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L’Afrique trace la voie d’une souveraineté financière nouvelle
Les intervenants ont plaidé pour une harmonisation des cadres réglementaires, une meilleure interopérabilité des systèmes financiers et une gouvernance renforcée. L’objectif : fluidifier la circulation du capital, créer des marchés intégrés et bâtir une architecture de confiance entre acteurs publics et privés.
Casablanca – La 5e édition de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS) s’est conclue à Casablanca sur un message fort : l’Afrique doit reprendre la maîtrise de son destin économique en bâtissant une souveraineté financière fondée sur la confiance, l’intégration et l’innovation. Durant deux jours, plus de 1.200 décideurs, banquiers, régulateurs et acteurs de la finance ont réfléchi à un modèle qui permette au continent de financer sa propre croissance, en misant sur ses ressources, son capital humain et ses talents numériques.
Un continent en quête d’autonomie
Le sommet avait pour thème "Notre capital, notre puissance". Les participants ont souligné que l’Afrique dispose déjà d’un levier majeur : son épargne institutionnelle estimée à plusieurs milliers de milliards de dollars. Mal canalisée, elle reste pourtant sous-exploitée. L’enjeu est donc d’orienter ces ressources vers des projets productifs, notamment dans les infrastructures, l’énergie, la santé et la transformation industrielle.
Les intervenants ont plaidé pour une harmonisation des cadres réglementaires, une meilleure interopérabilité des systèmes financiers et une gouvernance renforcée. L’objectif : fluidifier la circulation du capital, créer des marchés intégrés et bâtir une architecture de confiance entre acteurs publics et privés.
L’intelligence artificielle, accélérateur de souveraineté
La digitalisation et l’intelligence artificielle (IA) ont dominé les débats. Gouverneurs de banques centrales et experts s’accordent : l’Afrique doit s’approprier ses données et adopter massivement l’IA pour accroître sa productivité, dynamiser ses PME et améliorer la gestion du risque. André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo, a appelé à transformer les ressources naturelles du continent sur place grâce à la technologie. Jean-Claude Kassi Brou, de la BCEAO, a insisté sur la créativité des banques pour mobiliser les ressources locales. Michael Atingi-Ego, de la Banque centrale d’Ouganda, a salué le rôle des fintechs et de la finance verte pour soutenir l’inclusion et les petites entreprises.
Parallèlement, le président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, Brahim Benjelloun Touimi, a mis en garde contre les risques d’une intégration inachevée : « La réussite ne se limite pas à la connectivité technique. Elle exige une gouvernance transparente et une gestion durable du risque ».
Une ambition partagée : financer la croissance par l’Afrique
Les discussions ont convergé vers une conviction commune : la souveraineté financière africaine passera par la formation, l’innovation et la mutualisation. Les experts ont appelé à développer des instruments financiers verts, des mécanismes régionaux d’assurance et des politiques d’investissement responsables. L’AFIS a aussi rappelé que la jeunesse africaine, forte de sa créativité et de sa maîtrise du numérique, constitue la première ressource du continent.
En clôture, la cérémonie des AFIS Awards, organisée avec Forvis Mazars, a rendu hommage aux institutions et dirigeants qui portent cette ambition d’une Afrique autonome et durable.
L’édition 2025 de l’AFIS aura ainsi consacré une idée essentielle : l’avenir de l’Afrique dépend de sa capacité à concevoir ses propres solutions, à unifier ses marchés et à transformer son capital en puissance collective.