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AMO : Sonder les Marocains pour mieux les soigner – Par Dr Anwar Cherkaoui
Plutôt que de s’en remettre aux rumeurs, il faut interroger directement les bénéficiaires. Proposer un sondage à grande échelle
Trente millions de Marocaines et Marocains bénéficient désormais de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Une avancée sociale inédite. Mais cette couverture historique répond-elle vraiment aux attentes des citoyens ? Pour en avoir le cœur net, le Maroc pourrait lancer un sondage national massif et innovant, afin de prendre le vrai pouls du pays.

Par Dr Anwar Cherkaoui
Un basculement historique sous contrôle
Le chiffre impressionne : 30 millions de bénéficiaires. Avec l’élargissement progressif de l’AMO, le Maroc a franchi un cap en matière de protection sociale. Mais un nombre n’est pas une preuve de réussite. Derrière l’annonce, il reste à savoir si la promesse est tenue dans les hôpitaux, les cliniques, les centres de soins. Le sentiment de satisfaction des citoyens est un indicateur aussi stratégique que les tableaux budgétaires.
Un sondage national pour révéler la réalité
Plutôt que de s’en remettre aux rumeurs, il faut interroger directement les bénéficiaires. Proposer un sondage à grande échelle – 3 millions de personnes, soit 10 % des assurés – permettrait de construire une cartographie fine des dysfonctionnements, des réussites, et des attentes. Un tel dispositif est aujourd’hui parfaitement réalisable : par SMS, via des applications, ou à travers des appels ciblés. Une photographie précise, rapide, et représentative, que le HCP, habitué des mesures, peut bien réussir.
Une gouvernance éclairée par la parole citoyenne
Le ministère de la Santé, en coordination avec l’Intérieur, pourrait ainsi disposer d’un outil précieux pour piloter la réforme. Car au-delà des chiffres, il y a les voix. Celles qui disent qu’un médicament n’est pas remboursé. Qu’une opération a été retardée. Ou qu’un centre de soins a parfaitement répondu aux besoins. Ou pas. Écouter ces témoignages, c’est muscler la politique publique. Et transformer une couverture universelle en réussite populaire sans attendre que les couacs commencent à se développer et avec eux les critiques et les vagues de mécntentement.