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Le Maroc en Brèves : diplomatie sécuritaire, vision migratoire, transition énergétique et initiatives sociales…
Abdelouafi Laftite, ministre de l’Intérieur marocain avec son homologue français e Laurent Nuñe
Entre rencontres diplomatiques, participation aux grands forums internationaux et lancements d’infrastructures locales : Coopération sécuritaire, gouvernance migratoire, accès universel à l’électricité, d’amélioration de l’offre de soins ou de promotion de l’économie solidaire, au menu des Brèves de ce jour.
Une diplomatie sécuritaire renforcée entre Rabat et Paris
À Marrakech, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit s’est entretenu avec son homologue français, Laurent Nuñez, dans un contexte marqué par la nécessité d’une coopération sécuritaire accrue. Les deux responsables ont revisité l’ensemble des dossiers d’intérêt commun, confirmant la solidité d’un partenariat fondé sur la confiance, l’échange permanent et une convergence stratégique durable.
Les discussions ont été l’occasion de réaffirmer la pertinence de la Déclaration de partenariat d’exception renforcé, signée en octobre 2024 par le Roi Mohammed VI et le président Emmanuel Macron. Cette feuille de route continue de structurer les relations bilatérales, notamment dans les domaines de la migration et de la lutte contre les réseaux criminels.
La question migratoire a occupé une place centrale dans les échanges. Les deux ministres ont ainsi salué le rôle stratégique du Groupe Migratoire Mixte Permanent (GMMP), devenu un espace de coordination efficace pour gérer les flux migratoires, prévenir les déplacements irréguliers et lutter contre les filières exploitant la détresse humaine. Cette plateforme permet également d’aligner les politiques respectives, de mieux anticiper les évolutions régionales et de renforcer une lecture commune des priorités.
À l’issue de la rencontre, Laurent Nuñez a souligné l’excellence du partenariat sécuritaire liant la France au Maroc, insistant sur un niveau de coopération qu’il qualifie de « très élevé ». Selon lui, la collaboration entre les deux pays couvre un large champ allant de la lutte contre le terrorisme à la sécurité civile, en passant par la criminalité organisée. Le ministre français a réitéré sa volonté de renforcer davantage cette coopération, convaincu que les défis sécuritaires actuels requièrent une coordination exemplaire entre Rabat et Paris, notamment face aux menaces croissantes dans la zone sahélo-saharienne.
Une vision africaine de la migration au cœur du Sommet UA-UE
À Luanda, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, représentant le Roi Mohammed VI au 7ᵉ Sommet UA-UE, a porté un message clair : la migration ne doit pas être perçue comme un fardeau, mais comme un potentiel. Cette vision marocaine, inscrite dans la durée, rompt avec les logiques de politisation et d’instrumentalisation qui dominent encore trop souvent le débat international.
Nizar Baraka a rappelé que, selon le Roi Mohammed VI, Leader de l’Union Africaine sur la question migratoire, la mobilité humaine doit être considérée comme une opportunité mutuellement bénéfique. Il a plaidé pour une transformation du partenariat UA-UE, appelant à aligner engagements politiques et investissements financiers.
Pour concrétiser cette ambition, le ministre a mis en avant la nécessité de renforcer les structures africaines, à commencer par l’Observatoire Africain des Migrations basé à Rabat. Cet outil, a-t-il indiqué, doit devenir une référence continentale en matière de données, d’analyses et d’anticipation pour guider les politiques migratoires.
Nizar Baraka a également interpellé les partenaires européens sur l’urgence d’élargir les voies légales de mobilité, notamment pour les chercheurs, les travailleurs qualifiés ou les entrepreneurs africains. Selon lui, seule une mobilité régulière, sécurisée et co-construite permettra d’endiguer les filières criminelles liées aux réseaux de trafic, souvent eux-mêmes connectés à des groupes terroristes ou séparatistes.
