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Sahara : l’autonomie au cœur d’une nouvelle étape diplomatique – Par Talaa Saoud Al-Atlassi
Manifestation à Laayoune célébrant l’adoption le 31 octobre 2026 par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 2797 qui a consacré la centralité du plan d’autonomie marocain au Sahara
Le Maroc s’apprête à célébrer, le 31 octobre, la première Fête de l’unité, instituée par le roi Mohammed VI après l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. À l’approche de cet anniversaire, Talaa Saoud Al-Atlassi revient sur cette célebration et sur le projet américain de résolution qui réaffirme la place centrale du plan marocain d’autonomie et entend engager les parties dans des négociations consacrées à sa mise en œuvre.

Talaa Saoud Al-Atlassi
Un demi-siècle de mobilisation nationale
La Fête de l’unité consacre l’aboutissement d’un combat mené pendant cinquante ans pour le parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume. En novembre 1975, les Marocains s’engageaient dans une marche populaire et pacifique pour reprendre les provinces du Sud à la colonisation espagnole. Depuis, le pays a consolidé leurs liens avec leur patrie d’origine sur les plans social, culturel, économique, militaire et diplomatique.
Les manœuvres du mouvement séparatiste, les allégations de ses soutiens et l’hostilité de ses commanditaires se sont heurtées à cette mobilisation durable et inébranlable. Mais le Maroc , s’il a défendu sans trembler son droit historique à l’unité, il a dans le même temps, recherché une issue pacifique au conflit.
Cette volonté s’est exprimée lorsque Feu Hassan II a accepté, en 1981, le principe d’un référendum auprès des populations concernées. Le Polisario a fait échouer cette perspective en sabotant l’identification des personnes habilitées à participer au scrutin. A l’usure, l’émissaire américain des Nations unies, James Baker, a fini par déclarer sa tenue impossible et appelé à rechercher une autre solution.
Une proposition de paix devenue centrale
En 2007, le roi Mohammed VI a proposé l’autonomie des provinces concernées sous souveraineté marocaine. Ce dispositif garantit aux populations la gestion de leurs affaires intérieures, avec la participation de toutes leurs composantes humaines, tribales et politiques. Il offre un règlement sans vainqueur ni vaincu et une sortie honorable aux acteurs enlisés dans le conflit.
La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, a consacré ce plan comme une base juste, réaliste et pacifique de règlement. Elle traduit la reconnaissance internationale de la légitimité du droit du Maroc à son unité nationale et territoriale.
Sa portée dépasse toutefois le seul dossier saharien. Elle répond au besoin d’éteindre un foyer de conflit devenu incompatible avec les recompositions géostratégiques mondiales. Les puissances internationales mesurent la stabilité politique du Royaume, la solidité de ses institutions constitutionnelles et l’affirmation de son choix démocratique.
Elles observent également ses capacités économiques et son aptitude à préserver un équilibre positif dans des rapports de force mouvants. Autant d’atouts qui expliquent qu’elles se retrouvent avec lui et autour de lui.
Une consécration qui appelle sa traduction concrète
En instituant la Fête de l’unité, Mohammed VI a donné une traduction nationale à cette avancée diplomatique. La résolution couronne un demi-siècle de résistance, durant lequel les Marocains ont mobilisé la force du droit et leurs moyens politiques, économiques, sociaux et sécuritaires pour défendre leur patrie.
Cette consécration ne signifie pas que l’autonomie se réalisera spontanément. Personne n’a promis une mise en œuvre immédiate. Mais la résolution a dissipé les illusions séparatistes : l’autonomie constitue désormais la seule voie de règlement.
Le Polisario et l’Algérie cherchent encore à contrarier cette orientation. Les marges de patience internationale restent cependant limitées. Entre Afrique du Nord, Sahel, Sahara africain et Méditerranée, les enjeux stratégiques imposent de dépasser un conflit qui entrave les transformations régionales.
Le Maroc est appelé à jouer un rôle positif dans cet espace sensible. Les intérêts, les risques et les interactions qui s’y concentrent ne permettent pas qu’un entêtement séparatiste, soutenu par l’hostilité d’un État, continue de le prendre pour cible.
Le projet américain précise les négociations
Ces dernières semaines, des déclarations de l’envoyé du président Trump et certains passages du rapport du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, ont suscité interrogations, inquiétudes et satisfaction séparatiste. Pourtant, leur contenu ne s’écartait pas de la trajectoire fixée par la résolution 2797.
Des traitements médiatiques, souvent délibérés, ont isolé des phrases ou détourné leur sens, brouillant la portée du texte. Des Marocains s’en sont inquiétés par attachement sincère à la cause nationale.
Le projet distribué par les États-Unis aux membres du Conseil, avant la réunion du 30 octobre, clarifie cette orientation. Il retient le « plan marocain d’autonomie élargi et actualisé comme seule base » des négociations.
Il invite « les parties à coopérer pleinement avec les facilitateurs, à participer activement et dans un esprit constructif aux négociations en utilisant le plan marocain d’autonomie comme seule base de négociation et à présenter leurs réponses sur le fondement de ce plan ».
Le texte souligne également qu’une véritable autonomie constitue la seule solution viable à la question du Sahara occidental. Il propose fortement de modifier le mandat et la structure de la Minurso, prolongeant ainsi cette orientation. Le référendum n’y trouve plus de place.
Un avertissement aux acteurs du blocage
Le Polisario a immédiatement rejeté le projet et menacé de quitter le processus politique, percevant dans ses dispositions une remise en cause des fondements de son existence. Le texte anticipe toutefois ce refus et les tentatives de retarder ou de faire échouer les négociations.
Le Conseil de sécurité y « exprime son intention d’envisager des mesures supplémentaires si les parties ne s’engagent pas de manière constructive dans le processus politique ».
Cette mise en garde, inédite dans un projet de résolution relatif au conflit, signifie que la patience internationale a ses limites. Le différend a trop duré pour que les acteurs concernés puissent indéfiniment se soustraire à un règlement.
Le projet exprime aussi la volonté propre des États-Unis. Leur rôle de rédacteur ne relève pas du hasard, tandis qu’au Congrès se manifestent des signes d’inquiétude face aux agissements séparatistes contre le Maroc.
L’ampleur du soutien international à l’autonomie et les relations du Royaume avec les centres de puissance laissent attendre une adoption sans modification substantielle ni veto. Le Maroc aborde cette perspective avec sérénité, dans un optimisme qui préserve sa vigilance.
La première Fête de l’unité pourrait ainsi s’accompagner d’une nouvelle résolution confortant la légitimité de l’unité de ses provinces sahariennes avec leur patrie et ouvrant la voie à sa concrétisation politique.