Culture Nomade, Fès ya Nass, la fleur d’oranger à Marrakech, Confucius à Casa, Faust et Street Art à Rabat, cinéma à Meknès…

Culture Nomade, Fès ya Nass, la fleur d’oranger à Marrakech, Confucius à Casa, Faust et Street Art à Rabat, cinéma à Meknès…

La soirée dédiée à la distillation de l’eau de fleur d’oranger, organisée dans un riad, a offert une immersion dans un rituel ancestral profondément ancré dans la culture marocaine.

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Du désert de M’Hamid El Ghizlane aux venelles de Fès, des murs de Rabat aux scènes de Meknès, en passant par Marrakech, Casablanca et Essaouira, la quinzaine culturelle d’avril est en effervescence plurielle. Festivals, spectacles, rencontres académiques et célébrations patrimoniales mêlent traditions ancestrales et expressions contemporaines dialoguent sans cesse

M’Hamid El Ghizlane : le désert comme scène vivante de la culture nomade

 Depuis plus de deux décennies, cet événement, initié par l’association Nomades du Monde, fait vibrer les dunes au rythme des musiques, des danses et des traditions sahariennes

Aux confins du Sahara, M’Hamid El Ghizlane s’impose, une nouvelle fois, comme l’un des hauts lieux de la célébration des cultures nomades. La 21e édition du Festival international des nomades y a été lancée sous le thème « Un héritage vivant, une édition tournée vers l’avenir », traduisant une volonté affirmée de conjuguer mémoire et modernité.

Depuis plus de deux décennies, cet événement, initié par l’association Nomades du Monde, fait vibrer les dunes au rythme des musiques, des danses et des traditions sahariennes. L’ouverture de cette édition a offert un spectacle immersif où se mêlent expressions artistiques et rituels ancestraux, transportant le public dans un voyage sensoriel au cœur du désert.

La programmation musicale reflète cette diversité culturelle. Le groupe malien Tartit a ouvert la scène avec ses sonorités touarègues, tandis que la troupe nigérienne Toumastine a proposé une fusion audacieuse entre guitare rock et rythmes sahéliens. À leurs côtés, des expressions marocaines telles que les Gnaouas, l’Ahidous, El Gedra ou encore El Chemra ont rappelé la richesse du patrimoine immatériel national. Le groupe La perle du Sud a, pour sa part, livré une performance empreinte d’authenticité.

Au-delà de la musique, le festival se veut un espace de réflexion sur les enjeux contemporains du monde nomade. La participation du collectif italien Blivet, à travers une performance artistique mêlant narration et observation, a invité à interroger le rapport entre l’homme nomade et la fragilité de son environnement.

Les activités proposées témoignent également de cette volonté de transmission et de valorisation. Forums culturels, visites de tentes nomades, courses de dromadaires, matchs de hockey sur sable, chants touaregs ou encore démonstrations de préparation de pain de sable jalonnent le programme. Autant d’initiatives qui participent à faire du festival un levier de développement durable, en valorisant les savoir-faire locaux et en renforçant l’attractivité de la région.

Patrimoine et transmission : de Fès à Marrakech, une mémoire en mouvement

Dans un autre registre, la ville de Fès a accueilli une initiative originale mêlant pédagogie et création artistique. Au musée Batha des arts islamiques, huit enfants du Forum Jawaher pour la poésie et le patrimoine ont incarné, le temps d’un spectacle intitulé « Fès, Ya Nass », l’histoire de la fondation de la capitale spirituelle du Royaume.

À travers l’art du conte, revisité dans un format contemporain, ces jeunes narrateurs ont redonné vie à la dynastie idrisside et à la figure de Moulay Idriss Ier. Le spectacle a mis en lumière le rôle structurant de cette fondation dans l’unification et le développement de la ville, tout en soulignant la contribution essentielle des femmes, notamment Fatima Al Fihria et Meriem Al Fihria, à travers la création des mosquées Al Qarawiyyine et Al Andalous.

Au-delà de la performance artistique, cette initiative illustre l’évolution du rôle des institutions muséales. Comme l’a souligné le conservateur du musée, ces espaces ne se limitent plus à la conservation des œuvres, mais deviennent des lieux de transmission du patrimoine immatériel, favorisant l’interaction entre les visiteurs et leur histoire.

