Violences psychologiques : un fléau invisible qui domine les agressions faites aux femmes

Violences psychologiques : un fléau invisible qui domine les agressions faites aux femmes

Entre juillet 2024 et juin 2025, les centres des deux réseaux ont recensé 28.980 cas de violences faites aux femmes. Les violences psychologiques arrivent très largement en tête, représentant 47 % des situations signalées

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Le dernier rapport des réseaux LFDD-INJAD et Femmes solidaires révèle une réalité inquiétante : près de la moitié des violences subies par les femmes au Maroc relèvent du psychologique. Malgré les réformes engagées, les dispositifs légaux et institutionnels peinent encore à enrayer un phénomène multiforme et en constante progression.

Les violences les plus répandues

Entre juillet 2024 et juin 2025, les centres des deux réseaux ont recensé 28.980 cas de violences faites aux femmes. Les violences psychologiques arrivent très largement en tête, représentant 47 % des situations signalées. Elles sont suivies des violences socio-économiques, qui constituent 23 % des cas, révélant l’impact direct de la dépendance financière et des inégalités structurelles. Les autres formes demeurent moins fréquentes : 10 % de violences juridiques, 8 % de violences physiques, 7 % de cyberviolences et 5 % de violences sexuelles. Pour les auteurs du rapport, ces chiffres illustrent la persistance de rapports de force profondément ancrés dans les structures familiales et sociales, ainsi que la faible autonomie économique des femmes.

Un appel à réformer la loi 103.13

Face à l’ampleur du phénomène, le rapport recommande une révision complète de la loi 103.13 sur les violences faites aux femmes, en particulier pour criminaliser clairement des formes encore mal encadrées : viol conjugal, violence économique ou numérique. Il appelle également à renforcer les mesures de protection immédiate, en simplifiant les procédures et en rendant leur application obligatoire pour le parquet et la police judiciaire.

Des centres d’écoute en première ligne

Au total, 4.279 victimes ont sollicité l’aide des centres des deux réseaux. Le réseau INJAD a accueilli 1.302 femmes et Femmes solidaires 2.977. Pour Najia Tazrout, présidente de LFDD-Injad, ces chiffres confirment une augmentation alarmante des violences et montrent que les réformes actuelles restent insuffisantes. Elle insiste sur l’urgence d’adopter des politiques publiques plus efficaces et mieux ciblées.

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