Maroc-France : les présidents des deux Chambres française chez Akhannouch, un nouveau cycle de coopération parlementaire

Maroc-France : les présidents des deux Chambres française chez Akhannouch, un nouveau cycle de coopération parlementaire

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a reçu jeudi à Rabat la présidente de l’Assemblée nationale française, Yaël Braun-Pivet, ainsi que le président du Sénat français, Gérard Larcher, en visite officielle au Royaume à la tête d’une délégation parlementaire conjointe.

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À Rabat, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a reçu une délégation parlementaire française conduite par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et le président du Sénat, Gérard Larcher. Cette rencontre, tenue en marge de la cinquième session du Forum parlementaire Maroc-France, a mis en lumière la volonté commune de consolider le partenariat stratégique entre les deux pays, tout en soulignant le rôle central de la diplomatie parlementaire dans le renforcement des relations bilatérales.

Une rencontre officielle au cœur du partenariat bilatéral

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a reçu jeudi à Rabat la présidente de l’Assemblée nationale française, Yaël Braun-Pivet, ainsi que le président du Sénat français, Gérard Larcher, en visite officielle au Royaume à la tête d’une délégation parlementaire conjointe. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la tenue de la cinquième session du Forum parlementaire Maroc-France et vise à consolider le partenariat entre les institutions législatives des deux pays, tout en renforçant les liens d’amitié et de coopération bilatérale, selon un communiqué du Département du Chef du gouvernement.

Ont pris part à cette réunion le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, ainsi que l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier.

Les deux parties ont salué, en ouverture des échanges, la qualité des relations historiques et privilégiées unissant le Royaume du Maroc et la République française. Elles ont souligné que ces relations ont connu un nouvel élan en octobre 2024 avec la signature par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président français Emmanuel Macron de la déclaration relative au Partenariat d’exception renforcé, ainsi que la conclusion de conventions d’investissement d’un montant global de 10 milliards d’euros portant sur plusieurs secteurs stratégiques.

Le Sahara marocain et les perspectives de coopération

À cette occasion, Aziz Akhannouch a affirmé que le soutien exprimé par la République française à la souveraineté du Royaume sur le Sahara marocain, ainsi que la multiplication des visites de responsables français dans les provinces du Sud, témoignent de l’appui clair de la France à l’initiative marocaine d’autonomie dans le cadre de l’intégrité territoriale. Il a indiqué que cette position constitue, selon le Maroc, la seule base pour une solution à ce différend régional qualifié de factice.

Le Chef du gouvernement a également relevé que cette dynamique ouvre de nouvelles perspectives en matière de coopération et de coordination autour des questions régionales et internationales, tout en renforçant le partenariat économique bilatéral. La rencontre a par ailleurs mis en avant l’importance du Forum parlementaire Maroc-France, tenu les 29 et 30 janvier, en tant qu’espace stratégique de dialogue, de concertation et d’échange entre parlementaires marocains et français, destiné à favoriser la coordination des positions et l’examen des dossiers d’intérêt commun.

Gérard Larcher appelle à une relation de référence entre les deux rives de la Méditerranée

Intervenant à l’ouverture du Forum parlementaire, le président du Sénat français, Gérard Larcher, a estimé que les liens unissant la France et le Maroc peuvent servir de référence pour l’établissement d’une relation harmonieuse entre les deux rives de la Méditerranée et entre l’Europe et l’Afrique. Il a souligné la volonté de donner un relief particulier aux domaines novateurs de coopération à explorer conjointement, ainsi qu’aux nouveaux horizons géographiques de la coopération renforcée, orientés notamment vers le Sud.

Selon lui, les nouveaux horizons de la relation franco-marocaine reposent sur la confiance et l’amitié, et se déclinent à travers plusieurs axes de coopération. Le premier concerne l’établissement d’un nouveau traité bilatéral intégrant un important volet parlementaire. Gérard Larcher a expliqué que, soixante-dix ans après la déclaration de La Celle-Saint-Cloud, la France et le Maroc ont l’opportunité d’inscrire dans un nouveau cadre juridique les acquis du partenariat d’exception renforcé. Il a précisé que la France n’a conclu de tels traités qu’avec un nombre limité de pays européens et qu’aucun accord de ce type n’a, à ce jour, été signé avec un pays de la rive sud de la Méditerranée.

