Sans complexe, les Lions indomptables affronteront les Lions de l’Atlas en quart

Sans complexe, les Lions indomptables affronteront les Lions de l’Atlas en quart

Le milieu de terrain camerounais n° 25 Junior Dina Ebimbe et le défenseur camerounais n° 04 Christopher Wooh célèbrent leur victoire après le match des huitièmes de finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) entre l'Afrique du Sud et le Cameroun au stade Al Medina de Rabat, le 4 janvier 2026. (Photo de Paul ELLIS / AFP)

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Quid avec AFP et MAP

 

Bousculé, incertain, parfois chahuté, le Cameroun a pourtant trouvé le chemin des quarts de finale de la CAN-2025. Vainqueurs de l’Afrique du Sud (2-1) au terme d’un match à haute intensité, les Lions Indomptables se dressent désormais sur la route du Maroc, pays hôte et favori assumé. Une affiche aux airs de classique continental, nourrie par l’histoire, la pression populaire et un Cameroun renaissant dans l’adversité.

Un Cameroun arrivé dans le doute

Rares sont les sélections à avoir abordé une Coupe d’Afrique des nations dans un climat aussi troublé que celui du Cameroun. À la veille du tournoi, la tanière était secouée par des conflits institutionnels persistants, des changements de staff tardifs et une équipe privée de certitudes. Le conflit ouvert entre le ministère des Sports et la Fédération, présidée par Samuel Eto’o, avait plongé la sélection dans une longue zone de turbulence. Pendant plus d’un an, les Lions Indomptables semblaient avoir perdu leur rugissement.

L’arrivée de David Pagou, nommé sélectionneur à seulement vingt jours du coup d’envoi, n’a fait qu’accentuer les interrogations. Peu connu du grand public, homme de l’ombre et fidèle d’Eto’o, Pagou héritait d’un groupe fragilisé, sans repères solides et sous pression permanente. Mais fidèle à l’ADN camerounais, l’équipe a trouvé dans la difficulté un terrain familier.

Un huitième de finale sous haute tension

Face à l’Afrique du Sud, dimanche à Rabat, le Cameroun a vécu une entame cauchemardesque. Les Bafana Bafana ont imposé leur tempo, multipliant les projections rapides et exploitant les espaces derrière une défense camerounaise fébrile. En moins d’un quart d’heure, plusieurs situations nettes auraient pu faire basculer le match. Les occasions manquées sud-africaines ont cependant maintenu les Lions Indomptables en vie.

Progressivement, le Cameroun a rééquilibré les débats, laissant passer l’orage avant de frapper avec réalisme. Sur corner, Junior Tchamadeu, 22 ans, longtemps écarté des plans précédents, a ouvert le score contre le cours du jeu. Un but révélateur d’un tournant mental autant que tactique.

La jeunesse comme moteur

Le second acte a confirmé le pari audacieux de David Pagou : miser sur la jeunesse. Christian Kofane, 19 ans, a doublé la mise dès le retour des vestiaires, de la tête, après un centre précis de Mahamadou Nagida. Ce but, fruit d’un mouvement collectif limpide, a symbolisé le nouveau visage du Cameroun : discipliné, solidaire, sans complexe.

Pagou a volontairement écarté plusieurs cadres pour construire un collectif rajeuni, affamé et entièrement tourné vers l’effort commun. Une philosophie assumée, qui rappelle par bien des aspects l’épopée de 2017, lorsque le Cameroun, déjà annoncé hors course, avait soulevé le trophée.

L’expérience au service de la résistance

Si la jeunesse a marqué, l’expérience a sauvé. Dévis Epassy, seul trentenaire du onze de départ, a multiplié les interventions décisives pour contenir le retour sud-africain. Malgré la réduction du score en fin de match, le Cameroun a tenu bon, gérant les dernières minutes avec sang-froid.

Ce mélange de fraîcheur et de vécu donne aux Lions Indomptables une épaisseur nouvelle. Sans dominer outrageusement, ils ont su exploiter les erreurs adverses et faire preuve d’un réalisme clinique, là où l’Afrique du Sud a payé cash ses occasions manquées.

Deux discours, deux lectures

Après l’élimination, le sélectionneur sud-africain Hugo Broos n’a pas cherché d’excuses. Lucide, il a reconnu que son équipe avait payé le prix de son inefficacité. À l’inverse, David Pagou a insisté sur la force mentale de ses joueurs et sur leur capacité à souffrir ensemble. Pour le technicien camerounais, la réussite n’est pas un hasard mais la conséquence d’un état d’esprit conquérant et d’un groupe prêt à se battre jusqu’au bout.

Pagou a toutefois refusé toute projection prématurée, préférant savourer la qualification et concentrer son discours sur la récupération et la progression collective.

Un quart de finale chargé de symboles

Vendredi à Rabat, le Cameroun défiera le Maroc, hôte de la compétition et porté par une ferveur populaire exceptionnelle. Les Lions de l’Atlas, difficiles vainqueurs de la Tanzanie, avancent avec le statut de favori, mais aussi avec le poids de l’histoire et de l’attente nationale.

Face à eux, le Cameroun se présentera sans complexe, fort de son passé, de son renouveau et de cette capacité unique à se transcender quand on l’attend le moins. Outsiders assumés, les Lions Indomptables savent que ce type de rendez-vous a souvent forgé leurs plus belles pages continentales.

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