MOGA, Zajal, Oud et Bab L’Bluz, rythment la fin du mois culture

MOGA, Zajal, Oud et Bab L’Bluz, rythment la fin du mois culture

À Tanger, le musicien Mohamed El Achraki présentera la deuxième édition de son récital de oud au théâtre Riad Sultan

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D’Essaouira à Fès, en passant par Tanger et Tétouan, les événements culturels confirment leur rôe dans l’animation des territoires et la valorisation du patrimoine. Entre impact économique mesurable, création d’emplois, attractivité touristique et renouvellement des expressions artistiques, festivals et rendez-vous culturels participent désormais pleinement à la transformation des villes marocaines.

MOGA, un levier économique et touristique pour Essaouira

À Essaouira, les organisateurs du festival MOGA ont présenté les résultats d’une étude d’impact révélant l’ampleur des retombées socio-économiques de cet événement dédié aux musiques électroniques. Lancé en 2016, le festival a connu une trajectoire ascendante, marquée par une phase de consolidation avant la pandémie, un retour dynamique en 2022 et une montée en puissance confirmée lors des éditions 2024 et 2025.

L’édition 2025 a illustré cette progression. Le volet MOGA OFF, organisé dans 37 lieux de la ville, a attiré 4.200 participants en deux jours, renforçant l’ancrage territorial du festival et favorisant l’accès du public local à la culture électronique. De son côté, le MOGA IN a rassemblé 10.800 festivaliers sur le site principal, avec plus de 13.700 billets scannés et des recettes de billetterie dépassant 5,36 millions de dirhams, en hausse de 31 % par rapport à 2024.

L’étude souligne également l’effet direct sur l’économie locale. Le budget moyen par participant s’élève à plus de 10.000 dirhams, générant des retombées globales estimées à 51,5 millions de dirhams. Plus de 5.300 nuitées ont été enregistrées sur cinq jours, avec un taux d’occupation proche de 100 %, contribuant à la désaisonnalisation de l’activité touristique à l’automne.

Emploi local et rayonnement international

Au-delà des chiffres, MOGA se distingue par son impact sur l’emploi et le tissu local. L’édition 2025 a mobilisé plus de 1.400 emplois directs et indirects, impliquant prestataires, équipes techniques et professionnels culturels marocains. Les organisateurs insistent sur la philosophie du festival, pensé comme une expérience immersive où les visiteurs découvrent le patrimoine, la gastronomie et l’identité culturelle d’Essaouira, avant de participer aux concerts.

Parallèlement, MOGA a étendu son rayonnement à l’international avec des éditions au Portugal et en Espagne, renforçant la visibilité de la Cité des Alizés et confirmant la capacité d’un événement marocain à s’exporter tout en valorisant son ancrage local.

Fès mise sur le zajal pour valoriser le patrimoine immatériel

À Fès, la première édition du Forum national du Zajal, prévue les 30 et 31 janvier au Centre culturel Iklyle, met en lumière la poésie populaire en darija et les expressions du patrimoine immatériel. Organisé par le Forum Jawahir Fès pour la poésie, le développement et le patrimoine, cet événement entend créer un espace de réflexion et de transmission autour de la diversité du legs culturel marocain.

Le programme prévoit des rencontres intellectuelles réunissant chercheurs et spécialistes du patrimoine, ainsi que des interventions artistiques et musicales en résonance avec les thématiques abordées. Une séance de présentation et de signature de recueils de zajal par des poètes marocains viendra compléter ce rendez-vous, favorisant le dialogue entre créateurs et public.

Tanger et Tétouan, scènes ouvertes à la création musicale

Dans le nord du Royaume, Tanger et Tétouan s’apprêtent également à accueillir des événements musicaux marquants. À Tanger, le musicien Mohamed El Achraki présentera la deuxième édition de son récital de oud au théâtre Riad Sultan. Ce concert propose une rencontre intime avec le public autour d’un univers où la musique traditionnelle dialogue avec d’autres formes artistiques, dans une approche ouverte et contemporaine.

À Tétouan, le duo Bab L’Bluz se produira à l’Institut français avec un projet musical mêlant transe gnaoua, chants hassani, polyrythmies chaâbi et esthétique rock psychédélique. Fondé à Marrakech en 2018, le groupe s’inscrit dans le mouvement Nayda, qui renouvelle les musiques marocaines en puisant dans les racines patrimoniales. Récompensé sur la scène internationale, Bab L’Bluz poursuit actuellement une tournée mondiale, contribuant à la diffusion d’une identité musicale marocaine modernisée.

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