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Refonte du secteur des taxis et gestion des effets rigoureux de l’hiver
Le secteur du transport par taxis, essentiel la mobilité urbaine et interurbaine, bousculé par les applications, est entré dans une nouvelle phase de réflexion. Le ministre de l’Intérieur a annoncé le lancement d’une étude nationale approfondie visant à identifier les dysfonctionnements structurels du secteur, à analyser ses limites actuelles et à formuler des scénarios de réforme
De la refonte du secteur des taxis à la gestion des effets rigoureux de l’hiver dans les zones montagneuses, le ministère de l’Intérieur engage deux chantiers pour mettre de l’ordre dans un secteur, les taxis, rebelle à la réglementation, et de plus en plus bousculé par les applications qui pour l’instant agissent dans le ‘’noir’’ mais qui devraient à terme trouver leur place dans la légalité. Sur un autre front, c’est faire face aux effets d’un hiver rude qui préoccupe dans l’urgence l’Intérieur. Devant la Chambre des représentants, Abdelouafi Laftit a détaillé une approche fondée sur l’étude stratégique, la coordination interministérielle et l’intervention de proximité.

Sur le front du froid, des neiges et de la pluie, le ministère de l’Intérieur conduit une action d’envergure pour atténuer les effets de la vague de froid dans les zones montagneuses et rurales.
Un diagnostic pour repenser le secteur des taxis
Le secteur du transport par taxis, essentiel la mobilité urbaine et interurbaine, est entré dans une nouvelle phase de réflexion. Le ministre de l’Intérieur a annoncé le lancement d’une étude nationale approfondie visant à identifier les dysfonctionnements structurels du secteur, à analyser ses limites actuelles et à formuler des scénarios de réforme. Cette démarche intervient dans un contexte marqué par des mutations rapides des modes de transport, l’émergence de nouvelles technologies et des attentes croissantes des usagers en matière de qualité de service.
Après une phase de diagnostic détaillé et l’examen comparatif d’expériences internationales, les experts mobilisés travaillent actuellement à l’élaboration de recommandations concrètes. L’objectif est de poser les bases d’un système modernisé, mieux organisé et capable de répondre aux exigences économiques et sociales du Royaume. Les conclusions de cette étude feront l’objet d’une restitution auprès de l’ensemble des acteurs concernés avant toute mise en œuvre opérationnelle.
Un secteur sous tension
Avec un parc estimé à plus de 77.000 véhicules, répartis entre taxis de première catégorie et taxis de deuxième catégorie, le secteur emploie près de 180.000 chauffeurs à travers le pays. Son poids économique et social en fait un enjeu majeur de politique publique. Ces dernières années, les autorités provinciales, en coordination avec les services centraux du ministère de l’Intérieur, ont multiplié les mesures visant à améliorer son fonctionnement.
Une feuille de route intégrée a ainsi été déployée pour renforcer les mécanismes de régulation, actualiser les décisions encadrant l’octroi et la gestion des autorisations, et préciser les conditions d’exploitation des véhicules. Cette démarche a également cherché à professionnaliser davantage l’activité, en réservant l’exploitation des autorisations aux chauffeurs professionnels et en limitant les délégations à des exploitants non qualifiés.
Modernisation du parc et amélioration du service
Parmi les avancées notables figure le programme de renouvellement du parc des taxis, prolongé à plusieurs reprises, qui a permis de moderniser environ 80 pour cent des véhicules et de réduire leur âge moyen de 25 à 8 ans. Ce programme, aujourd’hui suspendu dans l’attente d’une vision plus claire sur l’avenir du secteur, a néanmoins contribué à améliorer la sécurité, le confort et l’image globale du service.
En parallèle, les autorités ont renforcé les actions de sensibilisation et de contrôle afin d’imposer le respect des normes professionnelles et des tarifs réglementés. En 2025, près de 5.000 infractions ont été enregistrées, entraînant le retrait temporaire ou définitif de plus de 1.500 permis de confiance. Malgré ces efforts, le ministre a reconnu la persistance de plusieurs défis, notamment l’insatisfaction d’une partie des usagers, les déséquilibres régionaux entre l’offre et la demande, la fragilité du modèle des autorisations et la lente adoption des outils numériques et de géolocalisation.
Une réponse nationale face à la rigueur hivernale
Sur le front du froid, des neiges et de la pluie, le ministère de l’Intérieur conduit une action d’envergure pour atténuer les effets de la vague de froid dans les zones montagneuses et rurales. Le Plan national dédié à cette problématique cible, pour la saison hivernale en cours, environ 833.000 personnes réparties dans plus de 2.000 douars relevant de 231 communes territoriales.
Ce plan repose, explique le ministre, sur une approche préventive et solidaire, fondée sur un ciblage précis des populations à risque. Les zones concernées ont été classées en trois niveaux de vulnérabilité, du niveau rouge au niveau jaune, afin d’adapter les interventions à l’intensité des risques climatiques et à l’isolement géographique.
Mobilisation des forces et des institutions
En application des instructions royales, les Forces Armées Royales ont déployé trois hôpitaux militaires de campagne dans des zones stratégiques, notamment à Tounfite, Ouirgane et Aït M’hamed. Ces structures assurent des prestations médicales de proximité au profit des populations enclavées, en complément des caravanes médicales civiles.
La Fondation Mohammed V pour la Solidarité joue également un rôle central dans ce dispositif, en assurant la distribution d’aides humanitaires d’urgence. À ce jour, plus de 859 villages ont bénéficié de ces interventions, qui comprennent des denrées alimentaires, des couvertures et un soutien logistique adapté aux conditions climatiques extrêmes.
Une approche sociale ciblée et intégrée
Le plan national accorde une attention particulière aux catégories les plus vulnérables. Des dispositifs spécifiques ont été mis en place pour les femmes enceintes, les personnes âgées, les malades chroniques et les personnes sans abri. L’accès aux soins est renforcé à travers le déploiement de caravanes médicales et d’unités mobiles, tandis que des mesures sont prises pour garantir l’approvisionnement en produits de base et la continuité des services essentiels.
Les opérations de distribution de bois de chauffage et de fours améliorés constituent un autre volet clé de l’intervention. Plusieurs milliers de tonnes de bois et des milliers d’unités de chauffage ont été acheminées vers les zones concernées, y compris les établissements scolaires et les centres de santé. En outre, plus de 1.000 engins ont été mobilisés pour le déneigement et la réouverture des axes routiers menacés de coupure.