L’Algérie a un nouveau Premier ministre, « majorité présidentielle » autour du FLN et du RND en vue

L’Algérie a un nouveau Premier ministre, « majorité présidentielle » autour du FLN et du RND en vue

Aïmene Benabderrahmane, le nouveau premier des ministres

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Alger - Le ministre algérien des Finances Aïmene Benabderrahmane a été nommé mercredi Premier ministre, en remplacement d'Abdelaziz Djerad, a annoncé la présidence algérienne.

Dans un communiqué, la même source a précisé que cette nomination intervient à la suite des élections législatives anticipées du 12 juin.

Selon la même source, le nouveau Premier ministre a été "chargé de poursuivre les consultations avec les partis politiques et la société civile pour former le gouvernement dès que possible".

Le nouveau premier ministre a la charge de poursuivre l’exécution du programme présidentiel à la tête d’une « majorité présidentielle »l autour reçu du FLN, du RND et des députés « indépendants ». Le MSP (islamiste modéré) de Abderrazak Makri, arrivé troisième aux élections, a annoncé mercredi qu’il ne participerait pas au nouveau gouvernement, faute de ne pas avoir obtenu satisfaction sur la nomination de ses ministres.  a décidé de ne pas participer au prochain gouvernement, le président n’ayant , non plus, montré aucune souplesse sur son propre programme.    

Après avoir réprimé le mouvement anti-régime du Hirak, le pouvoir est déterminé à reprendre la main, mais en ignorant les revendications de la rue : Etat de droit, pouvoir civil, transition démocratique, souveraineté populaire, justice indépendante.

"Retour à la case départ", a réagi Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH): "Du programme de (l'ex-président déchu) Bouteflika on arrive au programme de Tebboune qui visiblement est décidé à aller jusqu'au bout de sa « feuille de route » malgré son échec confirmé lors de trois consultations électorales".

Le régime est ébranlé par une profonde crise politique depuis le soulèvement populaire de février 2019, comme en témoigne les taux d'abstention historique des trois précédents scrutins nationaux (présidentielle de 2019, référendum constitutionnel de 2020 et législatives de 2021), à considérer que le chiffres officiels ont une quelconque crédibilité.

En outre, l'économie algérienne est lourdement et durablement impactée par la baisse des prix des hydrocarbures et les effets de la pandémie de Covid-19.

Enfin, les autorités doivent faire face à une multiplication des conflits sociaux, alimentés par un taux de chômage élevé (15%) et une paupérisation de larges franges de la société.

Le 23 juin dernier, le Conseil constitutionnel avait proclamé les résultats définitifs des élections législatives marquées un faible taux de participation de 23 %.

Les résultats proclamés font ressortir que le parti du Front de libération nationale (FLN) reste toujours en tête avec 98 sièges, suivi des Indépendants avec 84 sièges, du Mouvement de la société pour la paix (MSP) avec 65 sièges et du Rassemblement nationale démocratique (RND) qui a remporté 58 sièges.

Il s'agit des premières législatives depuis le soulèvement populaire inédit et pacifique, né le 22 février 2019 du rejet d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, poussé près de deux mois plus tard à la démission après 20 ans de règne sans partage.

Après avoir enregistré un boycott majoritaire de l'élection présidentielle en 2019 et une abstention écrasante au référendum constitutionnel le 1er novembre 2020, ces législatives ont été "un énième échec des rendez-vous électoraux vains".

Avant les élections, le Hirak, qui réclame en vain un changement radical du "système" de gouvernance en place depuis l'indépendance en 1962, a dénoncé une "mascarade électorale". Les partis d'opposition ont boycotté ce scrutin, rejeté également par le hirak.