Actu
La Chine entre dans l’ère de la commercialisation des ordinateurs quantiques
Le Hanyuan-1 se distingue par sa capacité à fonctionner à température ambiante, contrairement à la plupart des ordinateurs quantiques, qui nécessitent des conditions cryogéniques extrêmes proches du zéro absolu. Cette particularité le rend plus accessible, moins coûteux à entretenir et donc plus apte à être industrialisé.
La Chine vient de franchir une étape majeure dans la course mondiale à l’informatique du futur. En lançant la commercialisation de son premier ordinateur quantique, baptisé Hanyuan-1, Pékin envoie un signal fort : la révolution quantique n’est plus un rêve de laboratoire, mais un marché stratégique en pleine émergence. Alors que les États-Unis, le Japon et plusieurs pays européens ont déjà engagé d’importants investissements dans ce domaine, la Chine s’impose désormais comme un acteur incontournable de la puissance technologique mondiale. Déjà en 2024, la Chine dévoilait son dernier ordinateur Tianyan-504 de China Telecom Quantum Group (CTQG),le plus puissant alors que la Chine ait jamais créé.
Un saut scientifique et industriel
Développé à Wuhan par l’Académie d’innovation pour la science et la technologie de mesure de précision, le Hanyuan-1 utilise 100 atomes neutres contrôlés par des faisceaux laser comme unités de calcul. Contrairement aux ordinateurs classiques, qui traitent l’information à l’aide de bits ne pouvant valoir que 0 ou 1, un ordinateur quantique repose sur les qubits, capables d’exister simultanément dans plusieurs états grâce au principe de superposition. Cette propriété permet des calculs parallèles d’une complexité inédite, ouvrant la voie à des avancées spectaculaires dans la cryptographie, la recherche médicale, la finance ou encore la logistique.
Le Hanyuan-1 se distingue par sa capacité à fonctionner à température ambiante, contrairement à la plupart des ordinateurs quantiques, qui nécessitent des conditions cryogéniques extrêmes proches du zéro absolu. Cette particularité le rend plus accessible, moins coûteux à entretenir et donc plus apte à être industrialisé. La première unité a été livrée à une filiale de China Mobile, tandis qu’une autre a été commandée par le Pakistan, pour un montant global dépassant 40 millions de yuans (environ 5,6 millions de dollars).
Une course mondiale pour la suprématie quantique
La Chine n’est pas seule sur ce terrain d’avant-garde. Les États-Unis, avec Google, IBM et Microsoft, sont à la pointe de la recherche, tout comme le Canada (D-Wave), le Japon (Toshiba, Fujitsu), et plusieurs pays européens à travers des programmes financés par l’Union européenne. IBM commercialise déjà des services de calcul quantique via le cloud, tandis que Google revendique avoir atteint la « suprématie quantique » en 2019, en effectuant en quelques secondes une opération qu’un superordinateur classique aurait mis des millénaires à résoudre.
Avec le Hanyuan-1, la Chine rejoint ce club restreint. Elle prépare déjà un centre d’informatique quantique atomique destiné à mutualiser la puissance de calcul au profit d’industriels, de laboratoires et d’universités. Ses applications s’étendent de la modélisation de molécules pharmaceutiques à la conception de nouveaux matériaux, en passant par la cybersécurité et les systèmes d’optimisation logistique.
L’entrée de la Chine dans la phase commerciale du quantique marque un tournant géopolitique autant que technologique. Pékin ne se contente plus de rattraper : elle veut désormais devancer et définir les standards du futur.