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Le Maroc en Culture : Ecritures royales, Patrimoine spirituel, Dialogue interculturel, Reines de Yasmina Benkirane
À Bressuire, c’est le cinéma marocain qui clôture le festival Les jumelages font leur cinéma. Le public a découvert Reines, le long-métrage de Yasmine Benkiran
À Marrakech, Fès, Dijon, Chafchaouen, Rabat ou Bressuire, une même dynamique célèbre la profondeur historique, les relations diplomatiques, la richesse manuscrite, les scienceds et l’ouverture civilisationnelle du Maroc. Entre la splendeur de l’écriture des Sultans, la relecture du patrimoine juif et chrétien et les échanges artistiques avec l’Europe, le Royaume affirme une présence culturelle plurielle, enracinée et résolument tournée vers le monde.
La splendeur diplomatique et civilisationnelle de l’écriture des Sultans
Marrakech a accueilli une rencontre scientifique dédiée à l’écriture des Sultans Alaouites, dévoilant un pan méconnu mais essentiel de l’histoire administrative, diplomatique et esthétique du Maroc. Organisée par le Centre Moulay Ali Cherif Al Mourrakochi en partenariat avec plusieurs institutions académiques et culturelles, cette conférence a mis en avant l’extraordinaire raffinement calligraphique des écrits royaux, mais également leur fonction structurante dans la gouvernance de l’État.
Chercheurs et historiens ont analysé les manuscrits des Sultans non seulement comme des œuvres d’art, mais comme des documents stratégiques. L’écriture royale servait à ordonner les affaires du pays, documenter les décisions souveraines et préserver, siècle après siècle, une mémoire minutieuse des systèmes politiques, sociaux et administratifs.
Les intervenants ont insisté sur la dimension diplomatique de ces écrits. Les correspondances envoyées aux rois de France, d’Angleterre, d’Espagne, du Portugal ou encore aux sultans ottomans témoignent d’un usage maîtrisé du langage, d’un sens aigu de la rhétorique et d’une finesse politique remarquable. Elles expriment la position du Maroc sur la scène internationale et révèlent sa capacité à dialoguer d’égal à égal avec les grandes puissances.
Pour Moulay Salama El Alaoui, président de la Fondation organisatrice, ces manuscrits constituent un miroir de l’identité civilisationnelle du Royaume. Ils incarnent la sagesse politique des Sultans Alaouites et traduisent une vision où l’écriture est à la fois outil de gouvernance, vecteur de diplomatie et reflet d’un rayonnement culturel séculaire.
L’exposition organisée en marge de la conférence présente des manuscrits rares, retraçant l’évolution esthétique de ces correspondances. Des sessions scientifiques abordent l’art de la lettre, le discours diplomatique ou encore la portée des manuscrits dans les relations du Maroc avec l’Afrique subsaharienne, confirmant l’importance de ce patrimoine dans la compréhension de l’histoire du Royaume.
L’art comme passerelle entre les peuples
L’exposition inaugurée mercredi à Rabat est organisée par le Centre culturel de Chine, en coopération avec l’Académie des Beaux-Arts de Chengdu et le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication. Elle se tient jusqu’au 2 décembre et présente une sélection d’œuvres contemporaines illustrant la diversité des paysages naturels et urbains de Chengdu, l’une des grandes capitales culturelles du pays. À travers une scénographie épurée, le public marocain découvre un aperçu de la vitalité artistique chinoise et de la vision novatrice de créateurs qui revisitent l’héritage culturel de leur ville à travers la peinture, la photographie et les arts visuels.
Lors du vernissage, Liu Chengang, attaché culturel de l’Ambassade de Chine et directeur du Centre culturel chinois à Rabat, a rappelé le rôle fondamental de l’art dans la construction des ponts entre les peuples. Il a salué l’excellence des relations d’amitié entre Rabat et Pékin, insistant sur l’importance des échanges culturels comme moteur d’une compréhension mutuelle durable.
Fès relit le patrimoine juif et chrétien dans la civilisation arabo-islamique
La Faculté des lettres et des sciences humaines Saïs de Fès organise les 28 et 29 novembre une rencontre internationale autour du thème Le patrimoine juif et chrétien dans le contexte de la civilisation arabo-islamique. L’objectif : analyser les dimensions intellectuelles, historiques et culturelles de ce patrimoine, et comprendre sa contribution à la formation de l’esprit arabo-islamique.
