Des centaines d'avocats manifestent contre une réforme de leur profession et interpellent le Parlement

Des centaines d'avocats manifestent contre une réforme de leur profession et interpellent le Parlement

Des centaines d'avocats venus de tout le pays se sont rassemblés dans le cadre d'une grève illimitée pour s'opposer au projet de loi 66.23 réglementant la profession d'avocat, qui, selon eux, porte atteinte à l'indépendance des avocats et au droit à un procès équitable. (Photo Issam Zarrok/ AFP)

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La contestation monte d’un cran au sein de la profession d’avocat. Réunis devant le Parlement à Rabat, des milliers de robes noires dénoncent un projet de réforme jugé attentatoire à l’indépendance de la défense, tandis que le ministère de la Justice se dit ouvert au dialogue sans renoncer à sa réforme.


Rabat, Maroc  - Des milliers d'avocats ont manifesté vendredi devant le Parlement du Maroc à Rabat pour exiger le retrait d'un projet de loi réformant la profession, dénoncé comme une menace pour l'indépendance et l'immunité de la défense.

Vêtus de leurs robes noires, de nombreux manifestants ont brandi des banderoles et scandé des slogans hostiles au texte, en cours d'examen au Parlement. Certains ont symboliquement retiré leurs robes en signe de protestation. Les avocats observent une grève perlée depuis novembre.

Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, est à l'origine d'un projet de loi sur l'organisation de la profession d'avocat, présenté par l'exécutif comme visant à moderniser le secteur et à renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption. Le texte a été adopté par le gouvernement début décembre.

Il s'agit d'"une loi scélérate" visant à "inféoder" la profession d'avocat, historiquement fondée sur des valeurs d'indépendance, a fustigé auprès de l'AFP Omar Mahmoud Bendjelloun, 49 ans, membre du bureau exécutif de l'Association des barreaux du Maroc (ABAM).

"Notre mot d'ordre unique, c'est tout simplement le retrait du projet de loi", a ajouté l'avocat.

"Nous disons +non+ à ce projet de loi et +oui+ à son retrait jusqu'à l'adoption d'une approche participative", a renchéri Karima Salama, avocate de 47 ans.

Selon elle, les critiques portent principalement sur de nouvelles mesures touchant à "l'immunité et à l'indépendance", qu'elle considère comme des garanties essentielles pour l'ensemble du système judiciaire.

Plusieurs manifestants évoquent des "points litigieux" susceptibles, d'après eux, d'affaiblir la protection de l'avocat dans l'exercice de ses fonctions.

Abdellatif Ouahbi a déclaré mardi lors d'une session parlementaire qu'il était prêt à discuter des revendications des avocats.

"Le dossier est entre vos mains", a-t-il dit aux députés. "Qu'ils vous donnent les changements qu'ils veulent et j'en discuterai avec vous (...) Je suis prêt à renoncer, à modifier ou à réformer tout ce qui nuit aux avocats." Mais, a-t-il souligné,  crâneur, "la profession d'avocat a besoin de changement et je vais mettre en œuvre ce changement". (Quid avec AFP)

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