France : GenZ de nouveau dans la rue avant un nouvel appel pour samedi aux cotés des Gilets jaunes

France : GenZ de nouveau dans la rue avant un nouvel appel pour samedi aux cotés des Gilets jaunes

Des agents des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) chargent les manifestants lors d'une manifestation de lycéens à Paris, le 13 octobre 2026, dans le cadre d'une mobilisation nationale des lycéens. (Photo de DIMITAR DILKOFF / AFP)

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Lycéens et étudiants ont de nouveau manifesté mardi dans plusieurs villes de France, lors du cinquième acte d’un mouvement de contestation qui perturbe de nombreux établissements scolaires et universitaires. Soutenus notamment par Greta Thunberg, les manifestants réclament la suppression de Parcoursup, un investissement de 10 milliards d’euros dans les lycées et de meilleures conditions d’enseignement. Malgré une mobilisation jugée ‘’en recul’’ par le gouvernement, les organisations syndicales et étudiantes entendent poursuivre le mouvement et appellent à rejoindre samedi les manifestations contre la vie chère, aux côtés des « gilets jaunes ».

Une manifestante brandit une pancarte sur laquelle on peut lire « La démocratie bombardée et matraquée — stop à la répression, ne touchez pas à nos enfants », alors qu’il participe à une manifestation de lycéens à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, le 13 octobre 2026, dans le cadre d’une mobilisation nationale des lycéens contre les mauvaises conditions d’enseignement. (Photo de LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Décidés à "ne rien lâcher" et soutenus par Greta Thunberg  figure de proue écologiste suédoise de 23 ans,  lycéens et étudiants sont de nouveau massivement descendus dans la rue mardi, appelant à rejoindre des manifestations contre "la vie chère", prévues samedi au premier jour des vacances, malgré une mobilisation en baisse selon le gouvernement.

Le cortège de Paris, à l'appel des principales organisations syndicales et de jeunesse, s'est élancé en début d'après-midi de la place d'Italie derrière une banderole proclamant "lyceen.nes et étudiant.e.s mobilisé.e.s pour le droit à étudier. A bas le tri social et raciste".

Brandissant des pancartes "sans éducation, pas de nation" ou "on veut un parcours sûr, par Parcoursup", la manifestation devant rallier les Invalides a débuté dans le calme, en présence d'une dizaine de responsables Insoumis, dont Jean-Luc Mélenchon acclamé.

"J'ai le bac cette année et toujours pas de prof d'anglais et physique chimie", a raconté à l'AFP Lise, en terminale au Kremlin-Bicêtre, un autocollant "à bas parcoursup" collé dans le dos.

De nombreux parents, professeurs et syndicalistes étaient également présents: "On est inquiet pour nos enfants et petits-enfants qui travaillent dans de mauvaises conditions", a expliqué Hubert Comon, retraité de la fonction publique et membre d'Attac.

Un autre cortège, moins fourni, défilait en même temps entre l'Hotel de Ville et la place de Port-Royal.

Plus tôt dans la journée, des manifestations ont eu lieu à Nantes, Lens, Lyon (11.000 personnes selon la préfecture), Strasbourg, Bordeaux ou encore Marseille (3.800 personnes selon la police) aux cris de "La lutte, la lutte, jusqu'à la victoire".

"On est là parce qu'on a vraiment l'impression de ne pas se faire écouter par le gouvernement", a résumé à Marseille Nina, lycéenne de 17 ans.

A l'appel de cet "acte V" du mouvement parti mi-septembre d'un lycée de Créteil pour s'étendre un peu partout en France, l'Union syndicale lycéenne (USL) demande la suppression de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées.

"Dans notre lycée, il y a des fuites d'eau, des morceaux de plafond qui tombent dans les classes, pourquoi on devrait accepter ça?" s'est interrogée Cloé, en première au lycée Charles-de-Gaulle à Caen.

Mardi matin, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg est venue apporter son appui aux manifestants devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), un des épicentres du mouvement.

"Gilets jaunes"

De source policière, visiblement unique source rapportée, 360 actions étaient en cours mardi, avec une cinquantaine d'universités et plusieurs dizaines de lycées faisant l'objet de blocage. Entre autres villes impactées : Angoulême, Annecy, Mulhouse, Nancy... Des sources estudiantines en revanche rapportent que toutes les universités françaises étaient à l’arrêt.

"On continue le blocus (du lycée), on lâche rien", a expliqué Naouel, en première au lycée de l’Harteloire, à Brest, avec "bon espoir" que le mouvement se poursuive après les vacances de la Toussaint qui débutent samedi pour deux semaines.

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré  que "tant qu'il n'y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer", avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d'achat.

Plusieurs organisations étudiantes et lycéennes, qui doivent être à nouveau reçues jeudi après-midi par les ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur, ont également appelé mardi à "rejoindre le mouvement des +gilets jaunes+" samedi.

"sorti du chapeau"

 Camille Marchand, 19 ans, étudiante à l'IUT de Bobigny, affirme que "les gens ont peur de la police". Mais samedi, "il y aura les lycéens, les étudiants, les +gilets jaunes+ et les gens qui travaillent en semaine", assure-t-elle.

Côté enseignement supérieur, 90% des quelque 70 universités françaises étaient "bloquées" ou "fermées" ce mardi, selon l'organisation Union étudiante - le ministère a évoqué des perturbations dans un tiers des établissements du supérieur.

Le ministre de l'Education Edouard Geffray a promis que 3.000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.

Pour Rindala Younès (secrétaire académique SNES-FSU Lyon), "ces 3.000 places, c’est un peu le lapin sorti du chapeau".

Dans le cortège lyonnais, Ema, 16 ans, s'insurge aussi:  "En première, année du bac de français, la remplaçante de la prof de français est une prof d'histoire-géo!".

Au total, 147 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés depuis le début du mouvement, selon un bilan du ministère de l'Education, avec 20 personnes blessées lundi, dont cinq chefs d'établissement.

En Ile-de-France, la facture des dégradations occasionnées par le mouvement "s'élève désormais à 8,5 millions d'euros", selon la Région. (Quid avec AFP)

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