Décentralisation, coopération parlementaire et dimension méditerranéenne

Le deuxième axe évoqué par le président du Sénat porte sur la décentralisation et la coopération décentralisée en appui à la régionalisation marocaine. Il a indiqué que la régionalisation constitue une étape sur la voie de l’autonomie proposée par le Maroc pour ses provinces du Sud, soulignant que la décentralisation permet de concilier diversité territoriale, unité et indivisibilité des territoires, valeurs communes aux deux pays.

Gérard Larcher a, à cette occasion, salué le succès diplomatique du Royaume, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à la suite de l’adoption, le 31 octobre 2025, par le Conseil de sécurité des Nations unies de la résolution 2797 consacrant le plan d’autonomie proposé par le Maroc. Il a également annoncé que la France accueillera, fin 2026, les Assises de la coopération décentralisée franco-marocaine, afin d’élargir le champ géographique des perspectives de coopération vers le Sud.

Le troisième axe concerne l’entraide parlementaire. Gérard Larcher a rappelé que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, réunie à Paris en juillet dernier, a constitué un moment de rapprochement entre la France et le Maroc autour des valeurs démocratiques et de la langue française. Il a estimé que les parlementaires des quatre Chambres des deux pays peuvent renforcer leurs coopérations à l’égard d’assemblées tierces, en privilégiant une obligation de concertation et d’échanges sur les sujets sensibles.

S’agissant du quatrième axe, lié à la dimension méditerranéenne, il a rappelé le rôle du Parlement marocain au sein des instances parlementaires méditerranéennes. Trente ans après le lancement du processus de Barcelone, il a appelé à réfléchir à la contribution conjointe des quatre assemblées pour relever les défis, notamment migratoires, auxquels fait face l’espace méditerranéen. En conclusion, Gérard Larcher a affirmé que la France et le Maroc se préparent à de nouveaux horizons et qu’aucun obstacle ne saurait entraver la réalisation de projets communs ambitieux.

Yaël Braun-Pivet met en avant la diplomatie parlementaire

De son côté, la présidente de l’Assemblée nationale française, Yaël Braun-Pivet, a qualifié le Forum parlementaire Maroc-France d’instance précieuse de concertation et de coopération, soulignant qu’il existe peu d’équivalents dans le monde. Elle a indiqué que cette rencontre doit permettre aux Parlements des deux pays de prolonger, amplifier et concrétiser la coopération bilatérale.

Elle a insisté sur le potentiel de la coopération interparlementaire, rappelant le jumelage institutionnel entre la Chambre des représentants marocaine et l’Assemblée nationale française, mené entre 2022 et 2024, qui a favorisé les échanges d’expertise, les missions conjointes et le partage de bonnes pratiques. Elle a affirmé que les quatre Chambres disposent des moyens nécessaires pour bâtir des projets concrets et renforcer l’amitié entre les deux peuples.

La dimension géopolitique du partenariat a également été mise en avant par Yaël Braun-Pivet. Elle a souligné que le Maroc constitue un pilier de la stabilité régionale et que la France plaide pour la conclusion d’un partenariat stratégique global entre l’Union européenne et le Royaume. Elle a rappelé le soutien constant de la France aux enjeux jugés essentiels pour le Maroc, saluant la récente résolution du Conseil de sécurité des Nations unies reconnaissant l’autonomie sous souveraineté marocaine comme seule base pour une solution durable.

Un partenariat d’exception en pleine dynamique

La présidente de l’Assemblée nationale française a enfin insisté sur le caractère particulier du lien franco-marocain, qu’elle a qualifié d’intimité stratégique et de partenariat d’exception renforcé, scellé lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc en octobre 2024, à l’invitation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Elle a rappelé que les deux pays agissent de concert face aux défis sécuritaires, climatiques et géopolitiques, et qu’il appartient désormais aux parlementaires d’affermir cette coopération à travers une diplomatie parlementaire active. Concluant son intervention, elle a affirmé que la relation franco-marocaine, entrée selon elle dans un nouvel âge d’or, connaît aujourd’hui une phase d’essor confirmée.

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