Sciences, arts et jeunesse : Le Maroc en Culture fait converger savoirs, création et transmission

Sciences, arts et jeunesse : Le Maroc en Culture fait converger savoirs, création et transmission

À travers la présence de troupes provenant d’Europe, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie, le rendez-vous de Taza illustre la capacité du théâtre jeune public à établir des passerelles entre cultures et pédagogies.

1
Partager :

Rabat, Tétouan et Taza accueillent cette semaine trois rendez-vous majeurs où se croisent recherche scientifique, expression artistique et théâtre destiné au jeune public. Du débat sur l’hydrogène vert aux nouvelles scènes créatives, en passant par la formation des enfants au spectacle vivant, ces initiatives témoignent d’une dynamique culturelle et intellectuelle en mouvement.

Rabat au cœur du débat africain sur l’eau et l’hydrogène vert

La capitale marocaine accueille l’édition 2025 de la réunion annuelle des Académies des sciences africaines, consacrée aux enjeux de l’eau et de l’hydrogène vert. Organisée par l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, cette rencontre réunit une soixantaine de chercheurs, dont une trentaine représentant les académies membres du Réseau NASAC. Le thème retenu reflète la place centrale que le Maroc accorde à la transition énergétique verte, au dessalement, au solaire et à la recherche sur les carburants propres, autant de domaines appelés à façonner les politiques publiques africaines.

Panels et sessions scientifiques se penchent sur la gestion des ressources hydriques, le lien entre eau, énergie et climat, ainsi que sur les modèles de gouvernance adaptés aux défis du continent. En parallèle, le NASAC tient son Assemblée générale. Créé en 2001, ce réseau regroupe 32 académies africaines et vise à promouvoir la science comme levier de développement économique et social. Le Maroc, ancien président du réseau pendant huit ans et aujourd’hui vice-président, y joue un rôle moteur. Les organisateurs rappellent que cette rencontre s’inscrit dans l’esprit de la Vision de SM le Roi Mohammed VI pour une Afrique tournée vers l’innovation et la coopération scientifique.

À Tétouan, “Maqâmât créatives” redonne souffle au dialogue des arts

Le Festival national du théâtre de Tétouan consacre cette année une attention particulière aux croisements artistiques en inaugurant la section “Maqâmât créatives”. Installé au Centre d’art moderne, cet espace met en résonance poésie, musique, arts plastiques et interprétation scénique. L’objectif est clair: replacer le théâtre au cœur d’un écosystème créatif plus large, en rappelant son rôle historique de creuset des arts.

Poètes et artistes de renom participent à ces rencontres où la parole écrite se mêle à la performance. Mokhlis Sghir souligne que cette initiative “rassemble les expressions qui, autrefois, cohabitaient naturellement sur scène”. L’acteur Zouheir Ait Benjeddi explore la récitation poétique avec une approche théâtrale, tandis que Yassine Adnan salue l’intégration de la poésie au programme du festival, évoquant une “harmonie entre les formes créatives”.

Par-delà cette nouvelle section, le festival reste fidèle à sa vocation première: la promotion du théâtre marocain. Douze pièces sélectionnées concourent pour le Prix national du théâtre. Des activités parallèles – spectacles hors compétition, représentations pour enfants, ateliers, expositions et colloques – transforment Tétouan en plateforme vivante de création et de réflexion.

Taza donne le coup d’envoi du 24e Festival international du théâtre jeune public

À Taza, le théâtre jeune public ouvre sa 24e édition dans une ambiance festive, marquée par un carnaval réunissant des troupes folkloriques venues de plusieurs pays. Cet événement, soutenu par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, est devenu au fil des ans un rendez-vous incontournable pour les enfants de la ville et un espace privilégié d’échange entre artistes marocains et internationaux.

Dans son allocution lue en ouverture, le ministre Mohamed Mehdi Bensaid insiste sur la dimension éducative du théâtre pour enfants, rappelant son rôle dans l’éveil artistique et l’intégration culturelle des jeunes. L’édition 2025 accueille des troupes d’Égypte, de Tunisie, de Jordanie, d’Espagne, du Brésil, du Sénégal et de Chine, confirmant son rayonnement international.

Les organisateurs soulignent la nécessité de créer un environnement favorable à l’expression artistique des jeunes, notamment en multipliant les ateliers, les tournées et les formations destinées au milieu rural. Le festival propose ainsi des masterclasses, des séances de dédicaces et des ateliers d’écriture, offrant aux enfants un accès direct au processus créatif. Une façon d’encourager de nouvelles vocations et de nourrir la relève du théâtre marocain.

Une plateforme internationale où se rencontrent les cultures

L’édition 2025 du festival confirme son statut d’événement majeur au Maroc. Outre les représentations programmées tout au long de la semaine, les débats autour des pièces présentées offrent un espace d’analyse pour les professionnels et les enseignants du spectacle vivant. Les organisateurs rappellent que cette manifestation s’est construite sur un double objectif: promouvoir la diversité théâtrale et stimuler l’activité locale, notamment touristique et économique.

À travers la présence de troupes provenant d’Europe, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie, le rendez-vous de Taza illustre la capacité du théâtre jeune public à établir des passerelles entre cultures et pédagogies. Les enfants, premiers bénéficiaires de cette ouverture, trouvent dans ces spectacles un accès à la diversité des imaginaires, tout en développant leurs propres talents.

Ce travail de transmission, inscrit dans la durée, vient compléter les politiques culturelles menées au niveau national. Ensemble, les initiatives de Rabat, Tétouan et Taza témoignent d’une même ambition: faire de la culture et du savoir des piliers d’un développement fondé sur la connaissance, la créativité et le partage.

lire aussi