France : l’affrontement se poursuit, un lycéen gravement blessé à la veille d'un "acte III" mardi

France : l’affrontement se poursuit, un lycéen gravement blessé à la veille d'un "acte III" mardi

Des manifestants bastonnés lors d’affrontements en marge d’une manifestation de lycéens organisée dans le cadre d’un mouvement de protestation national sur les conditions d’étude, à Nancy, le 5 octobre 2026 (Photo Jean-Christophe / AFP)

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À la veille d’un « acte III » du mouvement lycéen, attendu ce mardi avec le soutien de plusieurs syndicats, la mobilisation est restée soutenue lundi dans de nombreux établissements en France. La journée a surtout été marquée par la grave blessure d’un adolescent de 15 ans à Lens, qui a perdu une main, tandis que le gouvernement redoute une nouvelle poussée de violences et promet des réponses aux revendications des lycéens très en colère et visiblement déterminés à faire face au gouvernement.

A la veille d'un acte III du mouvement lycéen auquel se joindront mardi des syndicats, la mobilisation est restée forte lundi en France avec des centaines d'établissements fermés et plusieurs incidents, dont un grave concernant un jeune de 15 ans ayant perdu une main.

"Ils pensent que parce qu'ils nous laissent nous exprimer sur une plateforme, sur internet, on va arrêter de bloquer, d'être en colère, sauf que la colère, elle est là depuis des années", témoigne Simon, du lycée Charlemagne de Paris, dans le 4e arrondissement.

Manque de moyens, de professeurs, délabrement des locaux, Parcoursup... "les problèmes sont clairs", estime Alma, également élève dans ce même lycée. "Quand on voit la chute de notre classement sur PISA, c'est un système d'éducation qui ne fonctionne pas".

Lundi matin, le nombre d'établissements perturbés était de 41

Les incidents, un rien moins intense, se poursuivent. Le lycée parisien Nicolas Louis Vauquelin, dans le 13e arrondissement, a été touché par "un feu sur la porte d'entrée (...) par des individus extérieurs (qui) ne seraient pas des lycéens de l'établissement", selon le rectorat de Paris.

Surtout, la journée a été marquée par la blessure à Lens d'un jeune de 15 ans, qui a eu la main arrachée lors d'une manifestation, selon le préfet.

Cet événement survient alors que plusieurs syndicats et associations ont accusé le gouvernement de "réprimer" les mobilisations lycéennes avec une brutalité "disproportionnée", pour faire taire des revendications "légitimes". Six enquêtes de la police des polices sont désormais en cours, auxquelles la Ligue des Droits de l'Homme ne semble pas accorder beaucoup de crédit, dénonçant lors d'une conférence de presse, "une dérive globale par rapport à l'État de droit".

"On veut le bac, pas la BAC" ( Brigade anti-criminalité) ou encore "On envoie des SOS, on reçoit des CRS" (Compagnies républicaines de sécurité, pouvait-on lire lundi à l'entrée du groupe scolaire Saint-Joseph-de-la-Madeleine à Marseille.

Acte III mardi

L'Union syndicale lycéenne a promis un "acte III" mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des "violences urbaines".

Une intersyndicale de l'Éducation nationale a appelé à soutenir cet "acte III". "Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens", a affirmé sa responsable Sophie Binet sur TF1.

Sur Sud-Radio, le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a confirmé qu'il "craignait" un embrasement au niveau national du mouvement lycéen et étudiant.

Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une "semaine noire". "Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire : blocus, blocus, blocus, blocus", a assuré dimanche à Saint-Denis une étudiante mobilisée, Leila Nehari.

Parti mi-septembre de la région parisienne, le mouvement s'est étendu la semaine dernière, marquée par une multiplication d'incidents et d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Depuis le début du mouvement, l'exécutif recense 5.000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements "incendiés ou saccagés" et "78 personnels de l'Education nationale blessés", "généralement par des personnes extérieures" aux lycées concernés, selon le ministre de l'Education Edouard Geffray.

La journée de mobilisation de mardi, "c'est une liberté qui se respecte et se protège", a-t-il souligné lundi, en déplacement dans un lycée des Yvelines. "Une grande partie du mouvement (...) dit en réalité, un désir d'école".

"Cinq chantiers"

Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, La France insoumise, pointée du doigt par le gouvernement, a affirmé dimanche "déplorer" les violences, mais regretté que l'exécutif "résume" le mouvement à ces débordements.

La porte-parole du gouvernement Maud Brégeon a annoncé que le projet de loi repressif "casseurs-payeurs" serait examiné en première lecture au Sénat le 27 octobre, un texte qui vise à faire payer les dégâts à toute personne appartenant à un groupement ayant commis des dégradations, même si elle n'en est pas l'auteur.

Dans une feuille de route adressée dimanche soir à ses ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu demande que les cours reprennent "partout" où c'est possible, fixant un calendrier pour répondre en partie aux revendications. Il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec "de premières décisions attendues avant la fin du mois". (Quid avec AFP)

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