International
Paix et sécurité en Afrique : le Maroc plaide pour une coopération plus efficace entre l’ONU et l’Union africaine
Omar Hilale a insisté sur la nécessité de franchir une nouvelle étape, en passant de la concertation à la mise en œuvre effective des engagements
À New York, le Maroc a appelé à renforcer la coopération entre les Nations unies et l’Union africaine en matière de prévention des conflits et de consolidation de la paix. Coprésidant la neuvième réunion consultative annuelle entre les deux organisations, l’ambassadeur Omar Hilale a proposé des mécanismes concrets pour traduire les engagements communs en actions, en privilégiant les priorités définies par les pays africains.
Une coopération appelée à produire des résultats concrets
L’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a coprésidé mercredi à New York la neuvième réunion consultative annuelle entre la Commission de consolidation de la paix de l’ONU (PBC) et le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine.
Président de la PBC, le diplomate marocain a dirigé les travaux aux côtés de Churchill Ewumbue-Monono, représentant permanent du Cameroun auprès de l’Union africaine et président en exercice du CPS.
Cette coprésidence intervient dans un contexte où le Maroc siège au CPS tout en assurant la présidence de la PBC, une double responsabilité qui renforce son rôle dans le dialogue entre les deux organisations sur les questions de paix et de sécurité en Afrique.
Dans son intervention, Omar Hilale a salué les progrès accomplis depuis la précédente rencontre, organisée en novembre 2025 à Addis-Abeba, notamment en matière de mobilisation financière et de coordination institutionnelle.
Il a toutefois insisté sur la nécessité de franchir une nouvelle étape, en passant de la concertation à la mise en œuvre effective des engagements.
Trois priorités pour renforcer l’action commune
Pour donner davantage de portée à cette coopération, Omar Hilale a présenté plusieurs propositions opérationnelles.
La première consiste à établir un relevé succinct des mesures convenues entre les deux instances, assorti d’échéances indicatives et d’un suivi assuré par leurs secrétariats respectifs. L’objectif est de garantir une meilleure continuité entre les réunions et les décisions prises.
La deuxième proposition privilégie une approche ciblée, concentrée sur des situations où une coordination renforcée pourrait produire des résultats tangibles. L’Afrique de l’Ouest et la région des Grands Lacs ont été citées comme espaces possibles d’intervention, à la demande des États concernés.
Enfin, le diplomate marocain a plaidé pour une meilleure articulation des financements internationaux et africains consacrés à la consolidation de la paix.
Il a notamment évoqué le Fonds pour la consolidation de la paix des Nations unies, le Fonds pour la paix de l’Union africaine, la Banque africaine de développement et les autres partenaires financiers.
Cette coordination devrait, selon lui, s’organiser autour des priorités nationales, dans le respect du leadership des États et avec l’appui des organisations régionales.
Une paix durable portée par les pays africains
Les discussions ont également porté sur l’accompagnement des États africains dans l’élaboration de stratégies nationales de prévention des conflits et le renforcement de leur résilience.
Les participants ont examiné les moyens de mobiliser davantage de partenaires et de ressources, notamment pour soutenir les transitions politiques et les programmes de reconstruction et de développement après les conflits.
Omar Hilale a souligné l’importance d’associer pleinement les femmes, les filles et les jeunes aux processus de consolidation de la paix.
La rencontre s’est achevée par l’adoption d’un communiqué conjoint définissant les prochaines orientations de coopération entre la PBC et le CPS.
Plusieurs hauts responsables de l’ONU et de l’Union africaine ont participé aux travaux, dont Bankole Adeoye, Parfait Onanga-Anyanga, Martin Kimani et Elizabeth Spehar.
L’ambition commune demeure de favoriser une paix durable en Afrique, fondée sur l’appropriation nationale et une coopération internationale mieux coordonnée.