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Le Maroc en Culture : un bon début de moi pour ce décembre
L’Mina de la marocaine Randa Maroufi (photo) a obtenu une mention spéciale du jury du court métrage au Festival du film de Doha 2025
Du nord au sud du Royaume, la scène culturelle vit un début de mois de décembre animé. Festivals de cinéma, rencontres artistiques, célébrations patrimoniales et initiatives dédiées à l’innovation qui cultivent simultanément mémoire, création et ouverture au monde. De Rabat à Tétouan, en passant par Agadir, Casablanca et Doha, les événements qui se déroulent cette année illustrent un bon début de mois culturel pluriel, ancré dans son héritage tout en s’ouvrant aux enjeux contemporains.
Rabat entre innovation urbaine et création intellectuelle
La capitale accueille, du 9 au 25 décembre, la sixième édition du Florilège Culturel, organisé par l’Association Ribat Al Fath sous le thème Les villes intelligentes durables et les solutions numériques innovantes pour renforcer la résilience urbaine. Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’événement se déploie dans plusieurs lieux emblématiques – Académie du Royaume, Faculté des Sciences, Bibliothèque nationale et espaces culturels de l’association – et propose un programme dense de conférences, tables rondes, rencontres intellectuelles et expositions.
Experts, académiciens, urbanistes, institutions et innovateurs y explorent l’avenir des villes, traversées par les défis climatiques, démographiques et technologiques. Un hackathon consacré à l’intelligence artificielle et aux villes résilientes occupe une place centrale cette année. Destiné aux jeunes développeurs, il ambitionne de générer des solutions numériques concrètes, capables de renforcer la durabilité urbaine. Des prix seront remis aux projets les plus prometteurs, marquant la dimension prospective et citoyenne de cette édition.
Agadir célèbre le cinéma et les migrations
Plus au sud, Agadir accueille du 8 au 13 décembre la 21e édition du Festival international Cinéma et Migrations. Organisé par l’association L’initiative culturelle, l’événement met à l’honneur huit longs métrages et huit courts métrages issus d’une vingtaine de pays, interrogeant le phénomène migratoire sous ses multiples facettes. La majorité des films présentés sont projetés en avant-première mondiale, témoignant de l’attractivité croissante du festival dans le paysage cinématographique international.
Le jury des longs métrages, présidé par le romancier et diplomate marocain Abdelkader Chaoui, réunit des figures du cinéma de Madagascar, d’Angola, du Maroc et du Brésil. Cette édition inaugure également un prix portant le nom du critique béninois Paulin Soumanou Vieyra, décerné par un jury de critiques marocains.
Fidèle à son esprit d’ouverture, le festival rend hommage cette année à la Franco-sénégalaise Rama Yade, au réalisateur belgo-marocain Nabil Benyadir et au cinéaste marocain Fouad Challa. Outre les projections, le public pourra assister à des soirées Ciné-plage, des ateliers thématiques, des conférences et des rencontres artistiques. Organisé en partenariat avec les institutions locales et nationales, l’événement confirme son rôle majeur dans la valorisation des regards cinématographiques sur les migrations et la diversité culturelle.
Casablanca donne voix aux créateurs sonores
Du 4 au 7 décembre, Casablanca accueille la deuxième édition du Festival Amwaj, consacré aux podcasts, à la création sonore, à la radio et au débat d’idées. Organisé par l’Institut Français de Casablanca en collaboration avec l’association Longueur d’Ondes (Brest) et le studio Les Bonnes Ondes, le festival ambitionne de remettre au centre la parole, l’écoute et le lien humain.
Plus de cinquante intervenants – journalistes, producteurs, artistes, techniciens, chercheurs – venus du Maroc et de France, participent à des tables rondes, ateliers, expositions, séances d’écoute et performances. Les questions sociétales contemporaines constituent le fil directeur de cette édition.
Le Moyen-Orient sera au cœur d’une discussion animée par les reporters Omar Ouahmane et Pascale Bourgaux, tandis que l’artiste visuel M’Barek Bouhchichi dialoguera avec la podcasteuse Nawal Benali autour de la place des communautés noires en Afrique du Nord. Sonia Kronlund, figure emblématique de l’émission Les Pieds sur Terre, dévoilera les coulisses de son travail documentaire.
La culture amazighe sera mise en lumière à travers une installation sonore et une performance musicale mêlant traditions ancestrales et musique électronique. Programmation pédagogique oblige, Amwaj prévoit également des formations destinées aux jeunes créateurs ainsi que des rencontres scolaires visant à initier les plus jeunes à la culture de l’écoute.
Doha distingue le court métrage marocain
Sur la scène internationale, le film L’Mina de la réalisatrice marocaine Randa Maroufi a obtenu une mention spéciale du jury du court métrage au Festival du film de Doha 2025. Réalisée sur quatre ans, cette œuvre revisite la mémoire ouvrière de Jerada à travers une démarche participative, mêlant archives, récits et création contemporaine. Le film égyptien Zizo a également été distingué, tandis que le prix principal est revenu au film brésilien Samba Infinito.
Dans la compétition des longs métrages, l’Espagne, le Japon et la Palestine ont été mis à l’honneur, illustrant le positionnement du festival comme espace privilégié de dialogues cinématographiques. La catégorie Made in Qatar a récompensé plusieurs talents locaux, confirmant l’ambition du Doha Film Institute de développer une scène cinématographique régionale sur quinze années d’initiatives.
La sélection, composée de 97 films issus de 62 pays, proposait un panorama riche de récits humains, de dispositifs visuels novateurs et de regards engagés sur les réalités sociales contemporaines.
Tétouan ressuscite une épopée musicale entre deux rives
Au nord du Royaume, Tétouan a inauguré la 6e édition du Festival Abdesadeq Chekara sous le thème Entre les deux rives. Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’événement a ouvert ses portes avec la présentation de l’épopée musicale Maqama Khounda, revisitée dans une version contemporaine.
Créée au début des années 1980, l’œuvre est le fruit d’une collaboration historique entre Abdesadeq Chekara, maître de la musique andalouse marocaine, et Enrique Morente, figure majeure du flamenco espagnol. La nouvelle interprétation, portée par Ait Allah Imran et Kiki Morente, perpétue l’héritage symbolique d’une création qui incarne à elle seule le dialogue musical méditerranéen.
La cérémonie d’ouverture, en présence du gouverneur, de représentants de l’UNESCO et de figures culturelles, a souligné le rôle central du patrimoine immatériel dans la dynamisation culturelle de Tétouan, récemment désignée capitale méditerranéenne de la culture. Le festival rend également hommage à Abdelssadeq Chekara, dont l’œuvre a profondément marqué la musique marocaine et continue d’inspirer de nouvelles générations.
Cette édition proposera des concerts majeurs, une chanson patriotique inédite en hommage à la Fête de l’Unité, ainsi que des performances de l’Orchestre Abdesadeq Chekara, du groupe de Kiki Morente et du maestro Abdelmajid El Arabi Temsamani. La clôture sera assurée par l’Orchestre Mohammed El Arabi El Merabet sous la direction du maître Mohamed El Aroussi.