Les intervenants, venus du Maroc et de plusieurs pays, s’interrogent sur la manière de relire ce patrimoine dans l’espace intellectuel musulman, sur le concept d’âge d’or juif en terre islamique ou encore sur les exemples historiques de tolérance en Andalousie. L’un des axes majeurs porte sur l’influence de penseurs juifs sur le patrimoine intellectuel islamique.
Les organisateurs rappellent que l’islam est né dans un espace marqué par une forte diversité religieuse et culturelle. Cette pluralité s’est accentuée dans les grands foyers historiques du monde arabo-islamique – Égypte, Levant, Perse, Maghreb – où juifs et chrétiens constituaient des composantes essentielles du tissu social.
Comprendre ce patrimoine, ses textes, ses penseurs et ses circulations permet d’éclairer les relations entre les trois monothéismes, tout en contribuant à une meilleure compréhension de l’histoire marocaine, longtemps nourrie de ces interactions.
Dijon et Chefchaouen, deux villes Unesco réunies par l’art
À Dijon, le festival Nuits d’Orient consacre cette année une place centrale à Chefchaouen, mettant en valeur les contrastes et les résonances entre les deux villes, toutes deux inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.
L’exposition Regards sur deux villes : Dijon et Chefchaouen du photographe marocain Mohamed Chadli établit un dialogue visuel entre les architectures, les paysages et les symboles des deux cités. Pour l’artiste, il s’agit d’un geste de transmission culturelle destiné autant à la communauté marocaine qu’au public français. Les visiteurs, souligne-t-il, sont souvent surpris de découvrir les ressemblances inattendues entre les deux villes.
Pour Christine Martin, adjointe à la maire de Dijon, le festival offre depuis plus de vingt ans un espace de dialogue interculturel. L’édition 2025 rassemble 145 rendez-vous culturels, expos, concerts, projections et conférences dans 46 lieux. Plus de 80 partenaires participent à cet événement devenu un pont symbolique entre Orient et Occident. Le Maroc y occupe cette année une place emblématique, à travers la culture visuelle, la gastronomie ou le théâtre.
Le cinéma marocain applaudi en clôture du festival de Bressuire
À Bressuire, c’est le cinéma marocain qui clôture le festival Les jumelages font leur cinéma. Le public a découvert Reines, le long-métrage de Yasmine Benkiran, suivi d’un échange riche autour du film et de l’évolution du cinéma au Maroc.
La Consule générale du Royaume à Bordeaux, Nouzha Sahel a rappelé que le cinéma constitue un espace d’expression libre, d’innovation et de profondeur humaine, et qu’en accueillant une production marocaine, le festival contribue à renforcer les liens entre les deux pays.
Pour l’initiateur du festival, Rachid Kouifi, l’ambition est d’offrir un espace pérenne de visibilité aux œuvres internationales et de favoriser le dialogue entre communautés. Depuis 2013, la présence régulière du cinéma marocain dans la programmation reflète une coopération culturelle féconde en Nouvelle-Aquitaine.
Rabat, capitale arabe de l’information en 2026
Lors de sa 55e session au Caire, le Conseil des ministres arabes de l’Information a désigné Rabat capitale arabe de l’information pour l’année 2026. Doha et Damas le deviendront respectivement en 2027 et 2028.
Le Maroc est invité à élaborer un programme de célébration incluant des activités dédiées à Al Qods Acharif. Les médias arabes sont appelés à consacrer une attention particulière à la question d’Al-Qods et à faire de la Ville Sainte l’éternelle capitale arabe de l’information.
Cette distinction place Rabat au cœur d’un espace médiatique en mutation, où la coopération, la visibilité et les enjeux géopolitiques de l’information tiennent une place croissante.
Journées scientifiques Iklyle à Rabat
Rabat a donné mercredi le coup d’envoi de la première édition des Journées scientifiques Iklyle, un événement dédié à la vulgarisation des sciences et à la découverte interactive. Organisée sur quatre jours par le Centre culturel Iklyle-Rabat relevant de la Fondation Mohammed VI de Promotion des Œuvres Sociales de l’Éducation-Formation, cette manifestation propose ateliers ludiques, expériences pratiques et rencontres avec des spécialistes de l’environnement, de l’intelligence artificielle, des technologies du futur et de l’astronomie.
Placée sous le thème Pour une culture scientifique inclusive et accessible à tous, la journée inaugurale a accueilli des ateliers destinés aux enfants et aux jeunes autour de l’énergie, de la robotique ou encore de l’IA, ainsi qu’une présentation de projets innovants d’universités marocaines. Une conférence sur la protection de l’environnement a également marqué l’ouverture.
Le programme se poursuit jusqu’à samedi avec conférences, démonstrations et une pièce de théâtre scientifique.