Droits et libertés : le Centre de la mémoire commune interpelle le nouveau gouvernement

Droits et libertés : le Centre de la mémoire commune interpelle le nouveau gouvernement

Le Bureau exécutif du Centre de la mémoire commune pour la démocratie et la paix

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Réuni à Tanger, le Bureau exécutif du Centre de la mémoire commune pour la démocratie et la paix appelle le nouveau gouvernement à inscrire les droits humains au cœur de son action. Dans son communiqué du 17 octobre 2026, il demande l’application intégrale des recommandations de l’Instance Équité et Réconciliation, la libération des détenus liés aux mouvements sociaux et des garanties pour les libertés.

À Tanger, le Centre de la mémoire commune a placé sa réunion ordinaire sous le signe de la reconnaissance et de l’exigence démocratique. Cette rencontre s’est tenue à l’occasion d’une visite d’hommage au Dr Mohamed Nchannach, vice-président et membre fondateur du Centre, ancien membre de l’Instance Équité et Réconciliation (IER). Un hommage à son parcours de défenseur des droits humains, à son engagement humanitaire et à sa contribution à la justice transitionnelle marocaine.

Le Bureau exécutif a préparé trois rendez-vous : la quinzième édition du Festival international de cinéma de la mémoire commune, la neuvième édition du Prix international « Mémoire pour la démocratie et la paix » et la première édition du Cercle des jeunes pour la paix.

Traduire l’héritage de l’IER en actes

La situation politique nationale a occupé une place centrale dans les échanges. Le Centre a félicité la nouvelle cheffe du gouvernement, Fatima-Zahra Mansouri, ainsi que les membres de son équipe, leur souhaitant de répondre aux aspirations à la liberté, à la dignité et à la justice sociale et territoriale. Il souhaite que cette prise de fonctions ouvre une séquence de confiance et d’approfondissement démocratique.

Pour en fixer le cap, le Bureau exécutif rappelle le Message royal du 6 décembre 2024, adressé au colloque international marquant les vingt ans de l’IER. Il y retrouve le lien entre justice transitionnelle, réformes constitutionnelles, législatives et institutionnelles et consolidation de l’État de droit.

Sa demande est précise : inscrire l’application intégrale des recommandations de l’IER dans le programme gouvernemental, avec des mesures concrètes, des échéances publiques et des mécanismes de suivi et de reddition des comptes. Les références réformatrices des forces gouvernementales doivent ainsi trouver leur prolongement dans les pratiques.

Libérer, dialoguer et protéger sans discrimination

Le Centre appelle à assainir le climat politique et la situation des droits humains par la libération de toutes les personnes détenues dans le cadre des mouvements sociaux pour des faits d’expression ou de protestation pacifiques. Il demande aussi un dialogue ouvert aux revendications sociales, respectueux de la participation et de la différence, afin de renouveler la confiance et de favoriser l’adhésion à la réforme.

Les droits et libertés doivent orienter toutes les politiques publiques, bénéficier à chacun sans discrimination et être protégés contre les violations comme contre les régressions.

Le Bureau exécutif insiste sur les droits des femmes, l’égalité et la lutte contre les violences et discriminations à leur égard. Il réclame également une attention aux enfants, aux personnes en situation de handicap, aux personnes âgées et migrantes, ainsi qu’aux populations exposées à la précarité et à l’exclusion, dont la dignité doit être garantie.

Faire vivre les libertés dans la culture et l’école

Sur le terrain culturel, le Centre défend la liberté d’expression et de création ainsi que le pluralisme linguistique et culturel. Il demande de donner pleinement effet au caractère officiel de l’amazighe dans l’enseignement, l’administration et les services publics, pour consacrer l’égalité des droits et reconnaître les composantes de l’identité marocaine.

Cette ambition doit irriguer les écoles, les universités, les établissements de formation, les médias et les espaces culturels. Elle doit aussi entrer dans la formation des agents publics et guider leurs relations avec les citoyens.

Le Centre appelle à combattre les discours de haine, le racisme et les discriminations, tout en développant le dialogue, la pensée critique et le respect des différences. La culture de la liberté, de l’égalité et d’un vivre-ensemble juste doit ainsi prendre corps dans l’action gouvernementale.

Justice sociale et société civile indépendante

La fidélité à l’esprit d’Équité et Réconciliation passe également par la réduction des inégalités et un accès équitable à l’éducation, à la santé, à l’emploi et aux services essentiels. Le Centre lie ainsi les acquis démocratiques à la justice sociale et territoriale.

Il demande de préserver l’indépendance des institutions nationales des droits humains et la liberté d’action de la société civile. Ses fonctions de protection, de proposition, de critique et de demande de comptes doivent être respectées, avec un dialogue renforcé sur les politiques et législations touchant aux libertés.

Acteur indépendant, le Centre se déclare disponible pour contribuer à ce dialogue par la proposition, l’évaluation et la critique responsable. Préserver l’esprit de l’IER constitue, pour lui, une responsabilité politique et éthique, mesurée à la protection effective des droits, à l’application des recommandations et à la construction d’un vivre-ensemble plus juste, plus libre et plus digne.

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