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Le Maroc en culture : Caricature, Archives du Maroc, expositions, cinéma et musique
La capitale du Souss-Massa accueillera du 13 au 16 novembre la 8ᵉ édition du Festival international de la caricature en Afrique (FICA), placée cette année sous le thème « Mers et océans : richesse planétaire en danger ».
De Rabat à Agadir, de Guelmim à Bruxelles, la scène culturelle marocaine se déploie avec en ce mois. Entre le Festival international de la caricature en Afrique, l’exposition des Archives Royales sur la Marche Verte, les distinctions théâtrales du FIESAD, les célébrations musicales à Guelmim et le cinéma marocain à Tallinn et Bruxelles rythment els deux première semaines de novembre
Agadir célèbre la satire et la mer : le Festival international de la caricature en Afrique
La capitale du Souss-Massa accueillera du 13 au 16 novembre la 8ᵉ édition du Festival international de la caricature en Afrique (FICA), placée cette année sous le thème « Mers et océans : richesse planétaire en danger ». Véritable tribune d’expression artistique, le festival réunit 419 caricaturistes issus de 72 pays, dont 27 Marocains, autour de 1 227 œuvres illustrant la fragilité écologique de la planète et la puissance du dessin comme arme pacifique.
Organisé par l’Association Atlas de la Caricature et l’hebdomadaire Le Canard Libéré, avec l’appui du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le FICA entend promouvoir la caricature comme vecteur de réflexion et de dialogue interculturel. Cette édition rend hommage à Bouali Mbarek, figure du dessin de presse marocain, et propose deux ateliers pour enfants, confirmant la vocation pédagogique et citoyenne du festival.
Parallèlement à l’exposition, une conférence sur le thème « Musées intelligents, apprenants créatifs : l’ère de l’éducation augmentée par l’art et l’IA » réunira chercheurs et artistes autour des intersections entre création, apprentissage et technologies émergentes. Agadir, ville ouverte sur la mer et sur le monde, s’affirme ainsi comme un carrefour de l’humour graphique et de la conscience écologique.
La mémoire vivante de la Marche Verte : les Archives Royales ouvrent leurs trésors
À Rabat, la Direction des Archives Royales dévoile, du 10 novembre au 10 décembre, une exposition exceptionnelle intitulée « De la Marche Verte à la Marche de développement », à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc. Organisée en partenariat avec la BNRM, cette exposition coïncide avec le 50ᵉ anniversaire de l’épopée nationale et intervient dans un contexte diplomatique favorable, marqué par la résolution du Conseil de sécurité consacrant la marocanité du Sahara.
L’événement rend hommage à la vision de feu Hassan II et à la continuité de l’action royale sous Mohammed VI, en soulignant le passage de la libération à la construction. Les visiteurs y découvrent des documents inédits, des photographies rares, des cartes d’époque, ainsi qu’une scénographie interactive mobilisant l’intelligence artificielle pour revivre les grands moments de l’Histoire nationale.
L’exposition s’articule autour de quatre axes : les dimensions historiques et légitimes de la Marche Verte, la vision royale et le cadre diplomatique, les préparatifs organisationnels et logistiques, et enfin l’union du peuple et du trône. À travers ce parcours immersif, les Archives Royales font dialoguer mémoire et modernité, rappelant que la Marche Verte n’est pas seulement un événement du passé, mais une dynamique de développement qui se poursuit.
Théâtre : le Maroc distingué au FIESAD de Rabat
La 11ᵉ édition du Festival international des écoles supérieures d’art dramatique (FIESAD), clôturée au Théâtre national Mohammed V, a consacré la pièce italienne SCREEN de l’Académie théâtrale de Rome Sofia Amendolea, lauréate du Grand Prix. Mais cette rencontre mondiale du théâtre académique a également mis à l’honneur le talent marocain, avec le Prix d’interprétation féminine décerné ex æquo à Ikram Barkoune pour son rôle dans Métamorphose (ISADAC).
