Actu
Le Maroc en Culture : festivals, mémoire et culture en mouvement…
La 31e édition du Festival international d’art vidéo (FIAV) a ouvert ses portes à Casablanca sous le thème évocateur « Identités désincarnées ».
Du FIAV de Casablanca au Festival du Théâtre de Tétouan, du souffle andalou de Sharjah à la Fête de l’Unité, le mois de novembre célèbre toutes les formes d’expression culturelle marocaines. Entre innovation numérique, patrimoine théâtral, poésie universelle et hommage à la Marche verte, le pays multiplie les passerelles entre mémoire et modernité, éducation et émotion, création et transmission.
Casablanca : le FIAV explore les identités numériques
La 31e édition du Festival international d’art vidéo (FIAV) a ouvert ses portes à Casablanca sous le thème évocateur « Identités désincarnées ». Organisé par la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ben M’sik de l’Université Hassan II, cet événement pionnier dans les arts numériques marie recherche, création et transmission.
Le spectacle d’ouverture, « IA Dream » du Français Moulla, a plongé le public dans un univers où magie et technologie se rencontrent. Pour la doyenne Leila Maziane, ce thème résonne avec l’âme cosmopolite de Casablanca, ville où se mêlent les identités réelles et virtuelles.
Soutenu par l’Institut français du Maroc et l’Ambassade de France, le festival réunit artistes et chercheurs venus d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine autour de conférences, ateliers et master classes. Le colloque international, en partenariat avec Paris 8 et Savoie Mont-Blanc, aborde les mutations du moi à l’ère du numérique. Créé en 1993, le FIAV demeure un laboratoire d’expérimentation culturelle et un espace d’éveil artistique pour la jeunesse marocaine.
Tétouan : le théâtre marocain sous les projecteurs
Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 25e édition du Festival national du théâtre s’ouvrira à Tétouan du 14 au 21 novembre. Organisé par le ministère de la Culture et la province de Tétouan, ce rendez-vous incontournable du théâtre marocain célèbrera la créativité, la diversité et le talent des troupes venues de tout le pays.
Douze pièces concourront pour les prestigieux prix de l’écriture, de la mise en scène, de l’interprétation ou de la scénographie. Parmi elles, « Al Harraz » (Rabat), « Mouwatine Iqtisadi » (Tétouan) et « Rihla » (Sala Al Jadida). En parallèle, des spectacles hors compétition, des ateliers, des master classes et un salon du costume de scène enrichiront la programmation.
Le festival rendra également hommage à des figures du théâtre national et proposera des représentations en milieu carcéral et scolaire, confirmant sa mission sociale et éducative. Depuis un quart de siècle, cet événement contribue à inscrire le théâtre marocain dans une dynamique de professionnalisation et d’ouverture sur le monde.
Sharjah : l’héritage andalou, un pont entre les cultures
Lors du colloque international organisé à la Foire du Livre de Sharjah, la poétesse et académicienne marocaine Houria El Khamlichi a rappelé la modernité intemporelle de la poésie arabo-andalouse, « miroir d’une civilisation ouverte sur l’Autre ».
Cette poésie, a-t-elle expliqué, place l’humain au cœur du processus créatif et demeure une source d’inspiration pour les générations contemporaines par ses valeurs d’amour, de tolérance et de coexistence. D’autres chercheurs, tels que le Turc Mehmet Hakki Suçin et le Jordanien Salah Jarrar, ont mis en lumière son influence sur la modernité poétique et son lien profond avec la nature et la féminité.
Organisée par le magazine « Kitab » et l’Autorité du livre de Sharjah, cette rencontre s’inscrit dans la 44e Foire internationale du livre, qui accueille plus de 2 000 éditeurs et 250 écrivains issus de 66 pays. Le Maroc y participe avec un panel d’auteurs, dont Mohamed Azzedine Tazi et Karima Ahdad, témoignant du rayonnement constant de sa culture littéraire dans le monde arabe.
Rabat : la Marche verte, mémoire d’un peuple et moteur de développement
À la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, l’exposition « De la Marche verte à la Marche de développement » invite le public à redécouvrir un demi-siècle d’histoire nationale. Inaugurée en partenariat avec la Direction des Archives Royales, elle retrace le contexte historique et symbolique de cette épopée, depuis la mobilisation populaire jusqu’à la transformation des provinces du Sud.
Pour Bahija Simou, directrice des Archives Royales, cette exposition éclaire « la légitimité historique et diplomatique » de la Marche verte et célèbre la contribution de toutes les générations marocaines. Samira El Malizi, directrice de la BNRM, souligne quant à elle son rôle dans la transmission de la mémoire collective : « Connaître le passé, c’est construire le futur ».
Photographies, documents officiels, films d’époque et témoignages interactifs se mêlent dans un parcours immersif qui met en avant l’évolution du Sahara marocain, désormais symbole d’unité et de développement sous la conduite du Roi Mohammed VI. L’exposition, ouverte jusqu’au 10 décembre, s’impose comme un hommage à la mémoire vivante d’un Maroc en marche.
Taza : le théâtre jeune public à l’honneur
Du 18 au 21 novembre, Taza accueillera la 24e édition du Festival international du théâtre jeune public, sous le thème « Enfants d’aujourd’hui… créateurs du théâtre de demain ». Ce rendez-vous, devenu un pilier de la formation artistique des jeunes, mobilise troupes marocaines et étrangères venues d’Espagne, du Brésil, de Chine, du Sénégal, de Tunisie et d’Égypte.
Soutenu par l’UNICEF et le Conseil régional des droits de l’Homme, le festival combine spectacles, débats, ateliers d’écriture et de fabrication de masques, master classes et rencontres intergénérationnelles. Objectif : cultiver chez les jeunes le goût de la création, de la curiosité et de la liberté d’expression.
Grâce à la participation active d’artistes et d’éducateurs, Taza devient, chaque automne, une capitale de la créativité juvénile et un creuset où se tissent les vocations artistiques de demain.
Casablanca : la musique au service de l’unité nationale
Le 22 novembre, le Studio des Arts Vivants de Casablanca accueillera la grande célébration musicale organisée par la Moroccan Association of Music (MAM) à l’occasion de la Fête de l’Unité, sous le thème « Aux rythmes d’un Maroc uni ».
Sous l’égide du ministère de la Culture, avec le soutien de la Loterie nationale et des Eaux minérales d’Oulmès, cet événement rend hommage à la diversité du patrimoine musical marocain et à la force de la cohésion nationale. Fatima Mabchour, présidente de la MAM, y voit « un acte de foi dans la culture et un geste d’amour envers la Patrie ».
Le programme réunira Sanaa Marahati, l’Orchestre Mohamed Al Arbi Tamsamani, les Femmes de Tétouan et d’autres figures de la scène nationale. Depuis sa création, l’association s’attache à faire dialoguer les traditions musicales marocaines avec les influences du monde, convaincue que « la musique unit, élève et relie les peuples au-delà des frontières ».
Fidèle à cette vocation, la MAM poursuit son engagement auprès de la jeunesse à travers des concerts, des formations et des programmes de transmission, transformant chaque note en symbole d’unité et d’espérance partagée.