Les retenues des barrages à usage agricole : un déficit de 2 milliards de m3 (M. Sadiki)

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Le suivi par images satellitaires du couvert végétal montre des profils de végétation qui se rapprochent globalement de la campagne agricole 2015-2016. Le produit Intérieur Brut agricole devrait lui enregistrer une baisse maximale de 14% cette année

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Rabat, - Les retenues des barrages à usage agricole affichent encore un déficit important cette année, estimé à 2 milliards de m3 par rapport à l'année dernière, a indiqué, lundi, le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Mohamed Sadiki.

Outre la faiblesse des précipitations et leur retard, le profil pluviométrique a également été caractérisé par une mauvaise répartition temporelle et territoriale, a expliqué M. Sadiki, qui répondait à des questions orales à la Chambre des représentants sur le bilan de la campagne agricole actuelle.

Depuis le début de la campagne agricole et jusqu'à aujourd'hui, la pluviométrie a atteint seulement 200 mm, soit une baisse de 43% par rapport à la moyenne des 30 dernières années, a ajouté le ministre.

Il a, en outre, fait savoir que 60% du cumul pluviométrique a eu lieu aux mois de mars et avril, notant que ces précipitations ont contribué au rétablissement du couvert végétal à un niveau normal dans certaines régions.

Le suivi par images satellitaires du couvert végétal montre des profils de végétation qui se rapprochent globalement de la campagne agricole 2015-2016.

S'agissant des cultures céréalières, le ministre a indiqué que la superficie semée s’est élevée à 3,6 millions d'hectares cette année, notant la production prévisionnelle des céréales principales (blé tendre, blé dur et orge) est estimée à 32 millions de quintaux (Mqx), en baisse de 69% par rapport à la campagne précédente qui a enregistré une production parmi les records.

En outre, plus de 60% de la production provient des zones des régions de Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a fait remarquer M. Sadiki, ajoutant que les céréales en zones irriguées n’ont contribué que d’environ 20% à la production globale, en raison d’une part de la superficie irriguée limitée en céréales et d’autre part des restrictions d’irrigation imposées au niveau de ces zones.

Pour ce qui est des cultures de printemps, M. Sadiki a indiqué que le dernier épisode pluvieux de mars et avril a favorisé une bonne installation de ces cultures et des cultures maraîchères de saison ainsi que leur évolution, jusqu’à présent, dans des conditions favorables, relevant que la superficie totale cultivée de cultures de printemps a atteint 230 000 hectares, répartie sur le maïs (115.000 hectares), pois chiches (75.000 hectares), tournesols (30.000 hectares) et haricots secs (8.700 hectares).

Au niveau des cultures sucrières, la superficie cultivée de betteraves à sucre s'élève à 39.000 hectares et celle de canne à sucre à 10.000 hectares, a souligné le ministre, notant que les prévisions préliminaires tablent sur une production de 380.000 tonnes de sucre blanc, soit le même niveau de la campagne précédente (388 000 tonnes) et ce, malgré la baisse de la superficie cultivée cette année.

En ce qui concerne les agrumes, les oliviers, les palmiers et les rosacées en stade de floraison, ils affichent de bonnes perspectives de production, bien qu’elles restent tributaires de l’évolution des conditions météorologiques, particulièrement durant les mois de mai, juin et début de juillet, a-t-il dit.

D'autre part, M. Sadiki a noté que les exportations des fruits et légumes ont enregistré, à date d’aujourd’hui, une augmentation de 18% par rapport à la campagne précédente, pour s’établir à 1,246 million tonnes, dont 571.000 tonnes de tomates, soit 46% des exportations totales, relevant que les exportations d'agrumes ont atteint, quant à elles, 707.000 tonnes, en hausse 41% par rapport à la campagne précédente.

Il a, également, souligné que l’amélioration des parcours et des ressources fourragères de la saison printanière et l’appui apporté aux éleveurs par le programme exceptionnel ont permis au cheptel de retrouver, en partie, sa valeur marchande, affirmant que la situation sanitaire du cheptel est satisfaisante dans l’ensemble des régions du Royaume et ce, grâce aux interventions de l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA).

M. Sadiki a, dans ce sens, mis en avant l’achèvement du processus d’identification des unités d'engraissement, dans le cadre des préparatifs de Aid Al-Adha, avec l’enregistrement de 240.000 unités, et le début de celui du contrôle, faisant savoir que l’opération d’identification d’ovins et de caprins se poursuit et devrait concerner 7 millions.

Et de conclure: "En tenant compte de tous ces facteurs, le produit Intérieur Brut agricole devrait enregistrer une baisse maximale de 14% cette année, due aux conditions climatiques difficiles et à la performance exceptionnelle enregistrée l’année dernière".