Portée par l’association Al Muniya, la Zahria vise à sensibiliser les jeunes générations à l’importance de préserver ces pratiques de la distillation de l’eau de fleur d’oranger

À Marrakech, la Zahria de la fleur d’oranger s’inscrit dans cette même dynamique de valorisation des traditions. La soirée dédiée à la distillation de l’eau de fleur d’oranger, organisée dans un riad, a offert une immersion dans un rituel ancestral profondément ancré dans la culture marocaine.

Portée par l’association Al Muniya, cette initiative vise à sensibiliser les jeunes générations à l’importance de préserver ces pratiques. L’événement, marqué par la prestation de l’artiste Mohamed Bajedoub accompagné de l’orchestre Al-Ala, a recréé une atmosphère authentique où musique andalouse et gestes traditionnels se rejoignent.

L’arrivée symbolique du cortège de distillation, moment fort de la soirée, a illustré la dimension sociale et festive de cette tradition. Par ailleurs, des hommages ont été rendus à des figures ayant contribué à la préservation du patrimoine, soulignant l’importance du rôle des acteurs culturels dans la transmission de cet héritage.

A Markech toujours, du 14 au 16 avril, l’Université Cadi Ayyad organise son Festival de musique pour promouvoir la créativité étudiante, valoriser les talents et renforcer la culture artistique universitaire. Concours et prestations encouragent échanges, ouverture et développement personnel, affirmant l’art comme levier éducatif et d’insertion au sein du campus global.

Création contemporaine et dialogues culturels : un paysage artistique en mutation

Rabat accueille également la 11e édition du festival Jidar, dédié à l’art urbain. À travers la réalisation de fresques murales et des parcours artistiques, cet événement transforme la ville en un musée à ciel ouvert, mettant en avant la créativité des artistes marocains et internationaux

Parallèlement à ces manifestations patrimoniales, la scène culturelle marocaine offre une tournée vers l’innovation et l’ouverture. À Casablanca, l’Institut Confucius de l’Université Hassan II a présenté l’ouvrage collectif « Ponts culturels et de connaissances », consacré aux échanges sino-arabes.

Cette rencontre a mis en évidence l’importance du dialogue interculturel et du rôle de la recherche académique dans la construction de passerelles entre les civilisations. Coordonné par les chercheurs Brahim Azough et Ez-zohra El Rhalbi, cet ouvrage explore les dynamiques historiques et contemporaines des échanges entre le monde arabe et la Chine, dans une perspective de compréhension mutuelle.

À Meknès, le Festival de la fiction télévisée confirme, quant à lui, la montée en puissance de la production audiovisuelle nationale. La projection de téléfilms en compétition officielle, tels que « Lune de miel », « L’amour amer » ou « Chaâla », a permis de mettre en lumière des thématiques sociales fortes, allant des relations toxiques aux conflits humains.

Les réalisateurs présents ont souligné l’importance de ce festival en tant que plateforme de valorisation du secteur, offrant une interaction directe avec le public. Cette proximité constitue un indicateur précieux pour mesurer l’impact des œuvres et accompagner l’évolution des contenus.

À Rabat, la présentation de la pièce « Faust » par les étudiants de l’ISADAC témoigne de l’engagement des institutions de formation dans la transmission des grandes œuvres du patrimoine universel. En revisitant ce classique de Johann Wolfgang von Goethe, les étudiants ont exploré les enjeux philosophiques et éthiques liés à la quête de savoir et de pouvoir.

Enfin, la capitale accueille également la 11e édition du festival Jidar, dédié à l’art urbain. À travers la réalisation de fresques murales et des parcours artistiques, cet événement transforme la ville en un musée à ciel ouvert, mettant en avant la créativité des artistes marocains et internationaux. Il s’inscrit dans une démarche de démocratisation de l’art, en rendant la création accessible à tous.

Dans la même dynamique de célébration du patrimoine vivant, le moussem de la Zaouia des Regraga, dans la province d’Essaouira, rappelle l’importance des traditions religieuses et sociales dans la structuration de la vie communautaire. Entre spiritualité, processions et spectacles de fantasia, cet événement incarne la richesse d’un héritage transmis de génération en génération.