L’essentiel de la culture : Sculpture à Rabat, mode à Essaouira et diplomatie culturelle à Tanger

L’essentiel de la culture : Sculpture à Rabat, mode à Essaouira et diplomatie culturelle   à Tanger

Situé au cœur de la place de France, à proximité de Sour Al Maâgazine, le centenaire consulat de France à Tanger abritera désormais le nouvel Institut français qui se veut bien plus qu’un bâtiment rénové.

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De Rabat à Essaouira, en passant par Tanger, le paysage culturel marocain s’enrichit de nouveaux symboles et de lieux repensés. Sculpture monumentale dans l’espace public, émergence d’une plateforme de mode afro-marocaine et renaissance d’un institut culturel historique illustrent une même dynamique : faire de la culture un levier de rayonnement, de dialogue et de vivre-ensemble.

Une sculpture de paix au cœur de Rabat

 Réalisée en granit par les artistes franco-espagnols Yannick Vu et Ben Jakober, cette œuvre représentant une colombe incarne un message universel de paix

Sur le parvis du Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain, la sculpture Paloma s’impose désormais comme un nouveau repère visuel et symbolique. Réalisée en granit par les artistes franco-espagnols Yannick Vu et Ben Jakober, cette œuvre représentant une colombe incarne un message universel de paix, d’harmonie et de coexistence. Offerte par l’Association Maroc, Art et Culture, Paloma s’inscrit dans la volonté affirmée de la Fondation Nationale des Musées de faire dialoguer l’art avec l’espace urbain et le quotidien des citoyens.

Pour Mehdi Qotbi, président de la Fondation, cette installation renforce la vocation de l’esplanade du musée comme un véritable musée à ciel ouvert, accessible à tous. Elle rejoint un ensemble déjà riche d’œuvres emblématiques, du Guerrier Massaï d’Ousmane Sow au cheval de Fernando Botero, en passant par des créations d’Arman, Farid Belkahia, Ikram Kabbaj ou encore Niki de Saint Phalle. À l’heure où le Maroc vit au rythme de la Coupe d’Afrique des Nations, cette ouverture culturelle accompagne l’effervescence sportive par une invitation à la contemplation et à l’évasion.

Essaouira, nouvelle scène de la mode afro-marocaine

À plusieurs centaines de kilomètres au sud, Essaouira confirme son rôle de laboratoire culturel en accueillant l’avant-première de l’événement Essaouira Fashion Week. Organisée dans la Cité des Alizés, cette rencontre a réuni créateurs, professionnels de la mode, acteurs culturels et médias autour d’un objectif clair : promouvoir une création afro-marocaine contemporaine, audacieuse et ancrée dans les héritages.

Les collections présentées par de jeunes designers marocains et africains ont illustré une mode en dialogue avec les traditions, tout en assumant l’innovation et l’expérimentation. En présence de personnalités de premier plan, dont André Azoulay, l’événement a posé les bases d’une plateforme à vocation internationale, dont la première édition est prévue en novembre prochain. Portée par l’agence COUP DE COM’ PR, en partenariat avec la commune d’Essaouira et un collectif de créateurs, Essaouira Fashion Week ambitionne de renforcer les échanges Sud-Sud et de positionner durablement la ville sur la carte mondiale de la mode.

Tanger et la renaissance d’un lieu emblématique

À Tanger, c’est un pan de l’histoire diplomatique et culturelle qui s’apprête à connaître une nouvelle vie. Les bâtiments historiques de l’ancien Consulat général de France rouvriront leurs portes pour accueillir le nouvel Institut français, cent ans après leur inauguration initiale. Cette réouverture, prévue le 31 janvier, sera marquée par une semaine d’événements célébrant à la fois la mémoire du lieu et la transformation du réseau de coopération culturelle française au Maroc.

Une exposition de photographies aériennes de Tanger, issues des années 1950 et du début de l’indépendance, offrira dès le 23 janvier un regard inédit sur l’évolution urbaine de la ville. Installée sur les grilles extérieures de l’Institut et du Consulat, elle témoignera des métamorphoses profondes qu’a connues Tanger en un demi-siècle. La programmation inclura également un spectacle Live Magazine, mêlant journalisme et création artistique, ainsi qu’une rencontre littéraire avec Tahar Ben Jelloun, accompagnée d’un concert aux accents gnawa.

Un partenariat culturel tourné vers l’avenir

Situé au cœur de la place de France, à proximité de Sour Al Maâgazine, le nouvel Institut français se veut bien plus qu’un bâtiment rénové. Il incarne une relation culturelle en mutation entre le Maroc et la France, fondée sur la confiance, le respect mutuel et l’accompagnement des transformations sociales. Ouvert au public, il proposera une médiathèque, des espaces de débat et de création, un service Campus France dédié aux étudiants, ainsi qu’un parc verdoyant, pensé comme un poumon culturel au centre de la ville.

De Rabat à Tanger, en passant par Essaouira, ces initiatives traduisent une même ambition : inscrire la culture au cœur des territoires, comme facteur de dialogue, de créativité et de rayonnement durable.

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