Un indice, une piste, le halo bleu au-dessus des yeux – Par Dr Anwar Cherkaoui

Un indice, une piste, le halo bleu au-dessus des yeux – Par Dr Anwar Cherkaoui

Yasser, petit garçon de huit ans avait tout pour lui : des joues rondes, une énergie folle et un rire contagieux.

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Un bleu inexpliqué autour des yeux, une boiterie soudaine, des douleurs persistantes… De signes discrets qui peuvent cacher un ennemi redoutable chez l’enfant. A travers l’histoire de Yassir, sauvé grâce à l’acuité clinique d’un oncologue pédiatrique et à la précision d’une simple échographie, rappelle que souvent le diagnostic précoce peut faire toute la différence entre la vie et la mort.

Par Dr Anwar CHERKAOUI - Expert en communication médicale et journalisme de santé

Yasser, petit garçon de huit ans avait tout pour lui : des joues rondes, une énergie folle et un rire contagieux.

Mais un matin, sa maman vit quelque chose d’étrange : un bleu autour des yeux, comme une ombre qui ne voulait pas partir.

Il n’était pas tombé, personne ne l’avait frappé. Ce halo bleuté, silencieux et mystérieux, s’installait peu à peu.

Yassir se mit à boiter.

Il se plaignait de douleurs dans les jambes.

Mangeait moins.

Perdait du poids.

Sa maman, inquiète, l’emmena voir plusieurs médecins.

L’un parla d’allergie.

L’autre suspecta un trouble des yeux.

Un troisième pensa à une infection osseuse.

Chacun chercha dans sa spécialité, mais personne ne pensa à appeler un médecin hématologue et spécialiste en oncologie pédiatrique. 

Pr Mohammed khattab, éminent spécialistes des cancers de l’enfant, fut consulté.

Sans autres formes de palpations, il demanda une échographie abdominale.

Yassir entra dans une salle silencieuse.

Il s’allongea. Le regard hagard d’une angoisse sans nom.

Une main rassurante, celle d’un radiologue, passa une sonde tiède sur son ventre.

En noir et blanc sur l’écran, se dessina la vérité invisible : une masse au niveau de la glande surrénale.

Le radiologue fronça les sourcils.

Il savait.

Il reconnut.

Un neuroblastome.

Sans attendre il alerta le pédiatre oncologue. Toute une équipe se mobilisa.

La suite des examens confirma le diagnostic.

La tumeur n’était plus une énigme, c’était un ennemi repéré avec précision, grâce à cette image obtenue sans douleur, sans retard.

L’échographie avait déjà parlé, avant la biopsie, avant le scanner.

Elle avait permis de gagner du temps… et peut-être la vie.

Commencèrent alors les soins.

Yassir reçut le traitement, la chirurgie, l’amour de sa famille et le soutien d’une cohote de soignants.

Des mois plus tard, le halo bleu avait disparu.

Yassir courait à nouveau dans les ruelles du village, les joues pleines de soleil et les yeux emplis d’avenir.                                          

Le Pr Khattab, ne cesse de répéter à ses étudiants, un halo bleuté sans traumatisme ou une douleur osseuse sans fracture, sont autant de signes qui peuvent alerter sur un cancer précis : le neuroblastome.

Et parfois, un simple examen d’imagerie suffit.

Sauve des vies

Le neuroblastome se guérit, oui… A condition d’être soupçonné précocement sur des signes cliniques pathognomoniques tel le halo bleu au-dessus des yeux. 

L’échographie, dans des mains expertes, est souvent la première clé pour un diagnostic exact d’un cancer guérissable.