques publiques adaptées et ambitieuses. La nouvelle génération de programmes territoriaux repose ainsi sur une lecture fine des besoins de chaque région afin de transformer les ressources locales en véritables moteurs de développement.

Cette stratégie, a-t-il souligné, amorce une nouvelle étape de justice territoriale, répondant aux attentes légitimes des citoyens et consolidant la vision royale d’un développement équilibré et inclusif.

Un État social consolidé et un investissement public croissance

Le Chef du gouvernement a rappelé que depuis le début du mandat, l’exécutif s’attache à rapprocher les services publics des citoyens, dans une logique d’équité territoriale et de cohésion sociale. L’investissement public illustre cette orientation : +86,8 % entre 2020 et 2025, pour atteindre près de 380 milliards de dirhams l’année prochaine. Une dynamique qui contribue directement à l’amélioration des indicateurs sociaux.

Dans l’éducation, le taux de scolarisation atteint désormais 83 % en préscolaire, 100 % dans le primaire et 80 % dans le collège. Le gouvernement renforce également les dispositifs d’accompagnement : 217.000 élèves bénéficient d’internats, 80.000 de cantines scolaires, et 3,2 millions d’enfants recevront cette année un soutien direct dans le cadre du système d’aide sociale. L’expérience des écoles pionnières, appliquée désormais dans plus de 4.600 écoles et 786 collèges, vise à généraliser un modèle pédagogique fondé sur les apprentissages et la qualité de l’enseignement.

Le secteur de la santé connaît, lui aussi, une transformation profonde. Une nouvelle génération de centres de soins primaires se déploie à travers le Royaume, dont deux tiers dans les zones rurales. Ce maillage renforcé accompagne la généralisation des hôpitaux universitaires, la création de douze centres de transfusion sanguine et l’adoption progressive des Groupements sanitaires territoriaux, destinés à améliorer la répartition de l’offre médicale.

Sur le plan économique, l’exécutif soutient une approche territoriale destinée à accompagner les très petites, petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 90 % du tissu entrepreneurial. L’objectif est de stimuler l’investissement régional et de réduire les inégalités économiques entre les territoires.

La dimension sociale constitue cependant le cœur du projet gouvernemental. Aziz Akhannouch a annoncé l’entrée en vigueur, dès la fin novembre, de la première augmentation du soutien direct destiné aux familles. Les montants ont été définis pour renforcer la protection de l’enfance, en cohérence avec les orientations de la généralisation de la protection sociale. Les trois premiers enfants scolarisés ou de moins de six ans recevront désormais 250 dirhams chacun, contre 175 dirhams pour les enfants non scolarisés. Les orphelins de père bénéficieront de 375 dirhams. Le montant minimal garanti par famille ne pourra être inférieur à 500 dirhams.

Le gouvernement prévoit également de mettre en œuvre une aide spécifique pour les enfants orphelins ou abandonnés, placés en établissements de protection sociale. L’objectif est d’assurer leur inclusion dans la dynamique de l’État social, conformément à la Vision Royale visant à préserver la dignité de chaque citoyen.

Cette réforme majeure couvre déjà quatre millions de familles, soit plus de douze millions de bénéficiaires, dont cinq millions d’enfants. Près d’un million et demi de personnes âgées de plus de 60 ans sont également intégrées dans le système. La mise en œuvre rapide de cette politique témoigne d’une mobilisation institutionnelle sans précédent et d’une cohérence stratégique étendue sur un quart de siècle.

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