La Réunion de haut niveau Maroc-Espagne confirme in partenariat stratégique

La Réunion de haut niveau Maroc-Espagne confirme in partenariat stratégique

À l’arrivée des deux chefs de gouvernement à la Moncloa, les hommages militaires, la revue du bataillon mixte et l’exécution des hymnes ont rappelé la solennité d’une relation désormais structurée autour d’une confiance politique assumée

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La 13ᵉ Réunion de haut niveau Maroc-Espagne marque une nouvelle étape dans la consolidation d’un partenariat stratégique fondé sur la confiance, la clarté et la continuité politique. Entretiens bilatéraux, signatures d’accords structurants, coopération interinstitutionnelle et convergence diplomatique ont rythmé une séquence décisive pour les deux pays, engagés dans une logique d’intégration euro-méditerranéenne et atlantique.

Une relation encadrée par une vision royale convergente

Depuis la feuille de route d’avril 2022, les relations maroco-espagnoles se sont installées dans un cadre stable, lisible et durable. Lors de leur entretien à Madrid, Aziz Akhannouch et Pedro Sánchez ont rappelé que cette dynamique s’inscrit directement dans la vision des deux Chefs d’État, le Roi Mohammed VI le Roi Felipe VI, qui ont donné à ce partenariat un sens stratégique inédit.

Les deux responsables ont souligné que la tenue de la 13ᵉ Réunion de haut niveau n’est pas un simple exercice diplomatique, mais un symbole politique puissant : celui d’une relation qui s’évalue, se projette et s’approfondit régulièrement. Dix ans après la réunion de 2015, les deux gouvernements ont exprimé leur volonté de maintenir un rythme soutenu de concertation, incluant une évaluation à mi-parcours de la feuille de route.

À leur arrivée à la Moncloa, les hommages militaires, la revue du bataillon mixte et l’exécution des hymnes ont rappelé la solennité d’une relation désormais structurée autour d’une confiance politique assumée. Cette confiance s’illustre dans l’ensemble des dossiers stratégiques : coopération sécuritaire, questions migratoires, développement économique, coordination régionale et convergence diplomatique sur la question du Sahara marocain.

Une relation clarifiée et structurée

Lors de la séance d’ouverture, Aziz Akhannouch a insisté sur le fait que la relation maroco-espagnole repose aujourd’hui sur « des paramètres politiques explicites » et un dialogue stable. Depuis 2022, les ambitions fixées se sont traduites par un cadre opérationnel accompagné d’une coordination continue. Cette transformation, selon le Chef du gouvernement, a permis de passer d’une coopération ponctuelle à une coopération structurante, portée par la clarté, la cohérence et la continuité.

Le partenariat s’est surtout consolidé autour d’une convergence stratégique sur le dossier du Sahara marocain. M. Akhannouch a salué la constance de la position espagnole, alignée sur les résolutions du Conseil de sécurité et reconnaissant l’initiative d’autonomie comme base sérieuse, réaliste et crédible. Cette position constitue « un élément essentiel de confiance et un facteur structurant pour la stabilité régionale ».

Dans un contexte international traversé par les tensions géopolitiques, l’incertitude économique et les mutations technologiques, Rabat et Madrid entendent renforcer leur capacité commune d’anticipation. Les deux gouvernements estiment que la continuité politique, la cohérence stratégique et la coordination diplomatique sont les fondements indispensables pour faire face aux chocs exogènes et préserver les intérêts conjoints.

Une convergence économique confirmée

L’Espagne demeure, pour la dixième année consécutive, le premier partenaire commercial du Maroc. Les liens humains — près d’un million de Marocains résidant en Espagne et une communauté espagnole active au Maroc — illustrent aussi l'imbrication étroite des deux sociétés. Cette dimension humaine nourrit un espace économique intégré et renforce la stabilité des échanges.

Dans leurs échanges, les deux Chefs de gouvernement ont souligné que le contexte mondial impose une adaptation constante des stratégies économiques. La coordination maroco-espagnole dans les secteurs industriel, énergétique, commercial et technologique devient ainsi un levier central pour renforcer la compétitivité des deux pays.

Par ailleurs, l’organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal symbolise une convergence de long terme, unissant les trois nations dans un projet structurant, tourné vers la jeunesse, le sport et la modernisation des infrastructures.

Une coopération structurante et multidimensionnelle

Dans une interview à l’agence EFE, Nasser Bourita a salué « l’excellence » des relations maroco-espagnoles, illustrées par une coopération exemplaire en matière de lutte antiterroriste, de gestion de l’immigration irrégulière et d’échanges économiques. L’Espagne reste le premier partenaire commercial du Maroc, tandis que la coordination sécuritaire est considérée comme un modèle régional. Le ministre a souligné que ce rapprochement est rendu possible par « l’engagement » de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, qui ont impulsé un cadre politique stable et lisible. La réussite de la 13e Réunion de Haut Niveau en est la dernière illustration, notamment par la signature de 14 nouveaux accords et l’ouverture de nouveaux axes de coopération.

