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Les MEDays 2025 échangent sur l’équation mondiale, le Grand Prix MEDays 2025 distingue trois lauréats : la Gambie, le Libéria et la Somalie
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la remise du Grand Prix MEDays 2025. Trois lauréats ont été distingués : le Président gambien Adama Barrow, le Président libérien Joseph Boakai, et la République fédérale de Somalie représentée par son Premier ministre.
La 17e édition du Forum international MEDays a transformé Tanger en capitale diplomatique du Sud global. Dirigeants africains, experts internationaux et décideurs du monde entier ont convergé pour échanger sur les équilibres internationaux, dans un contexte marqué par la polarisation, les fractures politiques et l’urgence d’un nouvel ordre mondial plus inclusif. L’Afrique, portée par la vision du Maroc, s’est affirmée comme une actrice centrale des mutations globales.
Les recompositions géostratégiques
L’ouverture des MEDays 2025 à Tanger a donné le ton : celui d’un forum engagé dans une réflexion profonde sur les bouleversements du système international. Organisé par l’Institut Amadeus, l’événement s’articule autour d’une cinquantaine de sessions centrées sur les fractures, la multipolarité et les enjeux qui touchent particulièrement l’Afrique et les pays du Sud.
Pour Brahim Fassi Fihri, président de l’Institut Amadeus, cette édition s’inscrit dans un contexte mondial marqué par une fragmentation croissante. Le Maroc, affirme-t-il, a su s’imposer comme une puissance d’équilibre, dotée d’une diplomatie agile, résiliente et stratégiquement ancrée dans ses identités africaine, méditerranéenne et atlantique. Cette posture, construite au fil des années sous la conduite du Roi Mohammed VI, permet aujourd’hui au Royaume de peser activement sur les transformations de l’ordre international.
L’évocation de la résolution 2797 du Conseil de sécurité a marqué l’ouverture du Forum. Considérée comme un tournant historique, elle consacre l’initiative marocaine d’autonomie comme seule base “sérieuse, crédible et réaliste” pour le règlement du différend autour du Sahara. Pour Fassi Fihri, cette avancée ne doit rien au hasard mais tout à une diplomatie patiente, méthodique et soutenue par un vaste programme de développement dans les provinces du Sud.
Il a également rappelé l’ambition structurante de l’Initiative Royale pour l’Atlantique, lancée en 2023, qui redessine la carte stratégique du continent africain en ouvrant la façade atlantique du Maroc comme point d’accès à un nouvel espace de croissance et de stabilité.
Le Maroc, un pays d’un Sud global en quête de justice et d’équité
Les chefs d’État africains présents à l’ouverture ont largement salué la vision du Maroc, qui s’impose comme un partenaire clé du renouveau africain.
Le Président de la Gambie, Adama Barrow, a mis en avant la cohérence et la profondeur de l’action marocaine en faveur d’une coopération Sud-Sud fondée sur des réalisations concrètes. Il a rappelé que le Royaume a su faire évoluer les relations africaines au-delà des déclarations d’intention, grâce à des projets structurants, une diplomatie active et des engagements réels dans l’éducation, la formation et la santé.
Adama Barrow a également souligné le rôle du Maroc dans la stabilisation de la région, estimant que l’autonomie proposée pour le Sahara constitue désormais la seule base crédible pour bâtir la paix. La Gambie, rappelle-t-il, fut parmi les premiers pays à ouvrir un consulat à Dakhla, affirmant ainsi un soutien constant au Royaume.
Pour le Président du Liberia, Joseph Boakai, les MEDays sont une tribune idéale pour poser les questions essentielles auxquelles l’Afrique doit répondre. Dans un monde devenu imprévisible, parfois hostile, il estime que le continent doit impérativement revendiquer son rôle d'acteur de son propre destin. Sa mise en garde est claire : l’Afrique ne doit plus être l’objet des décisions prises ailleurs, mais un continent capable de tracer sa propre trajectoire.