Le palmarès illustre la diversité du théâtre international, du Chili à la Pologne, de la Mauritanie à la Colombie. Le jury, présidé par le dramaturge Mohammed Boubbo, a salué la richesse des expressions scéniques et la force de la jeunesse théâtrale. Le FIESAD, organisé par l’Association Issil, confirme sa place de passerelle culturelle entre continents.
En marge des compétitions, des ateliers sur la voix, le chant et le jeu ont rassemblé étudiants et maîtres venus d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine. Cette plateforme unique promeut le dialogue des écoles, le métissage des pratiques et la reconnaissance du théâtre comme langage universel de l’émotion et de la connaissance.
Guelmim : quand la Marche Verte devient fête musicale
Mercredi soir, Guelmim a vibré au rythme du chaabi, du gnaoui et de la pop marocaine. À l’occasion du 50ᵉ anniversaire de la Marche Verte, la ville a offert une soirée mémorable réunissant trois figures de la scène nationale : Jaylann, Zakaria Ghafouli et Hamid El Kasri.
Jaylann a ouvert le spectacle avec son titre patriotique Ha Wlidi, hymne contemporain à l’unité et à la fierté nationale, avant d’enchaîner avec ses succès populaires Labass et Allo Allo. Ghafouli, fidèle à son style énergique, a galvanisé la foule avec La Tkeber Chane et Bahra Bahra, mêlant émotion et communion. Le public a aussi eu droit à une incursion dans le répertoire sahraoui avec Hassna w Ya Layla, symbole de la diversité culturelle du Royaume.
Enfin, Hamid El Kasri a clôturé la soirée dans une atmosphère spirituelle et vibrante, interprétant les classiques gnaouis Moulay Ahmed et Aicha Hamdouchia. Cette célébration, alliant ferveur patriotique et richesse musicale, a transformé Guelmim en une scène vivante où le Maroc a chanté son histoire et son unité.
Le cinéma marocain à l’honneur : de Tallinn à Bruxelles, un rayonnement confirmé
Le cinéma marocain continue de briller sur la scène internationale. Le film Mira de Nour-Eddine Lakhmari a été sélectionné en compétition officielle du prestigieux Tallinn Black Nights Film Festival en Estonie, l’un des grands rendez-vous mondiaux accrédités par la FIAPF aux côtés de Cannes et Berlin. Ce long métrage, qui marque le retour du cinéaste après Burn Out, raconte l’histoire d’une adolescente du Moyen Atlas en quête de liberté face aux contraintes d’un environnement patriarcal. À travers la nature et la lumière, Lakhmari signe une œuvre poétique et émancipatrice, célébrant la force intérieure et l’espérance.
Parallèlement, le Maroc sera à l’honneur du 25ᵉ Festival du cinéma méditerranéen de Bruxelles (Cinemamed), prévu du 27 novembre au 5 décembre. Cinq films marocains y seront présentés, illustrant la richesse et la diversité de la production nationale. En compétition officielle, Derrière les palmiers de Meryem Benm’Barek explore une passion contrariée entre un Marocain et une expatriée française, sur fond de contrastes culturels. Dans la section RêVolution, Bouchra d’Orian Barki et Meriem Bennani, projeté à Toronto, évoque le déracinement et la création à l’étranger.
Le documentaire L’Mina de Randa Maroufi rend hommage à la mémoire ouvrière de Jerada, tandis que Reines de Yasmine Benkirane, révélé à Venise, revisite les codes du cinéma marocain avec audace et humour. La clôture du Cinemamed sera marquée par la première belge de Calle Malga de Maryam Touzani, candidate du Maroc aux Oscars. Avec une présence forte dans les jurys et les projections, le Royaume s’affirme comme un pilier du cinéma méditerranéen et un acteur majeur du dialogue culturel entre les rives.