Cette vision s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et dans les Objectifs de Développement Durable. En plaçant la jeunesse africaine au centre des priorités, le Maroc œuvre à une approche équilibrée qui conjugue stabilisation, prospérité partagée et mobilité organisée.
Électrification : un modèle marocain qui inspire le continent
À Rabat, dans le cadre de la Journée Mission 300 organisée en marge de l’Africa Investment Forum, le directeur général de l’ONEE, Tarik Hamane, est revenu sur les progrès exceptionnels du Royaume en matière d’accès à l’électricité. En moins de trois décennies, le taux d’électrification est passé de 16 % à 99,9 %, positionnant le Maroc parmi les pays les plus avancés d’Afrique, mais aussi du monde, dans ce domaine.
Le responsable a attribué cette réussite au Programme National d’Électrification Rurale (PNER), salué comme l’un des chantiers les plus ambitieux de la transition énergétique en milieu rural. Grâce à ce programme, des milliers de villages isolés ont été raccordés, transformant profondément leur développement économique et social.
Tarik Hamane a souligné que cette performance confirme la pertinence de la Mission 300, initiative qui vise à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030. Le Maroc, a-t-il assuré, est pleinement prêt à partager son expertise avec les pays partenaires. Les domaines d’accompagnement couvrent la planification, l’ingénierie, l’exploitation, la gestion des infrastructures ainsi que le renforcement des capacités humaines.
De son côté, Wale Shonibare, directeur de l’énergie à la BAD, a rappelé que la réussite d’une telle ambition repose sur un leadership national fort et sur une mobilisation accrue du secteur privé. L’Africa Investment Forum offre précisément une plateforme de rencontre entre investisseurs internationaux, gouvernements et promoteurs de projets capables de faire progresser l’accès à l’énergie sur le continent.
Mission 300 s’appuie sur les leçons tirées des expériences précédentes en Tanzanie, à Londres ou à New York, et prépare une nouvelle phase lors du Forum africain sur le climat et la mobilité à Johannesburg. Le Maroc y occupe une place de choix, porté par une expérience reconnue et une volonté claire d’accélérer la transition énergétique continentale.
Santé et solidarité : de nouvelles initiatives au service des territoires
Dans la province de Chichaoua, le ministre de la Santé Amine Tehraoui a procédé au lancement des services de l’Hôpital de Proximité d’Imintanout, une infrastructure moderne inscrite dans le cadre de la réforme nationale de la santé. Érigé sur 50.000 m², doté de 45 lits et mobilisant plus de 100 professionnels de santé, l’établissement répond à une demande soutenue des populations locales.
Cet hôpital vise à réduire les disparités territoriales en rapprochant les soins des citoyens, tout en allégeant la pression sur les centres hospitaliers situés à Marrakech ou dans d’autres villes. Il propose une gamme complète de services, de la chirurgie générale à la pédiatrie, en passant par la radiologie, la gynécologie-obstétrique, la réanimation et l’accompagnement social. L’intégration d’un système d’information hospitalier moderne permettra également une meilleure orientation des patients et une gestion optimisée des flux.
À Casablanca, dans l’arrondissement d’Aïn Sebaâ-Hay Mohamadi, la Plateforme des Jeunes de Roches Noires et l’INDH ont inauguré le Salon des Coopératives. Cet événement met à l’honneur des femmes entrepreneures ayant bénéficié d’un accompagnement financier et technique destiné à renforcer leurs projets. Les coopératives exposent une large gamme de produits locaux, allant des cosmétiques aux arts culinaires, en passant par les produits du terroir.
Les organisateurs insistent sur l’importance de promouvoir l’économie sociale et solidaire. Grâce à des formations en gestion, en commercialisation et en soft skills, ces femmes voient leurs compétences renforcées, contribuant ainsi à l’autonomisation économique et à la création d’un impact social durable. Le salon constitue par ailleurs un espace de rencontres, d’échanges et d’inspiration pour les jeunes générations.