Le Maroc en Culture : territoire de culture et de savoir festivals, cinéma en milieu carcéral, expositions…

Le Maroc en Culture :  territoire de culture et de savoir festivals, cinéma en milieu carcéral, expositions…

La Fondation Hassan II accueille du 18 décembre au 18 janvier l’exposition "Palimpseste de l’exil" de l’artiste marocaine installée au Qatar, Bouchra Khnafou

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Du cinéma en milieu pénitentiaire aux expositions qui célèbrent l’exil et la mémoire collective, en passant par les colloques scientifiques sur la ville intelligente et les débats géostratégiques, le champ culturel multiplie les espaces de création et de réflexion. Entre Casablanca, Rabat et au-delà, les initiatives culturelles et intellectuelles créent des espaces d’échanges.

 Le Festival du Film d’Oukacha : créer, réinsérer, transformer

La 6e édition du Festival du Film d’Oukacha, organisée du 17 au 19 décembre au Centre de Réforme Ain Sebaa, poursuit une ambition unique : introduire la création cinématographique au cœur des établissements pénitentiaires. Placé sous le thème des peines alternatives, l’événement, soutenu par la DGAPR, le ministère de la Culture et plusieurs partenaires internationaux, mobilise cinq institutions pénitentiaires du Royaume.

Les œuvres projetées sont le fruit d’ateliers d’écriture, de réalisation et de montage menés pendant plusieurs mois. Les jeunes détenus y explorent une justice rénovée et y expriment un regard rare, sensible et authentique sur leur propre réalité. Courts-métrages, débats, performances artistiques, stand-up et podcasts dessinent ainsi une mémoire cinématographique inédite, où la culture devient vecteur d’émancipation et de réinsertion.

À Casablanca, l’exposition "Cinquante" célèbre la Marche Verte et un demi-siècle de création

À la galerie Nadar, l’exposition "Cinquante" réunit cinquante artistes autour d’un format unique de 50 x 50 cm, en hommage à la Marche Verte et au cinquantenaire de la galerie fondée par Leila Faraoui. Entre symbolisme national et liberté créative, l’événement offre un panorama riche des sensibilités artistiques contemporaines marocaines.

Pour les organisateurs, cette contrainte de format favorise de nouvelles approches. Certaines œuvres se réfèrent explicitement à la Marche Verte, tandis que d’autres adoptent une esthétique personnelle. L’artiste Nawal Sekkat propose une installation immersive inspirée du Sahara, où fleurs de sable, perles du Sud et volumes sculpturaux expriment le passage du temps et l’élévation symbolique. L’exposition rappelle ainsi l’importance de la galerie Nadar, première du monde arabe fondée par une femme, dans l’histoire de la création plastique marocaine.

À Rabat, Bouchra Khnafou explore l’exil et la matière

La Fondation Hassan II accueille du 18 décembre au 18 janvier l’exposition "Palimpseste de l’exil" de l’artiste marocaine installée au Qatar, Bouchra Khnafou. Son travail repose sur l’art des contrastes : jeux de matières, tension entre masse et vide, utilisation de papiers, tissus et matériaux recyclés.

Ses œuvres, structurées par l’équilibre des formes, donnent à voir une esthétique où chaque matériau devient signifiant. Cette exposition marque aussi un retour symbolique de l'artiste au Maroc, pays où elle a été formée avant d’entamer une carrière internationale.

L’intelligence numérique au cœur de la résilience urbaine

À Rabat, un colloque scientifique inscrit dans la 7e édition du Florilège culturel s’est penchée sur l’apport du numérique dans la construction de villes intelligentes et résilientes. Les intervenants ont rappelé que la ville du futur doit conjuguer efficacité économique, justice sociale et durabilité, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle, les plateformes numériques et des systèmes intégrés d’échange de données.

Les débats ont insisté sur l’importance de repenser la planification urbaine à l’ère du numérique, afin de concevoir des espaces capables de s’adapter aux défis climatiques, démographiques et sociaux. Cette rencontre s’inscrit dans une série d’événements scientifiques visant à enrichir la réflexion sur l’avenir des territoires marocains.

Driss Guerraoui ausculte les mutations du monde contemporain

À Casablanca, l’Institut Marocain des Relations Internationales a accueilli une rencontre autour du nouvel ouvrage de Driss Guerraoui, "Comprendre le monde nouveau : Regard africain". L’auteur y analyse les transformations profondes du monde, marqué selon lui par trois dynamiques majeures : l’ère des extrêmes, l’ère des ruptures et l’ère des incertitudes.

Il met particulièrement en lumière la place croissante de l’Afrique, appelée à devenir un pôle de croissance, un marché du futur et un laboratoire des transitions numérique, énergétique et climatique. L’Afrique, affirme-t-il, dispose des atouts nécessaires pour repenser sa trajectoire à condition de valoriser son capital humain et de renforcer ses alliances géostratégiques. Le Maroc, rappelle-t-il, joue un rôle central dans cette dynamique, par son engagement constant en faveur du continent.

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