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Maroc -Espagne : Un partenariat stratégique consolidé et une transformation sociale accélérée :
Aziz Akhannouch, ici avec le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, rappelle l’existence d’une convergence stratégique claire entre Rabat et Madrid sur le dossier du Sahara. L’Espagne, affirme-t-il, maintient une position constante et explicite en faveur de la solution portée par les résolutions onusiennes
Dans un entretien accordé au quotidien espagnol La Razón, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch revient sur deux axes majeurs de l’action publique marocaine : la position du Royaume sur la question du Sahara et la construction méthodique d’un État social conforme à la Vision Royale. Entre diplomatie affirmée, avancées sociales structurantes et renforcement du partenariat Maroc–Espagne, ses déclarations éclairent les priorités d’un pays engagé dans une dynamique de stabilité et de modernisation.
UNE POSITION MAROCAINE CLAIRE ET CONSENSUELLE SUR LE SAHARA
Aziz Akhannouch rappelle que la question du Sahara demeure au cœur de la stratégie nationale. Sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, le Maroc défend une position qu’il qualifie de ferme et juste, appuyée sur une diplomatie active et une diversification des partenariats. Le Chef du gouvernement souligne que la dernière résolution du Conseil de sécurité représente un tournant décisif, en consacrant une approche internationale qu’il juge équitable et réaliste.
Cette résolution, précise M. Akhannouch, place chaque partie devant ses responsabilités et ouvre la voie à un environnement régional plus stable, favorable au développement et à la coexistence pacifique dans les provinces du Sud. Elle permet également d’envisager un dialogue constructif, sans logique de vainqueur ou de vaincu, conformément aux orientations exprimées par le Souverain dans Son dernier discours du Trône.
Akhannouch insiste sur la crédibilité internationale acquise par le Maroc au fil des 26 années de diplomatie royale, fondée sur le réalisme, la constance et la recherche d’un compromis durable. Cette crédibilité aurait permis, selon lui, le basculement diplomatique en faveur de la solution marocaine.
Il rappelle par ailleurs l’existence d’une convergence stratégique claire entre Rabat et Madrid sur ce dossier. L’Espagne, affirme-t-il, maintient une position constante et explicite en faveur de la solution portée par les résolutions onusiennes. Cet alignement constitue, selon lui, un pilier de confiance mutuelle et un facteur déterminant pour la stabilité de l’espace euro-méditerranéen et africain.
UNE RELATION MAROC–ESPAGNE FONDÉE SUR LA STABILITÉ ET LES INTÉRÊTS PARTAGÉS
Le Chef du gouvernement décrit une relation bilatérale marquée par une stabilité renouvelée et un dialogue politique constant. La dynamique impulsée par les deux Chefs d’État a permis d’établir un partenariat durable, clarifié et structurant pour les deux pays.
Sur le plan économique, l’Espagne reste le premier partenaire commercial du Maroc, tandis que le Royaume figure parmi les principaux partenaires de Madrid hors Union européenne. Près de 800 entreprises espagnoles sont implantées au Maroc et quelque 12.000 entreprises marocaines entretiennent des échanges réguliers avec l’Espagne.
Akhannouch met également en avant la dimension humaine de cette relation, avec environ un million de Marocains résidant en Espagne et une communauté espagnole établie au Maroc. Cette imbrication économique, sociale et culturelle renforcerait la solidité du partenariat entre les deux pays.
La coopération migratoire constitue un autre pilier essentiel. Le Chef du gouvernement évoque une approche équilibrée et concertée entre Rabat et Madrid, fondée sur la responsabilité partagée et la lutte contre les réseaux de traite. Selon lui, les résultats concrets de cette coopération sont visibles, notamment à travers la récente Réunion de haut niveau, marquée par la signature de quatorze accords couvrant divers domaines stratégiques.
L’ÉTAT SOCIAL COMME AXE MAJEUR DE LA TRANSFORMATION NATIONALE
Dans la seconde partie de l’entretien, Aziz Akhannouch revient longuement sur les chantiers sociaux engagés conformément à la vision royale. Il affirme que les quatre premières années du mandat gouvernemental ont été structurées autour de l’édification progressive d’un État social, tout en maintenant le cap du développement économique.
Il souligne la transformation majeure opérée dans le domaine de la protection sociale : plus de 4 millions de familles bénéficient désormais d’une aide directe, soit plus de 12 millions de personnes, dont un million de personnes âgées et 5 millions d’enfants. La généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire a permis d’atteindre une couverture dépassant 88 % de la population.
Ces avancées ont été mises en œuvre en dépit d’un contexte marqué par une sécheresse inédite en quatre décennies et par les perturbations économiques liées au retour de l’inflation internationale. Malgré cela, Akhannouch affirme que les équilibres macroéconomiques ont été préservés, l’inflation ayant été réduite à un tiers de son niveau d’il y a quatre ans, et stabilisée sous 1 % depuis trois ans.
Il met en avant le rôle du dialogue social, qui aurait permis des augmentations salariales bénéficiant à 4,2 millions de familles. Le gouvernement poursuit par ailleurs des réformes visant à renforcer le système de santé, améliorer la qualité de l’éducation et promouvoir la recherche scientifique. Le capital humain demeure, selon lui, le moteur essentiel du développement national.
INVESTISSEMENTS, CONFIANCE ET PERSPECTIVE MONDIALE
Le Chef du gouvernement souligne également la progression continue de l’investissement, qu’il interprète comme un signe de confiance internationale. La nouvelle Charte de l’Investissement, adoptée récemment, offrirait selon lui un cadre favorable pour attirer davantage de projets nationaux et étrangers.
Évoquant la Coupe du Monde 2030, qui sera organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, Akhannouch y voit un symbole fort de convergence entre les trois pays et un catalyseur de développement. Il estime que l’événement stimulera les investissements dans les infrastructures, les transports, les équipements sportifs, le tourisme, le numérique et la sécurité.