Des accords structurants pour une coopération durable

Au cœur de cette rencontre, le Maroc et l’Espagne ont signé une série d'accords qui couvrent un large spectre de domaines, consolidant un partenariat multidimensionnel.

En diplomatie, trois mémorandums d’entente portent sur la politique étrangère féministe, la formation des jeunes diplomates et la mobilité formative. Ces outils renforcent le dialogue institutionnel et l’apprentissage mutuel entre les appareils diplomatiques.

Sur le plan institutionnel, une déclaration d’intention vise la modernisation de l’Imprimerie Officielle marocaine grâce à l’expertise espagnole, notamment en matière de digitalisation, de gestion documentaire et d’indicateurs de performance.

Un autre MoU, dédié au patrimoine documentaire, porte sur la numérisation, la préservation numérique et l’accès en ligne aux archives, illustrant une volonté commune d’adapter les institutions publiques à l’ère numérique.

Justice, fiscalité et société : une coopération en profondeur

Le volet judiciaire a franchi une étape décisive avec un accord sur l’échange électronique des demandes d’entraide internationale. Il prévoit la mise en place de plateformes sécurisées et d’un groupe de travail chargé de définir les capacités technologiques et juridiques nécessaires à cette modernisation.

En économie, un MoU en matière fiscale a été signé par Nadia Fettah Alaoui. Il porte sur l’échange d’expertise en assiette, contrôle et recouvrement, ainsi que sur l’adaptation aux réformes internationales et aux nouvelles technologies.

La lutte contre les discours de haine, en particulier ceux visant les travailleurs migrants, fait désormais l’objet d’une déclaration conjointe entre les deux pays. Ce texte adopte une approche globale et continue, mêlant prévention, détection et action.

Sur le plan social, la protection sociale et la sécurité sociale font l’objet d’une prolongation du cadre de coopération existant, afin de moderniser la gouvernance et de renforcer la coordination institutionnelle.

Science, agriculture et pêche : l’élargissement des champs de coopération

Dans le domaine scientifique, un accord entre le CNRST et l’Institut Géographique National espagnol encadre une coopération renforcée sur la sismicité, la géodynamique, la structure lithosphérique et les systèmes d’alerte aux tremblements de terre et tsunamis.

L’agriculture et la pêche, secteurs stratégiques pour les deux pays, sont au cœur de nouveaux accords. L’agroécologie, la modernisation des exploitations, la souveraineté alimentaire et l’échange d’expertise technique sont désormais structurés dans un MoU signé par Ahmed El Bouari et Luis Planas. En matière de pêche maritime, les deux pays s’engagent à renforcer la surveillance, la lutte contre la pêche illicite et la digitalisation des certificats de capture.

Éducation, culture et sport : le rapprochement des sociétés

Un accord clé a été signé sur l’enseignement de la langue arabe et de la culture marocaine dans les établissements espagnols au Maroc. Il encadre les conditions de mise à disposition des enseignants marocains et renforce le pont culturel entre les deux sociétés.

Un mémorandum sur le sport a également été signé, incluant la lutte contre le dopage, la prévention du harcèlement, l’inclusion des personnes en situation de handicap et l’échange d’expertise à travers des séminaires et formations.

Une dynamique bilatérale en pleine expansion

L’ensemble des accords signés témoigne d’une volonté partagée d’approfondir un partenariat stratégique qui dépasse la simple coopération. Il s’agit d’une convergence politique, économique, sociale et culturelle, fondée sur la confiance mutuelle, la réciprocité et une vision commune de la stabilité régionale.

La 13e Réunion de Haut Niveau marque ainsi une étape supplémentaire dans une relation devenue essentielle pour la Méditerranée occidentale et l’Atlantique, à l’heure où les défis géopolitiques, énergétiques et migratoires imposent une coordination accrue.

Le Maroc et l’Espagne confirment leur ambition de bâtir un espace partagé de prospérité, de sécurité et d’innovation, dans un esprit de partenariat durable.

Une coopération économique et sociale renforcée par les Conseils économiques et sociaux

La signature d’un accord-cadre entre le CESE marocain et le CES espagnol ouvre une nouvelle étape dans la coopération institutionnelle. Les deux Conseils travailleront sur la transition énergétique, la gestion de l’eau, l’employabilité des jeunes, la migration, la gouvernance territoriale et le logement.

La mission de M. Amara, président du CESE à Madrid a permis d’approfondir le dialogue sur les enjeux euro-méditerranéens et d’exposer l’expérience marocaine, notamment en matière de gouvernance de l’eau et de participation citoyenne.

Les deux présidents ont souligné la nécessité d’un partenariat structuré et durable, capable d’éclairer l’action publique et de soutenir les politiques régionales.

Des deux côtés, on note que la 13ᵉ Réunion de haut niveau Maroc-Espagne confirme l’installation d’un partenariat stratégique mature, fondé sur la clarté diplomatique, la continuité institutionnelle et la convergence économique. Les accords signés, la densité des échanges ministériels et le rôle accru des institutions économiques et sociales montrent que la relation bilatérale entre dans une phase de structuration profonde, au service d’une stabilité régionale et d’un développement partagé.

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