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Le Maroc en culture : cinq scènes culturelles et artistiques
Au Qatar, le Maroc s’est brillamment illustré lors de la septième édition de Fashion Trust Arabia, une initiative qui soutient les talents émergents dans la mode, les accessoires et la joaillerie. Lors de la cérémonie présidée par Sheikha Moza bint Nasser, deux Marocains ont été récompensés : Youssef Idrissi pour la catégorie Prêt-à-porter et Leila Roukni pour les Accessoires.
Tétouan, Washington, Doha, Koweït, Murcie : en quelques jours, cinq événements majeurs ont mis en lumière la vitalité du Maroc dans les domaines du cinéma, du patrimoine amazigh, de la mode, de la musique gnaouie et de la diplomatie culturelle. De la jeune création aux diasporas, ces initiatives racontent un pays en mouvement, ouvert, et résolument ancré dans les échanges internationaux.
Tétouan : un festival qui fait dialoguer écoles, recherche et création
La dixième édition du Festival international des écoles de cinéma de Tétouan s’est ouverte dans une atmosphère mêlant effervescence estudiantine et exigence académique. Organisé par Bidayyat et la Faculté des Lettres de Tétouan, en partenariat avec le CCM, l’Institut français et d’autres institutions, le festival a rendu hommage à l’école française La Poudrière, figure majeure du cinéma d’animation, à l’occasion de son vingt-cinquième anniversaire. Deux programmes inédits de films étudiants témoignent cette année d’un niveau remarquablement élevé de recherche, d’expérimentation et d’innovation.
Le festival a également salué le travail de Léa Morin, chercheuse et programmatrice qui explore depuis des années les liens entre archives, formes artistiques et transmission des esthétiques. Deux jeunes réalisateurs, Mohamed Reda Gueznai et Mohamed Akram Nemmassi, ont aussi été mis à l’honneur après leur distinction au Festival national du film de Tanger.
Le jury de cette décennie-anniversaire, présidé par la réalisatrice égyptienne Hala Galal, réunit des profils aux sensibilités complémentaires : la scénariste Violaine Harchin, l’expert en animation Jean-Michel Kibushi et la soprano Samira Kadiri. Pour le doyen de la Faculté, Youssef El Alami, le festival confirme la vocation de l’université comme espace de savoir, de création et de transmission. Son directeur, Hamid Aidouni, y voit une étape clé pour renforcer le dialogue entre étudiants, réalisateurs et chercheurs.
Cette édition accueille quarante courts-métrages sélectionnés parmi plus de 2 800 candidatures, issus de trente-six écoles représentant trente-quatre pays. Animations, documentaires, fictions : une mosaïque de formes issues notamment de La Poudrière, de la Filmakademie allemande, de la Beijing Film Academy, de l’EICTV de Cuba ou encore des universités de Wellington et d’Édimbourg. En une décennie, le FIDEC est devenu un espace international de dialogue entre cultures et générations, confirmant la place de Tétouan dans la cartographie mondiale de la jeune création cinématographique.
Washington : Brahim Akhiate célébré dans l’espace universitaire anglophone
À Washington, l’édition anglaise du livre La renaissance amazighe : comme j’ai vécu sa naissance et son évolution, de feu Brahim Akhiate, a été présentée en marge du congrès annuel de la Middle East Studies Association (MESA). Publié par les Presses de l’Université Georgetown dans la série Amazigh Studies, l’ouvrage restitue un témoignage essentiel sur la genèse du mouvement amazigh au Maroc.
La rencontre a réuni universitaires, chercheurs, lecteurs et acteurs associatifs, en présence de Yassine Akhiate, président de la Fondation portant le nom de l’auteur. Celui-ci a salué l’engagement de Georgetown à mettre en valeur une œuvre majeure, qui documente de manière rigoureuse les expressions linguistiques, culturelles et artistiques de l’amazighité.
Pour Imad El Meniari, président de l’AMREC, cette traduction rend accessible à un nouveau lectorat un pan important du patrimoine marocain. Parue une première fois en 2012, l’œuvre constitue un hommage à la mémoire d’Achiatate, figure fondatrice du mouvement culturel amazigh et auteur prolifique ayant contribué à la reconnaissance de cette composante essentielle de l’identité marocaine.
Doha : deux créateurs marocains primés à Fashion Trust Arabia
Au Qatar, le Maroc s’est brillamment illustré lors de la septième édition de Fashion Trust Arabia, une initiative qui soutient les talents émergents dans la mode, les accessoires et la joaillerie. Lors de la cérémonie présidée par Sheikha Moza bint Nasser, deux Marocains ont été récompensés : Youssef Idrissi pour la catégorie Prêt-à-porter et Leila Roukni pour les Accessoires.
La soirée, qui a rassemblé personnalités internationales, créateurs et figures influentes de l’industrie, a également couronné plusieurs designers arabes et internationaux, dont l’Égyptien Farah Radwan ou le Saoudien Ziad Al Buainain. Un hommage particulier a été rendu à Miuccia Prada pour l’ensemble de sa carrière et à Zuhair Murad pour son influence sur la haute couture arabe.
Fashion Trust Arabia s’affirme comme la première initiative de ce type au Moyen-Orient. Elle offre aux lauréats un accompagnement financier et professionnel destiné à faciliter leur intégration dans l’industrie mondiale. La double distinction marocaine confirme l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs, nourris à la fois d’un héritage culturel riche et de références stylistiques contemporaines.
Koweït : la transe lumineuse du Gnaoua portée par Hind Ennaira
La capitale koweïtienne a vibré au rythme gnaoui grâce à la Mâalema Hind Ennaira, invitée du festival Le Koweït nous rassemble. Entourée de sa troupe, elle a offert au public un voyage musical plongeant dans l’âme de cet art ancestral, où se mêlent rythme africain, spiritualité et célébration des mémoires partagées.
Les classiques Baba Mimoun, Al Aafou Ya Moulana ou Maimouna ont transporté l’auditoire, accompagnés du guembri, des qraqeb et des tambours. Moment fort de la soirée : l’interprétation de Laayoune Iniya, reprise en chœur par une salle galvanisée.
Hind Ennaira a souligné l’importance de ces échanges artistiques, qui renforcent les ponts entre le Maroc et le Koweït. Pour elle, la participation à ce festival reflète la diffusion croissante de l’art gnaoui dans le monde arabe et l’intérêt du public pour un patrimoine marocain dont la profondeur spirituelle continue de susciter admiration et curiosité.
Murcie : la diplomatie culturelle marocaine à l’honneur
À Murcie, dans le sud-est de l’Espagne, le Consulat général du Royaume du Maroc a organisé les Journées du Maroc, une semaine consacrée au dialogue interculturel et au renforcement des liens avec la communauté marocaine locale. L’événement s’inscrivait dans la commémoration du 70e anniversaire de l’Indépendance et du 50e anniversaire de la Marche Verte.
Conférences, rencontres universitaires, défilés de mode traditionnelle, interventions d’auteurs, match de football amical : l’initiative a réuni un large public, associant responsables institutionnels espagnols, recteurs d’université, professeurs, étudiants, acteurs associatifs et membres de la diaspora. Le recteur de l’UPCT, Mathieu Kessler, et d’autres personnalités ont participé aux différentes activités.
La Consule générale Sanaa Merouah a rappelé que ces journées ont vocation à renforcer l’amitié maroco-espagnole, encourager l’émergence de projets conjoints et offrir aux jeunes une plateforme de rencontres et d’ambitions partagées.