Il a insisté sur l’urgence de renforcer les capacités africaines dans un contexte où les défis – sécurité, climat, gouvernance, inégalités – deviennent plus pressants que jamais. Le Liberia, partenaire historique du Maroc, s'inscrit pleinement dans cette dynamique, comme en témoigne la présence de son consulat général à Dakhla.
Le Sud global cherche de nouveaux modèles de coopération
Le Premier ministre somalien, Hamza Abdi Barre, a livré un message profondément aligné avec l’esprit des MEDays : celui d’un Sud global qui refuse d’être spectateur des recompositions géopolitiques. Il a exprimé une profonde gratitude au Maroc pour son rôle structurant dans la coopération Sud-Sud. Selon lui, les mutations actuelles du système international poussent les pays du Sud à inventer des cadres alternatifs fondés sur la solidarité, l’intégration économique et la sécurité collective.
Le dirigeant somalien a proposé plusieurs initiatives ambitieuses : une Alliance africaine-atlantique pour la sécurité maritime, un corridor commercial reliant l’Afrique de l’Est à l’Atlantique via le Maroc, un fonds d’investissement dédié au Sud global, ainsi qu’une plateforme d’intelligence artificielle valorisant les langues et cultures africaines et sud-américaines.
Ces propositions s’inscrivent parfaitement dans l’esprit du Forum, devenu depuis 2008 une plateforme stratégique de dialogue, mais aussi un incubateur d’idées concrètes et d’alliances émergentes.
Un Grand Prix qui consacre le leadership africain et la coopération avec le Maroc
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par la remise du Grand Prix MEDays 2025. Trois lauréats ont été distingués : le Président gambien Adama Barrow, le Président libérien Joseph Boakai, et la République fédérale de Somalie représentée par son Premier ministre.
Ces distinctions saluent des engagements forts :
- la contribution de la Gambie à la stabilité régionale et son soutien constant à la marocanité du Sahara ;
- le leadership du Liberia dans sa reconstruction socio-économique et sa coopération stratégique avec le Maroc ;
- le rôle de la Somalie dans la consolidation de la paix régionale et son appui au Maroc dans les enceintes internationales, notamment à travers son vote en faveur de la résolution 2797.
L’Institut Amadeus rappelle ainsi que le Forum MEDays n’est pas seulement un espace de débat mais aussi un levier d’influence qui valorise les parcours, les engagements et les coopérations jugées exemplaires.
Le MEDays Investment Summit pour une nouvelle dynamique d’investissement en Afrique
Parmi les temps forts de cette édition, le MEDays Investment Summit (MIS) occupe une place centrale. Dédié à la promotion des investissements structurants sur le continent, il vise à attirer des partenaires publics et privés autour des projets à fort impact, en particulier dans les infrastructures, l’énergie, la connectivité, le numérique et l’agro-industrie.
Le MIS reflète une philosophie clé du Forum : l’Afrique ne doit plus être un espace d’assistance, mais un territoire d’opportunités, où les investissements doivent se traduire par une valeur ajoutée durable, inclusive et créatrice d’emplois.
À travers cette dynamique, Tanger s’affirme comme une place géoéconomique majeure, à l’image du Maroc qui multiplie les initiatives visant à renforcer son rôle de passerelle entre l’Afrique, l’Europe et l’Atlantique.
Un espace de réflexion et de dialogue pour un monde en recomposition
Au fil des interventions, une vérité s’est réimposée : les fractures et les polarités du monde actuel exigent de nouveaux outils de gouvernance, de nouvelles alliances et surtout une approche où les pays du Sud deviennent forces de proposition.
Les MEDays veulent incarner cette ambition comme laboratoire d’idées et espace d’action pour les économies émergentes, les diplomaties actives et les États en quête de souveraineté stratégique. La diversité des thématiques abordées — sécurité, énergie, intelligence artificielle, infrastructures, climat, gouvernance — reflète la multiplicité des défis qui redessinent l’ordre mondial.